EN SUISSE
ÂB&le.
A Berne.
A Genève.
A Lausanne.
A Neufch&tel.
A Zurich.
Dans les autres villes, tant du royaume que des pays étrangers, qui ne se trouvent pas sur cette liste, il sera indiqué des personnes connues qui se chargeront de recevoir les souscriptions et de délivrer les estampes.
Les receveurs des villes de France ci-dessus mentionnées et toute autre personne connue qui voudra se charger de faire des souscriptions dans le lieu de son séjour pourront s'adresser à M. Humblot, libraire, rue Saint-Jacques, près Saint-Yves, à Paris, qui leur donnera les éclaircissements nécessaires, et leur procurera des reçus signés par M. Le Pot d'Auteuil, dont ils lui rendront compte à mesure qu'ils les auront distribués. On trouve aussi chez H. Humblot le présent prospectus.
Lu et approuvé, ce 47 juillet 1765. * Maiir.
Vu l'approbationf permis d'imprimer, ce 48 juillet 4765. De Sartine.
Le Projet, formant une feuille et demie, fut tiré à cinq mille exemplaires, et coûta 36 livres, plus trois livres aux compositeurs a pour remerciements » ; le reçu de Quillau en fait foi ; la quittance du papetier Hugues est tout à côté, elle se monte à 5/i livres 11 sols pour six rames et deux mains de carré fin d*Auvergne, et 58 livres 10 sols pour une demi-rame de couronne ordinaire, destinée aux récépissés; enfin le total complet des frais, y compris le port, était de 122 livres 7 sols. Humblot, en faisant connaître à Grimm le résultat, ajoutait :
c Tai bien peur que la province ne souscrive pas beaucoup à cause du changement de signature pour les reçus ^ et l'espèce de mystère qu'on leur recommande ; les provinciaux sont soupçonneux et ne lâchent
1. Peut-être Le Pot d'Auteuil avait- il, eu égard à sa qualité de notaire royal, renoncé à déUvrer ces reçus dont il subsiste, dans le mss. de la Bibliothèque nationale, plusieurs exemplaires signés en blanc par lui ; faut -il entendre par ce passade de la lettre d'Humblot que c'était Naigeon qui se chargeait de ce soin? En ce cas^ Tayis où nous avons relevé son adresse aurait été imprimé ; il a échappé à nos recherches.
pas leur argent volontiers. Celui de Bordeaux, qui en demande quatrevingts, croit qu'on lui enverra les quatre-vingts estampes avant que de toucher Targent.
a M. Tabbé de Grave, censeur royal, et qui avait souscrit pour cinq, moyennant 30 livres, prétend que le Parlement ne souflTrira pas que Festampe paraisse, et il m*a fait entendre hier qu'il me rendrait mi reconnaissance et moi son argent; il faudra bien en passer par là.
« Les personnes pour qui il avait souscrit sont : M. le comte de Noailles; M'"* la comtesse de Noailles; M>°« la marquise de Duras; M. le prince de Poix ; M. le chevalier d'Arpajon. »
Malgré ces perspectives décourageantes, la souscription enregistrait de nombreux adhérents; détail curieux, c'est à Rennes que, d'après les documents qui nous sont parvenus, elle recevait le meilleur accueil; le libraire Ravaux adressait à son confrère une première liste ^ bientôt suivie d'une seconde*; à Lyon, le libraire Deville recueillait l'argent de M. le marquis de GroUier, de l'abbé Poissonneau, de M. Coignet, de M. Robinet ("deux épreuves), de M. Barthélémy Hubert, de M. Adamole; luimême souscrivait pour treize exemplaires; à Marseille, les noms transmis par le libraire Mony sont ceux de MM. Boullay, Guiraud (rue Saint- Ferréol), Fr. Dalmas, Fr. Michel, Bovlgnon, Leques, Roussier (deux exemplaires), Préaudeau, Hugues fils (qui versait douze livres), Ployard, consul de Danemark, Kik, Joseph Audibert, Charles Raymond, négociants, Dorange, chirurgien, Jean Honorât, Gervais, Imbert, négociants, Isnard cadet, courtier royal, Reille aîné, trésorier des troupes à Antibes, Saint- JarJy fils, et Mony prenait trois exemplaires en son nom; à Bordeaux, Chappuy aîné et fils s'assuraient le concours de MM. Enarre, François, J.-G. Molinié, Labeinne, Bailemann, Lagarde (deux exemplaires), Camescasse, Pexotto, tous négociants. Parfois les souscripteurs motivaient leur offrande en termes élevés comme dans ces deux billets, tous deux fwns doute adressés à Naigeon, dont le nom figure estropié sur la première des copies que noua avoins sous les yeux: .
