ICI COMMENCE LA RÉVÉLATIOX
0 murs que j'ai Élevés de ma main en monument de ma gloire ! ô murs habités jadis par un peuple que j'appelais le mien, parce que je l'avais élu dès le commencement pour en faire le premier peuple de l'Europe, et pour porter sa gloire et sa renommée au delà des bornes que j'ai prescrites à l'univers.
O ville qui t'appelles la Grande, parce que tu es immense ; et la Glorieuse, parce que je t'ai couverte de mes ailes : écoute moi, car je vais parler.
Et toi, ô place où ils ont érigé le théâtre de la Comédie française, à qui j'ai donné le génie et le goût en partage, et à qui j'ai dit : Tu n'auras pas ton égale dans l'univers, et ta gloire sera portée depuis l'orient jusqu'à l'occident, et du midi au septentrion ; écoute-moi, car je vais parler.
Et toi, théâtre frivole et superbe, qui t'es arrogé le titre d'Académie de musique lorsque tu n'en es pas une, et encore que je ne te l'aie pas permis, écoute-moi, car je vais parler.
O peuple frivole et volage ! ô peuple enclin à là défection, et livré à la démence de ton orgueil et de ta vanité !
Viens, que je compte avec toi, moi qui, si je veux, peux te compter pour rien; viens, que je te confonde à tes yeux, et que
32à OPUSCULES ET LETTRES DE GRIMM.
j'écrive ta lâcheté de ma main sur ton front si altier, dans toutes les langues de l'Europe!