Alexandre-François Gualbert Lavaysse
insinuations tantôt les plus douces, tantôt les plus effrayantes, ni les apprêts d'un supplice presque certain, n'ont pu arracher un mot qui compromit l'innocence, et qui a soutenu l'épreuve la plus redoutable à laquelle la vertu puisse être exposée, à un âge dont l'inexpérience semble dispenser de pressentir les suites et l'importance des actions. C'est une servante * âgée de soixante et dix ans, dont un seul mot équivoque aurait scellé irrévocablement l'arrêt de mort de ses maîtres, et qui, malgré l'infériorité de son état et la diversité de sa croyance, est restée innébranlable dans le témoignage qu'elle devait à la vérité.
Le fond du tableau représente la prison où M"' Calas s'est rendue pour se soumettre au jugement souverain prononcé le 9 mars dernier aux requêtes ordinaires de l'hôtel du roi. Elle est assise. Sa fille aînée est assise à côté d'elle, la tête légèrement appuyée sur la main droite. La fille cadette est debout derrière sa mère, et penchée sur le dos de sa chaise. Ce groupe est attentif à la lecture d'un mémoire que tient M. Lavaysse, placé vis-àr-vis, debout et tout droit. Derrière lui, Jean-PieiTe Calas, un genou plié et posé sur une chaise, et regardant pardessus ses épaules, porte les yeux sur ce mémoire. Entre les deux groupes de la mère et des filles d'un côté, et des deux amis de l'autre, on voit Jeanne Yiguière debout presque do face, et écoutant pareillement la lecture.
Le public pourra se procurer cette estampe aux conditions suivantes :
On souscrira six livres par exemplaire pour lesquelles il sera délivré un reçu signé par les personnes ci-dessous mentionnées ; et c'est en rapportant ce reçu qu'on recevra l'estampe.
Quoique par les arrangements qu'on a pris la planche doive être achevée et l'estampe en état de paraître avant le mois de septembre prochain, la souscription sera ouverte jusqu'à la fin de l'année 1765, afin que l'éloignement des lieux n'empêche personne d'y prendre part.
Les exemplaires seront distribués aux souscripteurs dans les endroits où ils auront souscrit. Chaque estampe portera un paraphe ou un cachet, qui sera indiqué, afin de prévenir la contrefaçon que le privilège du roi rendrait punissable dans le