‹ Correspondance littéraireChapitre 140 sur 179 · MIRACLES DU JOUR DE LA SAINT-JEAN, 1759, PAR M. DU DOYER DE GASTEL · texte numérisé non relu

MIRACLES DU JOUR DE LA SAINT-JEAN, 1759, PAR M. DU DOYER DE GASTEL

Lorsque la sœur Françoise change de robe, Dieu fait toujours un miracle nouveau. 11 y a deux ans qu'elle avait ordonné qu'on coupât sur elle sa robe avec des rasoirs; dans plusieurs endroits, le rasoir coupa la robe, la chemise et la peau; dans d'autres, il coupa seulement la robe et la chemise ; dans quelques-uns la robe seule; dans d'autres enfin, quelques efforts qu'on fît, la robe ne put être entamée. Cette année, elle a dit en convulsion que Dieu ordonnait qu'on brûlât, le jour de Saint- Jean, sa robe sur son corps, avec des flambeaux de paille dont elle serait entourée.

Telles furent, un jour du mois de juin 1759, les paroles du P. Timothée, et l'assurance prophétique avec laquelle il les prononça enflamma ma curiosité en raison de la grandeur du prodige. Je désirai que M. de La Condamine fût témoin de ce phénomène. Je priai, avec toutes les instances possibles, le P. Timoihée de m'accorder cette grâce. Sans doute on redoutait les yeux d'un pareil observateur, car on persista longtemps dans un refus opiniâtre; cependant on se rendit... Nous arrivons à quatre heures et demie du soir chez... rue... Après plusieurs détours obscurs, nous entrons dans une chambre assez grande, au rez-de-chaussée; l'assemblée était composée d'environ trente personnes. Deux chevaliers de Saint-Louis, M. le comte d'Autray et M. le comte de F***; M. Sibille, directeur des fermes; deux médecins, M. Dubourg et M. Boutigny-Despréaux, voilà les seuls témoins qui puissent être cités. Les autres étaient presque tous des frères et des sœurs appliqués sans relâche au pénible et généreux emploi de secouriste.

Après plusieurs secours vulgaires, tels que le serrement des reins avec la sangle et les bêches \ la pression de la poitrine

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