‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 46 sur 167 · DE I.A NOTICE DES TABLEAUX EXPOSÉS CETTE ANNÉE · texte numérisé non relu

DE I.A NOTICE DES TABLEAUX EXPOSÉS CETTE ANNÉE

Al LOI' VUE.

L'Automne ou les Fêtes de Bacchus, que les Romains célébraient dans le mois de décembre^ par M. Callet. (Pour le roi.)

On a trouvé ce tableau de M. Callet fort inférieur à ses Saturnales. La distribution des masses d'ombre et de lumière y est assez heureuse et la composition ne manque pas d'agrément, mais la couleur qui y domine est le violet et le rose, et les demi-teintes tirent trop sur le noir, ce qui présente au total une couleur factice. Le dessin d'ailleurs a paru rond, lourd et incorrect; les ligures manquent d'action, elles sont trop sur elles-mêmes et nullement abandonnées à l'impulsion de leurs mouvements, ce qui ôte le caractère et la gaieté du sujet. Quelle force l'énorme bras de ce sacrificateur semble employer pour jeter sur l'autel quelques grains d'encens !

Tableau représentant un Piédestal de marbre enrichi de basreliefs et sur lequel est posée une corbeille remplie de différentes fleurs. A côté se trouée an vase rempli de roses. Par M. Van Spaendonck. (Pour le roi.) Autre tableau du même artiste représentant une Corbeille remplie de diverses fleurs, posée sur une encoignure de marbre sculpté. A côté se voit un piédestal de marbre blanc sur lequel est un vase. (Pour M. le comte d'Artois.)

Ces deux tableaux sont de la plus grande beauté, surtout le second ; on leur reproche cependant trop d'égalité dans le ton ; le vert des feuilles est partout le même, et toutes les parties semblent trop finies. On sait bien que la nature a travaillé également toutes les parties de ses productions et que, vues de près et isolément, toutes présentent un fini qui leur est propre ; mais, xv. il

dans l'ensemble et suivant les distances, ces parties ne se voient plus comme elles sont.

On disait que M. Van Spaendonck ne sait point se borner à peindre la nature, qu'il cherche à lutter contre elle, à la surpasser, mais s'il est un talent au monde à qui de tels efforts puissent réussir, c'est au sien.

Vue des cascatelles de Tivoli et du Temple de la Sibylle avec une figure qui représente Horace méditant. Vue d'une cascade prise dans les Alpes, au clair de la lune. La Campagne de Tivoli, éclairée au soleil couchant oh Von voit une danse de paysans appelée la Tarentelle, etc., etc. Par M .Hue.

Les amateurs ont remarqué généralement dans tous les tableaux exposés cette année par M. Hue plus de fermeté dans le ton, plus de résolution dans les formes, et ils ont jugé qu'il devait cet avantage précieux au voyage qu'il vient de faire en Italie. On lui reproche cependant toujours de la dureté dans les ombres qu'on ne trouve pas assez reflétées. M. Renou ajoute que la Vue des cascatelles n'a pas le mérite de rendre le lieu tel qu'il est, qu'on n'y voit pas les grandes montagnes, qui, dans le lieu, se lient avec celles d'où sortent les eaux; d'où il résulte que le motif en est détruit, les torrents ne portant jamais que des grandes masses de montagnes qui se succèdent. Il craint aussi que les eaux de ce tableau ne paraissent trop lourdes. On ne sait comment, dans la Vue de la cascade au clair de la lune, le feu qui est tout près de la chute d'eau a pu s'allumer au pied d'un torrent si considérable. Cette circonstance n'est certainement pas prise dans la nature. De tous ces tableaux, celui qui a réuni le plus de suffrages est celui de la Campagne de Tivoli au soleil couchant. Il est d'un bel effet, il a de l'harmonie et de la profondeur, le ton en est pur et frais ; c'est celui du beau ciel de l'Italie.

Il y a dans la plupart des petits camées de M. Sauvage de la grâce et de la facilité, mais on y remarque plus de pratique que de vrai talent. Ses bas-reliefs imitant le bronze, la terre cuite, le stuc, ont fait en général, cette année, assez peu de sensation ; c'est une sorte de magie dont l'illusion n'est pas longue, et dès qu'on en a pénétré le secret, on n'y attache plus beaucoup de prix. Dans le grand tableau d'Anafréon et Lycoris imitant le bas-relief, le dessin n'a pas paru assez prononcé, on en a trouvé

le ton trop roux, Ses petits bas-reliefs, imitant le bronze et représentant des jeux & enfants, ont paru laits avec plus de soin et ont plus d'effet.