";'" '' ' • • . ' ' ' ■ ' ''-''•:. 4 déceinbre 1765.
On vous rejxbettra douze livros^i^oosieur,. pour une estampe des iCalas;.ce a'est p^s |de;quo; réparpr lamiîUèine. partie des. injustices affreuses qu'une race barbajra.a fait éprouyçr ^ ces. infortunés; mais
i, M. d8 Fleaselloft, conseillçr iionoraire; ^up^iiiemeif t de Pari» et intendâot de Bretagne (2 estampes, 12 ^livres chacune); M*^^ 4e FiçssedJes; M. le cheTalier de Catuellaa; MM. de Kgarioa.(5tc, sans douté. Kergariou) ; \ç comte dcMènoraye, de La Bourbansais, marquis àe Loyàc, conseillers' au parlement de Bretagne; M. Le Prestre de Chàteaugiron» avocat général ; M. Le Boucher, trésorier de la ville de Rennes (4 eétampes); M. de Jat\igray, constil duYoi' de Danemark, à Saint- Malo (2 estâmes); M. Ravaut ^Jd.J; M. de Besse-Dufnaz ; M. de Beaafort, trésorier de la guerre, à Rennes; M. de Boigii)^, '^flfier en chef de Féut ciril du parlement de Bretagne ; M. Loyséi de Laqùlnlèrc.
9. MM. le marquis de Talhonet 111s ^ Burnet fils/ de La Villeneuve-Cesllo^ commandant du bataillon de Dinan.
c'est comme si le plus superbe financier donnait douze louis. Je me plains ici bien sincèrement de la médiocrité de ma fortume et dô ne pouvoir suivre le mouvement de mon cœur. C'est un malheur auquel je n^avais pas encore été sensible.
J'ai rhonneur d'être, etc.
Jardbli officier chez le roi, à Draine, près Soissons *.
Bajeuz, ce 19 décembre 1765.
Monsieur,
Je vois par les papiers publics que vous Voulez bien recevoir des souscriptions pour l'estampe de la famille des trop malheureux Calas. Oserai-je vous prier de me mettre du nombre des souscripteurs? Je vous en serais d'autant plus obligé que je m'imagine que tout homme qui pense et réfléchit doit avoir ce tableau immortel devant les yeux et le méditer.
J'ai l'honneur d'être, etc.
L*abbé comte de Lignivillb et du Saint-Empire, chanoine et archidiacre de Téglise cathédrale de Bayeux.
P. L, J'ai remis à la poste de cette ville six francs que vous voudrez bien prendre au bureau.
A l'étranger, les adhésions étaient relativement assez nombreuses; M. Yernede, d'Amsterdam, donnait avis à Humblot qu'il avait en caisse environ 1,100 florins pour 233 exemplaires; M. d'Estandeau, de Schiedam, 83 livres 5 sols pour 18 exemplaires; de Harlem, on recevait 179 livres 10 sols pour 68 exemplaires; à la Haye, malgré l'abstention du prince héréditaire ou de son bibliothécaire, 32 exemplaires étaient placés, sans parler de deux souscriptions de vingt ducats chacune à la Haye et Amsterdam. De Leyde, Elle Luzac annonçait directement à M^"' Calas que 61 souscriptions avaientproduit328 florins de Hollande. Si Londres ne répondait pas à Tappel, en revanche Genève seule fournissait plus de 1,800 livres.
Grimm, moins que tout autre, n'était pas resté inactif, et la liste retrouvée par M. P. Bonnassieux dans un des cartons du séquestre (T. 319) est assurément celle qui renferme les noms les plus illustres'; mais nous avons tenu à reproduire tous ceux que nous avons pu connaître, afin de montrer que cette généreuse émulation pénétra dans toutes les classes et que la tragédie de Toulouse fit naître un des plus nobles élans d'humanité dont le xviir* siècle ait donné le spectacle.
i. Claude-Robert Jardel, bibliographe et antiquaire. Voir Tintéressante notice que lui a consacrée M. Stanislas Priouz. (Dumoulin, 1869, in-8^.)
2. Sur le revers d'une carte à Jouer, Grimm a pris note d*une souscription à vingt exemplaires remise par Carmontelle de la part d'un H. de Montigny. N'oublions pas celle d'André Souhart, maître maçon, dont il nous a conservé le souvenir en termes émus (voir tome VI, p. 273).