PAR M. CABANIS, LE PLUS JEUNE DE SES AMIS
Si le temps, qui roule sans cesse, Amenait pour vous la vieillesse, Je n'oserais vous en parler ; Mais les ans ont beau s'écouler, Votre gaîté légère et vive, Votre bonté toujours naïve, Ce teint qui garde ses couleurs, L'amour du soleil et des fleurs, Enfin cette âme neuve et pure, Tout dit que vous fixez le temps, Et vous paraîtrez à cent ans Sortir des mains de la Nature.
Ce destin qui vous est promis Sans doute a bien quelque avantage, Mais vous y perdrez vos amis, Car vieillir est notre partage, Et bientôt, je vous le prédis, Nous ne serons plus de votre âge.
ÉPIGRAMME A M. DE Cil AMPCE NE TZ , PAR M. DUFRÊNE.
Tout Paris veut qu'un bâton équitable Sur ton gros dos se soit abandonné; Or, Champcenetz, n'en sois point étonné; Le vrai du fait, c'est qu'il est vraisemblable. L'art du bâton s'est perfectionné :
Fictivement et comme par magie,
Un fat ainsi se trouve batonnô;
Le bruit publie te rosse en eiligie :
Tiens pour reçu ce qu'on l'aurait donné.