‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 20 sur 133 · I. L'hospice des aveugles · texte numérisé non relu

I. L'hospice des aveugles

A M. EUGÈNE VEUILLOT

Paris, 6 avril 1842.

Ne t'en prends qu'au Sub tuum^ cher frère : j'y Ira vaille avec une rage sans pareille. Ne pouvant plus du tout écrire le soir^ ni par conséquent lire^ à cause de mes yeux^ le temps qui me reste pour griffonner me devient si cher^ que je n'en puis distraire un moment. Je me lève à six heures, et je me mets tout de suite à ce cher Sub tiium, qui aura deux volumes ; à huit heures, ordinairement^ je vais au ministère; là, j'ai dans mon tiroir un autre chapitre en train, que je continue jusqu'à dix heures; alors, il faut aller déjeuner, déjeuner solidement, par ordonnance du médecin, mon estomac ne digérant plus que les viandes rôties. Après déjeuner, il faut se promener au grand air ; aussitôt, je tombe en plein sous l'empire d'une autre passion, tout aussi violente que celle du Sub tuum et bien plus dangereuse : c'est la bouquinomanie. Tu ne peux t' imaginer avec quelle frénésie^ je bouquine, et dans combien d'excès cela me fait donner. J'y passe des heures, au vent, au soleil, les mains gourdes : rien n'y fait. Je reste là devant les cases, planté sur mes quilles, des bouquins dans mes poches, des bouquins sous le bras droit, des bouquins sous le bras gauche, des bouquins dans les mains, et quels bouquins ! les plus laids, les plus sordides, les plus écornés. Si je voulais m'en défaire, il faudrait

payer des gants à l'homme qui les enlèverait. J'en rachète que j'ai déjà vendus et revendus. 11 y en a que je prends pour le nom de l'imprimeur, d'autres pour leur formai, d autres pour leur papier^ d'autres pour leur saleté. Enfin ma digestion est faite, ma bourse est vide : je rentre à la maison avec des charges de ces horreurs, que je ne sais où fourrer^ et qui sont entassées à la hauteur de trois pieds au beau milieu de ma chambre. Je contemple ce spectacle avec honte^ je jure de ne bouquiner plus, et je recommence le lendemain. Mais, en attendant, pour me distraire, je me remets avec emportement au Subtuum^ à moins que Mallac n'ait quelque chose à me faire faire de bien ])ressé. T^a journée se passe ainsi, la nuit vient, je ne t'ai pas écrit, et je ne puis pas l'écrire.

.l'ai vu ton ami Cosnier, qui m'a fait l'effet du meilleur garçon du monde, et sa femme, qui m'a plu infiniment par son air de douceur. Cela sent les braves gens tout à fait, et je te félicite d'avoir de pareils amis. M. Cosnier m'a paru t'être fort attaché et ne pas regretter du tout ton illustre prédécesseur*. Il m'a parlé en homme de bon sens; je te répète qu'il m'a plu, et cela doit te tranquilliser sur l'accueil qu'il a reçu de moi. Je plais ordinairement aux gens qui me plaisent, et j'ai encore cela de commun avec tout le monde.

La seconde édition de Rome et Lorette sera un chefd'œuvre, si on parvient à l'imprimera Poissy. r Les épreuves seront corrigées par le père nourricier des enfants de Gustave; 2° Quelques-unes ne seront pas

