PKNDANT ET APRES LA RÉVOLUTION
Lorsque nous avons public en tète du premier volume de la Correspondance littéraire la notice de Mcister sur Grimai et le mémoire de celui-ci sur les bienfaits de Catherine II, nous ne nous dissimulions pas que ces deux documents auraient un besoin d'annotations plus abondantes, mais nous voulions avant tout mettre le lecteur à même de suivre l'auteur dans les diverses phases de son existence. Comme toujours, d'ailleurs, les documents complémentaires se sont révélés lentement, à grand'peine, et par ces sortes de ricochets qui n'étonneront pas ceux qui se sont livrés à de semblables recherches.
Il n'entrait nullement dans notre pensée de donner une biographie complète et détaillée de Grimm, et la publication même des papiers retrouvés dans les archives de Russie nous démontrait trop clairement quelle serait l'étendue d'une pareille tâche. S'il eût fallu le suivre, par exemple, dans toutes les négociations que lui inspirait son zèle pour Catherine II, et si nous avions dû compléter par des pièces officielles et notariées l'historique de son rôle, un volume n' y eût pas suffi; mais il y avait un point qui préoccupait depuis longtemps notre attention et qui se rattachait si directement à l'histoire de la Correspondance littéraire que nous devions nous efforcer d'y apporter la lumière. Grimm, dans son mémoire, se plaint à juste titre d'avoir été dépouillé de tout ce qu'il possédait, y compris « une bibliothèque amasséo pendant toute ma vie, car j'avais en arrivant en France porté avec moi mes livres d'université et d'étude, toutes mes correspondances, mes manuscrits, beaucoup de papiers que des amis avaient mis en dépôt chez moi et qui ne m'appartenaient pas... » ; c'est précisément le sort de cette bibliothèque et de ces papiers qui nous intéressait. « J'ignore, ajoute Grimm, si l'on a fait un inventaire de mes effets »; les cartons du séquestre (T. 319 *-2) n'avaient pu nous fournir rien de précis à cet égard; au registre, tenu par J.Naigeon, des objets d'art et antiquités trouvés chez les émigrés et condamnés, nous avions seulement emprunté une courte liste de tableaux, de dessins et d'estampes, saisis chez Grimm et de Bueil; mais à ce contingent bien sommaire, nous pouvons ajouter aujourd'hui, grâce à MM. P. Bonnassieux et F. Malapert, deux documents d'un tout autre intérêt. Le premier a mis entre nos mains l'inventaire de la bibliothèque du critique, tel qu'il fut dressé en l'an II, par Barrois l'aîné ; le second nous a signalé dans les papiers de D. Poirier, conservés à la Bibliothèque nationale (Fr. 20843), quelques lignes singulièrement précieuses pour nous, car elles révélaient des détails tout à fait ignorés.
Voici l'inventaire de la bibliothèque copie sur l'original '.
1. En reproduisant ce catalogue dans son intégrité, nous ne nous sommes cependant pas astreint à en respecter jusqu'aux balourdises : il est évident que les titres étaient dictés par l'expert A un scribe des plus ignorants : l'écriture et l'orthographe du manuscrit le prouvent. Il nous a paru fort inutile d'imprimer sur son texte les Innés de Camimae ( Hymnes de Callimaque), les Nuits d'Olugel, etc ; ce sont là dos curiosités qui amusent un instant, mais qui rebutent bien vilo. Les titres des volumes, une foi* rectifiés, sont assez intelligibles pour dispenser de commentaires; la plupart de ces ouvrages d'ailleurs