‹ Correspondance littéraireChapitre 89 sur 179 · Paris, 1700, in · texte numérisé non relu

Paris, 1700, in

4. (Le chevalier de Querelles.) Amsterdam et Paris, 17G0, in-12.

dessinées et vérifiées par MM. les commissaires de V Académie royale des sciences, sur les j^orte feuilles des libraires associés à r Encyclopédie, pour servir de réponse à une accusation insérée dans une des feuilles de V Année littéraire.

({ Les étoiles désignent ceux d'entre les arts sur lesquels on a avancé que nous n'avions rien du tout, ou rien qui nous appartînt.

(( Agriculture et arts qui tiennent à l'économie rustique, avec leurs machines et instruments comme faux, faucilles, semoir, crible, moulin à eau, moulin à vent, moulin à graine, etc.

— * Aiguillier. — * Aiguillier-bonnetier. — Alunier, ou atelier où se fait le travail de l'alun. — * Arquebusier. — Arsenic, ou atelier où se prépare l'arsenic. — Artificier-Balancier. — Baleine. Travail du blanc de baleine. — Bas. Le métier à bas et le travail de l'ouvrier faiseur de bas au métier. — Bismuth, ou l'atelier où se fait le travail de cette substance. — * Blanchisseur de toile. — * Boisselier. — * Bonnetier. — Boulanger. — Brodeur. — * Bourrelier. — Brasserie. — * Carrier et plâtrier. — * Ceinturier. — * Ghaînetier. — * Chandelier.

— * Chapelier. — * Charbon de terre (exploitation du). —

* Charbon de bois. Manière de faire le charbon de bois en Champagne et en Bourgogne. — * Charron. — Charpentier. Instruments et machines, comme grue, chèvre, mouton, etc. — Chasses à l'arme et aux pièges. — Chaufournier, ou travail de la chaux.

— * Cire. Blanchissage et emploi de la cire. — * Cirier. —

* Cloutier. — Confiseur. — * Cordonnier et bottier. — Coton. Filage et emploi du coton filé. — Couperose, ou atelier où se travaillent la couperose et le vitriol. — * Coutelier. — Couvreur. — Cuivre, ou usine où le cuivre se fond, s'affine, se met en matte, se prépare, se tréfile et se bat en vaisseaux, et différents ustensiles. — Cuivre et argent, ou atelier où se fait la séparation et le reste du travail sur ces deux métaux. — Danse et chorégraphie. — * Découpeur et gaufreurs d'étoffes. — Dessinateur. Exemples et principes de dessin. — * Doreur en bois et en métaux. — * Diamantaire. — Draperie, ou manufacture en draps, couvertures, étamines et autres étoffes de laine. — Écrivain. Principes et exemples d'écriture. — * Emailleur. —

* Epinglier. — * Éperonnier. — Étain. Usine où se travaille 'étain. — * Éventailliste. — * Fer-blanc. Manufacture de fer-

blanc. — * Ferblantier. — Fonderie en statue équestre. — Fonderie en caractères d'imprimerie. — * Fonderie de canons avec l'alésoir. — Fonderie de cloches. — Fonderie de plomb à giboyer. — Fonderie en sable. — Fontainier. — * Forges, ou travail du feu. Exploitation de la mine, lavage, soufflets, fourneaux de fonderie, couler des gueuses, chaufferie, aciérie, couler de différents ouvrages de fonte, aplatissoir, fenderie, tréfilerie. — * Formier. — * Fourreur. — * Fourbisseur et usine où se forent les canons de fusil. — * Gaînier. — * Gantier. —

* Gazier. — Globes. Faiseurs de globes. — Graveur en bois, graveur sur cuivre, graveur sur pierre. — Horlogerie en montres et pendules avec ses instruments, comme une machine à fendre et autres. — Jardinage. — Imprimerie en lettres, imprimerie en taille-douce. — Indigoterie. — Instruments de mathématiques (faiseurs d'). — * Joaillier. — Laiton, ou usine où le cuivre rouge se travaille par la calamine, la fonte, le couler en tables, la tréfilerie. — * Layetier. — * Lunettier. — Lutherie ancienne et moderne, ou fabrication des instruments de percussion, des instruments à cordes, des instruments à vent, comme la trompette, le hautbois et l'orgue. — Mari y. Travail du marly. — * Maréchalerie et manège. — * Marqueterie. —