L'hommage que nous avions rendu l'année dernière aux talents de M;0 Le Brun vient d'être justifié par les nombreux ouvrages dont elle a enrichi l'exposition de cotte année. Voici ce qu'en dit M. Renou : « Cette artiste prouve plus que jamais le plus grand talent pour le portrait : ses tableaux réunissent la grâce du dessin, le charme des couleurs, le beau pinceau et l'harmonie. Elle parait posséder, sinon exclusivement, du moins au degré le plus éminent, le talent de faire de ses portraits de beaux tableaux qui, dans tous les temps, auront beaucoup d'intérêt. »

Son propre portrait a paru supérieur à tous les autres. Elle - si peinte tenant sa fille dans ses bras. Tout le charme de la tendresse maternelle est dans ce doux regard et dans cette belle main qui presse si doucement contre son cœur l'enfant qui repose sur ses genoux.

Cette même enfant est encore représentée d'une manière fort piquante de profil, tenant un miroir où l'on voit sa jolie petite tète de lace.

Plusieurs personnes ont trouvé une expression dure et forcée dans le portrait de JMna Duyazon au moment où elle croit entendre Germeuil, mais le sentiment que l'artiste a tâché d'exprimer est ce mélange de joie et de folie qui laisse toujours les traits d'une espèce de contraction pénible et douloureuse. Le ton de la chair a paru trop blafard. Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que ce tableau ne peut produire son eUet que vu d'une assez grande distance.

Madame Raymond est représentée courant au-devant de quelqu'un. Quelque défaut qu'on ait pu reprocher d'ailleurs à ce portrait, il faut convenir que jamais peut-être la peinture n'a pu rendre une figure en mouvement avec plus de grâce et de vérité. Elle semble échapper à l'œil qui veut la suivre.

Le portrait de Caillot en chasseur est d'une ressemblance admirable, de la touche la plus franche et la plus vraie.

Grand tableau de la Reine tenant le duc de Normandie sur

genoux, ayant à ses côtés Ms* le Dauphin qui découvre le berceau de son frire et Madame, fille du roi, penchée avec une expression pleine de candeur et de respect sur le bras qui soutient

le duc de Normandie. Ce tableau a sans doute de grandes beautés. Il a celle de la ressemblance, on y voit des étoffes d'une vérité précieuse et du plus bel effet; on y remarque une exécution riche et soignée, beaucoup de noblesse dans la composition, mais on trouve que les percées dans la galerie nuisent à l'effet général. On croit que, le fond étant plus tranquille, il y aurait eu plus de repos pour les têtes, et qu'au total le tableau y aurait gagné infiniment. On se plaint aussi qu'il n'y ait pas dans les regards de la reine une intention mieux prononcée.

Ce qui distingue en général tous les ouvrages de cette aimable artiste, c'est une fraîcheur de coloris tout k fait magique, un choix d'attitudes et de situations toujours neuves, toujours gracieuses, toujours pittoresques. On a observé encore avec beaucoup de raison qu'aucun peintre n'avait possédé comme elle l'art de donner à ses traits un air riant sans efforts et sans grimaces. Elle est parvenue à donner à son coloris un ton plus vrai sans le rendre moins brillant, et son dessin nous paraît avoir acquis plus de correction, plus de fermeté, sans qu'il ait rien perdu de sa grâce, ni de sa mollesse, ni de sa douce facilité.

Dans le grand nombre des portraits exposés cette année par Mme Guyard, il n'y en a que deux qui soient dignes de sa réputation, c'est celui de Madame Elisabeth et celui de Madame Adélaïde.

Le premier, qui représente cette jeune princesse appuyée sur une table garnie de plusieurs attributs de sciences, a de l'harmonie, des détails bien faits, un bon ton de couleur, mais on croit qu'on pourrait lui reprocher quelque chose dans la manière dont la jupe est drapée. Le style de ces plis ne convient pas au genre de nos ajustements.

Le portrait de Madame Adélaïde, représentée en pied, est bien entendu pour l'effet, tout y est vrai, rien ne se nuit. Le fond en est noble et bien conçu ; la perspective y est respectée et toute l'exécution en est fort belle.

Au bas des portraits en médaillons du feu roi, de la feue reine et du feu dauphin réunis en un bas-relief imitant le bronze, la princesse, qui est supposée les avoir peints elle-même, vient de tracer ces mots :

Leur image est encor le charme de ma vie.

