CONSEILS A UNE JEUNE PERSONNE PAR M. PESSELIER
SUR l'air de la Musette de rocuard.
Vous avez les appas De Taîmable jeunesse;
1. Mémoire du sieur Monet, directeur de la Comédie française établie à Londres, contenant les raisons de la suppression de ce spectacle. 1751, iQ-8.
L'esprit et la finesse Ne vous quitteront pas.
De la droite raison Suivez toujours les traces Et vous aurez des grâces Dans l'arrière-saison.
Voyez dans ce ardin, Ce que c'est qu'une rose.
De ce matin éclose.
Elle périt soudain.
Ainsi de la beauté Passe la gloire vaine; Ce n'était pas la peine D'avoir tant de fierté.
Prenez vos agréments Chez la simple nature ; On n'a de l'imposture Que de faux ornements.
Est-il un bien constant. Fondé sur l'artifice?
C'est un frôle édifice Qui s^écroule à l'instant.
Que l'esprit cultivé Soit toujours agréable.
Le savoir sociable Est le seul approuvé.
De riantes couleurs, La raison doit se peindre, Et souvent gagne à feindre, De n'oAHrir que des fleurs.
Des rossignols charmants Redoutez le ramage ; Leur chanson est l'image De celle des amants.
Pour s'en ressouvenir On se plaît à l'entendre; Quand on goûte un air tendre, On peut le devenir.
Mais aussi n'allez pas Suivre, dans le silence, Une grande indolence Qui ressemble au trépas.
Dans. Tart du vrai plaisir Le cœur seul est le maître.
Mais pour le faire naître 11 faut le ressentir.
Comme le papillon Qui séduit et s^envole, La coquette frivole Se livre au tourbillon.
Le titre ou la splendeur Des belles qu^on encense Ne vaut pas la décence D*une aimable pudeur.
Voyez avec pitié
La volage hirondelle;
Soyez toujours fidèle
Aux lois de Tamitié.
Il ne faut s'engager
Que sous le meilleur gage ;
Mais, dès que Ton s'engage.
Il ne faut plus changer.
Dans le moindre entretien, A beaucoup de justesse Joignez la politesse De qui ne saurait rien.
Ayez le ton flatteur De la délicatesse.
Et non la politesse Du faux adulateur.