Voir tome VI, page
avocat, membre de plusieurs Académies. Dédiés à M. de Lafayeite. Trois voL in-12, avec cette épigraphe tirée de la Mort de César de Voltaire :
Mortels, respectez Rome, elle n'est plus aux fers.
On trouve à la tête du premier volume le portrait du héros de ces Mémoires très-bien gravé par Ganu d'après un portrait de M. Vestier ; on lit au bas les mauvais vei's que voici :
Victime d'un pouvoir injuste et criminel, Masers dans les cachots eût terminé sa vie Si Part du despotisme, aussi fin que cruel. Avait pu dans ses fers enchaîner son génie.
Ces Mémoires, à travers beaucoup de répétitions et de détails fastidieux, offrent une foule de peintures pleines d'énergie et de sensibilité ; c'est un exemple terrible de tous les maux, de toutes les peines, de toutes les injustices, de toutes les atrocités que l'abus du pouvoir peut amasser sur une seule tête ; c'est encore un exemple instructif des ressources et des consolations que trouve une âme active au milieu des horreurs toujours renaissantes de la captivité la plus longue et la plus pénible ; c'est peut-être encore un des exemples les plus touchants de la puissance avec laquelle une vertu simple et pure parvient à triompher des plus grands obstacles lorsqu'elle est armée de courage et de modération, de patience et de fermeté. Les principaux faits contenus dans ces trois volumes étaient déjà connus par le précis qu'en avaient donné MM. de La Croix et de Comeyras dans les Mémoires qu'ils firent pour obtenir la liberté du malheureux prisonnier ; nous avons eu l'honneur de vous en rendre compte dans le temps; mais tous ces faits se trouvent développés ici avec des circonstances qui en augmentent infiniment l'intérêt, et, quoiqu'un pareil fond eût pu être traité en moins de trois volumes, la lecture en est assez attachante pour en faire pardonner et les négligences et les longueurs. M. Thierry n'est pas le seul rédacteur de l'ouvrage ; on nous assure que M. le chevalier de Pougens en a composé une grande partie ; ce jeune homme, que les suites de la petite vérole ont rendu aveugle à dix-neuf ans, est neveu de M. le cardinal de Bemis ; il y a plusieurs années que, pour adoucir son infortune, il s'est attaché par l'amitié la plus tendre
et M. de Latude et sa vertueuse protectrice, la dame Legros.
— De r Insurrection parisienne et de la Prise de la Bastille^ discours historique prononcé par extrait dans V Assemblée nationaUy par M. Dusaulx, de TAcadémie des belles-lettres, l'un des électeurs réunis le 14 juillet, représentant de la Commune de Paris, et l'un des commissaires actuels du Comité de la Bastille. Un vol. in-S'', avec cette épigraphe tirée de la traduction que l'auteur a faite des Satires de Juvénal :
Il ne s'agit point ici d'une fiction, mais d'un fait.
L'ouvrage est dédié aux soldats patriotes rassemblés à Paris pour la fédération générale, le 14 juillet 1790, et cette dédicace est signée modestement Dusaulx^ sexagénaire ^
Si l'on avait eu le projet formel de répandre du ridicule sur le grand événement de la prise de la Bastille, il eût été difficile de s'y prendre mieux que ne l'a fait M. Dusaulx, avec la meilleure intention du monde d'exalter jusqu'au troisième ciel une conquête que les circonstances ont rendue aussi facile dans le fait qu'elle a été merveilleuse en apparence. Il faudrait trop multiplier les citations pour donner une juste idée du caractère vraiment original de cette étrange production ; nous nous bornons à la recommander à nos lecteurs comme un monument historique assez remarquable d'abord par l'impartialité, du moins par la bonhomie avec laquelle les faits y sont rapportés, mais beaucoup plus curieux encore, quant au style, par le mélange le plus inconcevable de niaiserie et d'enthousiasme, d'énergie et de platitude.
— Lettre de M. Cérutti à messieurs les rédacteurs du Moni^ teur universel^ au sujet de quatre scènes scandaleuses arrivées au Palais-Royal 'y suivie d'une Lettre à M. Cérutti renfermant vingt un griefs contre M. Necker, Brochure in-S*». Celte lettre attribue assez franchement les nouvelles insun-ections que quelques esprits factieux ont cherché à exciter dans la capitale au mouvement naturel de ce Palais-Royal ou anti-royal ^ que Von a si bien nommé la Caverne dÉole^
His vaste Dux iEolus antre, etc.
1. On sait qu'il est beaucoup plus près de soixante-dix ans que de soixante.
<MBISTIil.)
On pourra juger de l'importance des vingt et un griefs contre M. Nedter par celui-ci :
0 Est-il dans ce siècle égoïste un philosophe plus personnel que celui qui, menacé d'être assailli et immolé par la populace aveugle, a répondu : Qu'elle vienne^ elle me trouvera travaillant pour son bonheur, Estr-il permis à un ministre moderne de ressembler à l'antique Aristide, à l'antique Phocion, à tous ces héros de la Grèce, qui aimaient, qui servaient le peuple en tombant sous ses coups, et bravaient le supplice en plaignant les assassins? n