Sur un pliant est un rouleau de papier sur lequel est tracé le plan du couvent fonde à Versailles par la l'eue reine, et dont Madame Adélaïde est directrice. Le lieu de la scène est une galerie ornée de bas-reliefs représentant différents traits de la vie de Louis \V. etc.

Nous voici enfin arrivés au tableau qui suffirait seul pour soutenir, pour relever l'honneur de l'école française. C'est le tableau de M. David représentant Socrate <ix moment de prendre la ciguë. Ce tableau appartient à M. de Trudaine.

Le fond offre une partie séparée de l'intérieur d'une prison; de coté, dans l'enfoncement d'une voûte, le vestibule de la prison et l'escalier par lequel on voit sortir quelques vieillards qui n'ont pas le courage d'assister au dénoùment d'une scène si douloureuse.

Socrate est assis sur son lit, entouré de ses vieux amis et de ses jeunes disciples; déjà l'une de ses mains s'étendait, prête a >ai<ir la coupe que lui présente en tremblant un jeune esclave qui détourne la tète pour ne point le voir, que, livré au sentiment qui l'anime et qu'il veut faire passer dans l'âme de ceux qui l' écoutent, il lève l'autre main au ciel pour affirmer ainsi plus solennellement les dernières vérités qu'il leur annonce. Une de ses jambes pose à terre, l'autre est étendue sur le lit, et l'on y voit encore la marque des fers qui l'ont blessée, circonstance qui rappelle d'une manière intéressante l'apologue que ce sage fit dans ses derniers moments sur l'alliance du plaisir et de la douleur.

Quelques artistes, quelques prétendus connaisseurs ont critiqué l'action opposée des deux bras, ont soutenu qu'il était impossible qu'un homme se tienne dans l'attitude que le peintre donne à Socrate, le corps étant posé trop perpendiculairement sur le lit et la jambe droite infiniment trop élevée. Je crois m'ètre assuré du contraire. Le mouvement que fait le philosophe en levant la main au ciel et laissant l'autre étendue doit soulever naturellement les reins au lieu de les faire fléchir, et l'espèce d'effort que ce mouvement suppose me paraît d'accord avec l'expression répandue dans tous les traits, dans toute la figure de Socrate. Les sublimes vérités qui occupent dans ce moment l'âme du philosophe l'élèvent au-dessus de lui-même; l'enthousiasme ferme et tranquille que lui inspire l'idée d'un

Être suprême, d'une durée éternelle, remplit son cœur de confiance et de sérénité. Ce caractère céleste, qui ennoblit tous ses traits, qui respire dans sa bouche, dans ses regards, est peinte encore dans l'impression de ceux qui l' écoutent. Aux regrets, à la douleur dont on les voit pénétrés, se mêle plus ou moins d'étonnement, de respect et d'admiration. Le sentiment qui domine essentiellement dans cette scène touchante est l'espèce d'attendrissement qui dispose l'âme au recueillement religieux d'une modération profonde.

La variété des poses et des attitudes que le peintre a eu l'art de donner aux différents personnages qui entourent Socrate n'a pas été exempte de reproches. On a trouvé une intention trop recherchée dans ce pied levé de l'esclave qui présente la coupe. Mais ce mouvement ne convient-il pas en effet à la contrainte qu'il paraît éprouver? L'action du jeune homme qui, une main appuyée sur la muraille, semble, de l'autre, poser quelque chose sur ses yeux, a paru peu naturelle, et nous ne cherchons point à la justifier. Nous conviendrons encore que la main du vieillard qui s'appuie sur la cuisse de Socrate, quelque admirable qu'en soit le dessin, nous a paru un peu maniérée.

Après ces reproches les plus sévères, quelquefois môme les plus hasardés, je n'ai point vu de critique qui ne fût forcé d'admirer au moins l'exécution de ce tableau, et d'avouer qu'il est impossible de terminer un ouvrage avec plus de soin, de correction, de fermeté. Chaque figure est dessinée jusque dans ses moindres détails avec une étude précieuse; on ne peut même se dissimuler que l'artiste semble avoir cherché quelquefois à multiplier les difficultés de sa composition pour le plaisir d'exercer son talent à les vaincre. Ce qu'on a trouvé le plus généralement à redire à ce superbe tableau, c'est la manière dont il est éclairé. On ne voit point trop d'où peut venir cette grande lumière qui environne si également toutes les figures du premier plan. Sa couleur du fond a paru un peu ardoise; les plis de quelques draperies semblent plus faits pour le sculpteur que pour le peintre; on a reproché à d'autres d'avoir l'éclat éblouissant d'une peinture en porcelaine. Mais en trouvant même à ces reproches quelque fondement, nous conclurons, comme M. 11enou, que, lorsqu'il s'agit de blâmer un grand homme, il faut do

la retenue, car peut-être aurait-il des raisons qui détruiraienl ou affaibliraient beaucoup l'observation.