* Menuiserie. — Mercure, ou usine où se travaille le mercure. — * Metteur en œuvre. — Mines. Travail général des mines comme art de les conduire, ou géométrie souterraine, machines à épuiser les eaux. Coupes de mines, galeries, sondes de terre, instruments de mineurs comme bocards et lavoirs, etc. — Monnayage. — Noir de fumée (préparation du). — Or. Usine où se fait le travail de l'or. — * Orfèvrerie. Moulins à lavure et autres outils. — Papeterie. — Passementerie. — Pâtissier. — Paulmier. — Perruquier. — Pêche de rivière, pêche de mer, fabrication des filets et autres instruments de pêche. — Pierre. Coupe des pierres. — Pilotes, ou art du pilote sous l'eau. — Plomb. Usine où se travaille le plomb. — Plombier. Art du plombier avec le laminoir. — Pompes à feu et autres machines à l'eau. — Potier de terre et faïencier, — * Plumassier. — Pielieur. — Savonnerie. — Sculpture. — Sellier. — Sels, marais salants, fontaines salantes, bâtiments de graduation et autres instruments, outils et machines. — Soufre. Usine où se travaille le soufre, où il se sublime en grand et se met en bâtons, —

Soie. Préparation de la soie, tirage, filage organisé, emploi en satin, en étoffes unie et brochée, en velours, en damas, avec les différents métiers, instruments, outils et machine. Calandre, etc.

— Sucre, récolte de la canne à sucre, moulin, cuisson et raffinage. — * Tabletier (voyez marqueterie). — * Taillanderie.

— Tailleur de limes, tailleur d'habits. — Tapisserie de haute et basse lisse. — Teinturier. — Tisserand en toile. — Tonnelier. — Tourneur, tour simple, tour à guillocher, tour à ovale, tour à faire le portrait et la médaille. — Tricot, l'art de tricoter. — Vannier. — Vergettier. — Verrerie en bois et en charbon; en bouteilles, en plats, en cristal, en glace, etc. — Vitrier. — Zinc. Usine où se travaille le zinc.

« Messieurs les libraires associés à V Encyclopédie ayant demandé à l'Académie des commissaires pour vérifier le nombre des dessins et gravures concernant les arts et métiers qu'ils se proposent de publier, nous, commissaires soussignés, certifions avoir vu, examiné et vérifié, toutes les planches et dessins mentionnés au présent état, montant au nombre de six cents sur cent trente arts dans lesquels nous n'avons rien reconnu qui ait été copié d'après les planches de M. de Réaumur. En foi de quoi nous avons signé le présent certificat.

(( Paris, ce seize janvier mil sept cent soixante.

(( Signé : Nollet, Morand^ Deparcieux. »

15 avril 17G0.

Les Comédiens français ont repris à l'ouverture de leur théâtre la tragédie de Spartacus. M. Saurin a profité de la/uspension des spectacles pour y faire plusieurs changements. L'apparition répétée du consul romain dans le camp des esclaves avait, entre autres, choqué tout le monde. M. Saurin a donc supprimé et a mis à la place de Crassus un simple député nommé Messala. Cette tragédie vient d'être imprimée, mais avec si peu de soin que la lecture en est rebutante. A tout moment on rencontre des vers défigurés, et il y en a plusieurs d'oubliés. Voici ce que la lecture de Spartacus a fait penser à M. Diderot^ :

1. Dans la lettre à M'^'' VoUand, du l^»" juillet 17G0, Diderot fait une analyse de Spartacus, différente de celle-ci, qui e^t inédite.

Les faits sont décousus, la versification est d'une dureté barbaresque; pas un son musical, peu d'idées, jamais de tableaux qu'ébauchés. Comme rien n'est lié, rien n'est préparé, rien n'a d'effet. Multiplier les rapports entre les personnages, je m'en souviendrai, source d'intérêt : par exemple, Messala n'est qu'un député; pourquoi ne serait-il pas l'ami de Crassus? l'ami ou le transfuge de l'armée de Spartacus? Son rival même, agréé de Crassus? Je persiste, l'intérêt dépend principalement du style et de la poésie, de l'enchaînement nécessaire des événements et de la rapidité avec laquelle ils m'accélèrent vers un but dernier et connu. Je parle de l'intérêt du tout. Quant à l'intérêt particulier des scènes, c'est l'effet des tableaux, du style, oui, du style; du contraste des personnages avec leur situation, et des rapports qu'ils ont entre eux. Tout étant égal, d'ailleurs, j'aimerais mieux entendre deux amis que deux indifférents ; un père et son enfant, un époux et une épouse, un amant et sa maîtresse ou son rival, qu'un homme ou une femme, ou un homme et un autre homme. Voilà qui est décidé, je ne me ferai jamais à cette rodomontade romanesque que le génie de Corneille a mise à la mode. Il me semble qu'en baissant d'un ton on devient plus simple, plus vrai, plus touchant. Ces héros ressemblent à des outres que le vent qui les remplit est prêt à crever. Il n'y a point de nature à cela, et il n'y a que des enfants qui n'ont jamais senti le mérite d'un vers d'Homère tel que celui-ci :