La Reconnaissance d Oreate et d'Iphigénie dans la Tauride3 par If. Regnault. (Pour le r

L'ordonnance de ce tableau esl assez noble, mais il manque d'effet; les personnages on1 tous une expression équivoque, ils sentent d'ailleurs la pose académique. La ûgure d'Oreste est admirablement bien dessinée et d'une belle couleur, la tête a un beau caractère et les extrémités sonl rendues avec soin; mais ce n'est qu'une belle réminiscence de X Apollon du Belvédère. Cette Iphigénie est trop longue et semble perdue dans ses draperies: la tête d'ailleurs est froide et d'un petit caractère. On a blâmé l'artiste d'avoir mis Iphigénie toute en blanc; plusieurs personnes en effel l'ont prise, au premier abord, pour une ombre, ei il faut convenir que l'extrême longueur de la figure, la pâleur du visage et trop de transparence dans les ombres de celte vaste draperie sont très-propres à justifier une méprise si ridicule. Ces défauts ne doivent point faire oublier cependant le mérite très-distingné de ce jeune artiste. Quoique la figure d'Oreste ne soit pas tout ce qu'elle devrait être dans l'ensemble du tableau, c'est un superbe modèle, et qui prouve l'excellent goût de dessin de l'auteur et les progrès qu'a faits son pinceau quant à la beauté du coloris.

Virgile Usant VEnéide à Auguste et à Octavie, par M. Taillasson. (A M. Dufresnoy.)

Composition raisonnable, mais sujet peu propre à faire de l'effet en peinture. La figure d'Octavie n'est pas dépourvue d'expression; celle de Virgile est froide, longue et raide. 11 y a dans le dessin de M. Taillasson plus de correction que de souplesse et de facilité. L'ensemble de ses tableaux manque toujours du sentiment propre à la situation.

Les Paysages de M. César Van Loo n'ont jamais été plus mal accueillis qu'ils ne l'ont été cette année, et ce n'est pas sans de bonnes raisons. Sa manière est sèche, aride ; ses plans disposés au hasard, sans clarté, sans précision, sans vérité de nature ni dans la forme des arbres, ni dans les feuilles, et sa couleur factice.

Le Courage des femmes de Sparte, par M. Le Barbier l'aîné. (Pour le roi.

C'est Aristomène, chef des Messéniens, qui, voulant enlever quelques femmes de Sparte rassemblées à Égile pour y célébrer la fête de Cérès, en est poursuivi à coups de torches et n'échappe à leur fureur que par le secours de la prêtresse Archidamie. « Messieurs, mesdames, dit Merlin, admirez comme cela est beau. N'êtes-vous pas enchantés comme moi de ce grand diable d' Aristomène qui a bonne grâce, quoiqu'il ait les reins cassés? Hélas! son voisin n'est guère moins à plaindre; il paraît qu'il a été bien daubé, car il a le corps tout aplati. Je ne sais trop si vous aimez ce grand figurant des ballets de l'Opéra qui s'amuse dans un coin à faire des tours de force. Quant à moi, il m'eiïraie par sa tournure gigantesque et par sa figure qui ressemble à un tison ardent, etc. » La critique qu'en fait M. Renou est tout à la fois plus équitable et plus instructive. « On trouve dans ce tableau, dit-il, une belle manière de pinceau, mais qui se fait beaucoup trop apercevoir. La couleur est généralement trop brillante, ce qui détruit l'harmonie. Le mouvement devait se faire sentir avec énergie dans les personnages de femmes et le calme dans la figure d' Aristomène, près de sa mort, et de la prêtresse qui vient le secourir. Cette opposition devait former seule tout l'intérêt de la scène. »

Il y a plusieurs dessins du même artiste pour les œuvres de Gessner, qui nous ont paru faits avec beaucoup de goût, de grâce et de précision.

CHANSON

Sur l'air : l'Abbé Fuiras.

Maîtres Linguet

Et Morellet Vont prouver à Calonne

Que son écrit

Est d'un proscrit Que le ciel abandonne.

Un prélat roi

Dans son effroi

A réuni

Ce couple honni,

Et leur a dit :

« A mon crédit Vendez votre colère,

Et quant au prix

Sur le mépris Réglez votre salaire '. »

Monseigneur, si vous nous prisez Comme nous sommes méprisés,

Honte et sifflets,

Chansons, pamphlets, Nous braverons tout pour vous plaire Jusques au prochain ministère.

Maître Linguet, etc.

— Le lundi 23 octobre, on a donné, sur le Théâtre-Italien, la première représentation de? Indiscrète sans le savoir , comédie en prose et en deux actes, de M. Mayan, auteur de quelques pièces jouées avec succès sur nos petits théâtres.

Cette pièce, qui ressemble à tout, et dont le style est encore plus plat que le fond n'est usé, n'a eu et ne pouvait avoir aucun succès quoique le rôle de l'Indiscrète ait été parfaitement rendu par Mme Gontier.

— Le 3 novembre, on a donné, sur ce même théâtre, la première représentation de Berthe et Pépin, drame en trois actes, mêlé d'ariettes. Les paroles sont de M. Pleinchène, qui fit jadis, pour la Foire , quelques opéras-comiques à vaudevilles. La musique est de M. Deshayes, connu avantageusement par celle d'une petite pièce à ariettes intitulée le Faux Serment, représentée avec beaucoup de succès par les petits comédiens de M. de Beaujolais.

Le sujet du nouveau drame est tiré d'une anecdote insérée dans la Bibliothèque des romans, qui avait déjà fourni à M. Dorât le fond d'une tragédie jouée sous le titre à" Adélaïde de Hongrie. Mergiste, chargée, par un prince du Nord, de conduire à Pépin, roi de France, sa jeune épouse Berthe, a conçu et exécuté le projet peu vraisemblable de faire disparaître cette jeune princesse, et de lui substituer sa fille Alix, etc.

Cette pièce n'a eu aucun succès. Nous croyons cependant que la manière dont M. Pleinchène a imaginé de présenter ce sujet

I. M. L'archevêque de Toulouse a laissé vendre publiquement le Mémoire de M. de Galonné. M. Desrotours a déjà répondu, quant à la partie des monnaies; le chapitre de Saint-Michel sur les échanges, et l'on n'a sûrement payé ni l'un ni l'autre. (Meistek.)

est, au fond, plus heureuse et plus naturelle que celle qu'avait adoptée M. Dorât ; mais les longueurs qui suspendent l'action pendant tout le second acte et la première partie du troisième ont fort indisposé le public ; il a eu la cruauté de demander à grands cris l'auteur des paroles, pour le siffler ensuite sans miséricorde. L'auteur de la musique a été traité plus favorablement ; on a trouvé plusieurs morceaux de cet opéra d'un chant facile et agréable.

LE SONGE n'ATHALIE,

PAR M. GRIMOD DE LA REYNIÈRE, AVOCAT AU PARLEMENT, (C'EST-A-DIRE PAR MM. DE CHAMPCENETZ ET DE R1VAROL)

KPITRE DÉPICATOir.E A M, I.E MARQUIS DUC.HEST, CHANCELIER DE M. LE DUC [)'ORLÉA!VS, ETC. ETC. '.

Monsieur le marquis,

Peut-être trouvera-t-on étrange que je vous dédie le Songe d'Athalie, tant il est rare qu'une parodie soit prise en bonne part. 11 est pourtant vrai que sans moi les grands traits du caractère d'Athalie et les plus beaux vers de Racine n'auraient jamais été appliqués à madame votre sœur ; et comme sa modestie va quelquefois jusqu'à s'interdire la reconnaissance, c'est à vous que je m'adresse. La divinité elle-même aurait peut-être mal interprété mon hommage ou méconnu son image.

Vous percerez dans ma véritable intention avec cet œil d'aigle que la nature vous a donné, et que vous venez d'offrir à la France. Oui, je le dis en passant, si l'État est encore dans la crise des erreurs et des besoins, c'est sa faute. On n'a point à vous reprocher de vous être enseveli dans un indigne silence. L'État a fait l'aveu de sa faiblesse, et vous lui avez fait celui de vos talents. Puisse le prince qui, contre toutes les lois de la perspective, vient de s'agrandir en s'éloignant, ne plus hésiter entre la France et sa maison, et vous céder à l'État.

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