Ti'asiav Aavaol £p.à S'àx.pua ooîat êéXecyaiv.

Iliade, I, 42.

Que VOS flèches fassent payer mes larmes à ces Grecs cruels ! OU :

Faites-leur payer ma mort aux veuves des Troyens,

qui puissent s'accommoder de ces misères boursouflées. Je voudrais bien savoir pourquoi Spartacus s'amuse à bavarder si longtemps avec un député de Crassus? Il n'a qu'un mot à lui dire : « Voilà la fille de Crassus; » ou bien : « Allez-vous-en, je la retiens. » Compliquer les faits de circonstances qui les rendent ou grands ou pathétiques ou terribles, affaire de fiction.

Cet auteur n'a pas le soupçon de cet art-là. Le renvoi d'Emilie, sa déclaration font peu d'effet parce que rien n'est filé, rien ne tient. La scène deuxième du quatrième acte est belle ; cela est bien trouvé. La scène troisième du même acte est mieux écrite que le reste. Emilie offerte par Crassus, fort bien; mais il fallait que Spartacus fût plus amoureux; et puis tout est brusqué. Crassus ne souffre point à proposer sa fille, Spartacus pas assez à la refuser. Toute cette pièce n'est qu'un tissu de petites surprises : pas un grand mouvement. Scène quatrième, acte quatrième; il se rappelle sa mère, bien oubliée. Noricus est un plat homme, sans couleur, sans énergie, et puis voilà deux combats; pauvreté d'invention. A la première représentation, le consul venait deux fois, il ne vient plus qu'une. Il envoie la première fois Messala, et la scène est devenue fausse quand on a mis dans la bouche de Messala ce qu'on avait fait dire à Grassus. 11 valait mieux faire durer la même action, et partager le combat par quelque incident. Cette suspension pouvait devenir terrible: c'eût été peut-être là le moment où Crassus eût offert sa fille avec vraisemblance, et Spartacus l'eût refusée avec effet, Ohî combien à refaire dans cette pièce! Je n'aurais jamais pu me résoudre à tuer la mère de Spartacus au premier acte. Je l'aurais laissée vivre, et mise en action; c'eût été le tourment de Spartacus au milieu de ses triomphes. Un fils vis-à-vis de sa mère! comment se refuser à ces situations? La mère de Spartacus eût été l'amie d'Emilie, et ces deux femmes, que n'auraient-elles pas dit entre elles? Dans cette pièce, au contraire, personne n'est à la gêne, que les Romains qu'on méprise. Le dénoûment est beau, mais il fallait partout plus de couleur à Emilie et en général à tous les personnages, sans en excepter Spartacus. Cette pièce pèche trop par la conduite. Pour réussir en la laissant construite telle qu'elle est, il fallait être un trèsgrand poëte et être plein de détails sublimes.

Contre mon attente, j'ai eu encore moins de plaisir à la lecture qu'à la représentation. La dureté du style s'est fait sentir davantage, ainsi que la pauvreté d'images, la stérilité d'idées, quelques grandes pensées en mauvaises expressions, et puis sans cesse des maximes. Cependant les derniers actes sont moins mal écrits que les premiers, d'où je conclus que dans le genre de Corneille il faut être Corneille, et point au-dessous.

Il s'agit d'arracher du fond de l'âme jalouse du spectateur un cri d'admiration, chose difficile, tandis que dans le genre de Racine, les limites entre lesquelles le succès est resserré me semblent moins étroites. Malheureux nous-mêmes, nous nous laissons aller sans effort à compatir aux malheureux; petits, nous nous prêtons plus difficilement à la grandeur et à l'héroïsme. L'admiration, à moins qu'elle ne soit soutenue, extrême, emportée de vive force^ est froide et contrainte. Il ne faut pas s'y tromper. Corneille n'est pas grand seulement, il est en même temps pathétique et grand.

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