I. M. Léon Cosnier était l'un des propriétaires de l'imprimerie du Journal de 31 aine-et- Loire,

corrigées du tout. Gustave, ayant trouvé ce moven de simplifier la besogne, se contente de me faire lire une première, me fait donner le bon à tirer en me jurant qu'il vérifiera les corrections lui-même, livre la chose au père nourricier et ne s'en inquiète plus. Deux ou trois feuilles sont tirées déjà sur cette révision sommaire, et ce sera joli. ?>" La première partie du volume sera imprimée en caractères usés, et la seconde en caractères neufs, ce qui mettra dans l'ouvrage une agréable diversité. 4° H avait acheté du papier magnifique, qu'il a payé fort cher : mais ce scélérat de marchand (on ne sait plus à qui se fier) l'a trompé^ oui, ^lonsieur ! et le papier se trouve être de deux ou trois couleurs : il y aura des pages blanches, et des pages- jaunes, et des pages vert-azur. 5° Pour établir une sorte d'uniformité, le tout sera tiré fort mal. Mais que veux- tu? l'imprimerie se monte; on ne peut pas faire bien du premier coup, et, comme dit Gabourd, f essuie les plâtres. Voyant ce train, j'ai refusé le bon à tirer sur la cinquième feuille, que j'ai reçue hier après l'avoir attendue quinze jours, et j'ai dit qu'on ne l'aurait pas que je ne fusse satisfait. Ce système de rigueur pourra nous conduire à n'avoir plus qu'une feuille tous les mois, en sorte que nous atteindrons dans une douce attente l'été prochain. J'ai pourtant trouvé que c'était fort, et j'ai déclaré que je ne livrerais le premier volume du Sub tuum^ qui est achevé, qu'après que j'aurais vu la figure de ce premier travail. Je suis las d'être imprimé si détestablement, et je finirai, malgré mon extrême répugnance, par un coup d'éclat. C'est, me dit-on^ un bon calcul

d'imprimer à très bon marché les auteurs qui se vendent bien, même lorsqu'on les vend cher. Moi, je trouve que c'est une sorte de tromperie envers le public. Je veux décidément du papier passable et une espèce de correction. Au surplus, l'imprimerie n'est plus la marotte de notre ami, qui a, l'autre jour, vendu la moitié de sa librairie: maintenant^ il fait la banque.

Nous sommes en grand travail d'enfantement pour le Nouveau Correspondant ^ mais je ne vois pas que nous marchions beaucoup. Il nous manque quinze mille francs ; et ce qui épouvante tout le monde^ c'est que Gustave doit être l'imprimeur. Avec tout son esprit et toute son habileté à traiter les affaires, le pauvre garçon en manquera de fort belles. C'est une grande vertu, mon cher enfant, que la tenue et la suite, et c'est un grand talent, lorsque l'on sait faire beaucoup de choses^ de n'en vouloir faire qu'une. Je ne puis m'accoutumer aux façons d'agir de Gustave. ]Ne veut-il pas m'entraîner à faire de la camelotte et du style analogue à son papier et à ses impressions? Mais je tiens bon, malgré les eldorados qu'il sait me dépeindre; et, quoique je me soucie fort peu de la gloire de l'écrivain, je ne fais point si bon marché de sa dignité. Non, je ne consentirai jamais, pour des mines d'or, à ne pas écrire le mieux que je puis.

Ma santé n'est ni bonne ni mauvaise. Avec des précautions, je me porte bien ; mais le moindre écart de régime me vaut des malaises. Quant aux yeux, c'est autre chose : ils sont de plus en plus mauvais. J.e médecin dit que cela tient à l'état du reste du corps, et

que la machine a besoin d'être remontée, mais qu'elle est bonne. Ainsi soit-il. Je t'embrasse, mon cher frère. Prie pour moi. Mme Gabourd m'a raconté un feuilleton de ton journal qui est bien amusant ; mais je crois qu'il gagne en passant par sa bouche, car elle a vraiment beaucoup d'esprit pour une femme.

Ton frère dévoué,

Louis Veuillot.

A M. EUGÈNE VEUILLOT

Paris, i4 avril 1842.

Mon cher enfant^ c'est M. Paulze d'Ivoy, ancien préfet de la Vendée, que l'on portera contre M. Chambolle^ Vois donc à caresser ce M. Paulze d'Ivov. Il est possible qu'il ne vaille pas le diable ; mais certainement il ne peut valoir aussi peu que Chambolle, et il y aurait quelque honneur pour la France à ce que le rédacteur en chef du Siècle ne la représentât plus.

Il faut que je fasse réparation à Gustave ou au père nourricier de sa géniture. Les cinq premières feuilles tirées de Home et Lorette ne sont pas précisément laides, et je n'aurais pas précisément à me plaindre, si le reste y ressemblait. Cependant je compte sur la bigarrure des papiers et sur celle des caractères ; quant aux. fautes d'impression, je n'en ai guère vu

I II s'agissait d'une catulidature à la députation en Vendée.

qu'une dizaine. C'est très beau, cela. On vend maintenant les derniers exemplaires de la première édition, dits vélin. Ce vélin est tel, que Gustave lui-même a jugé convenable de le donner au prix du papier ordinaire.

Mes remontrances ont produit quelque effet. On m'a montré du papier acheté pour le Sub iuwn^ qui est collé et même assez solide. Ce papier pourra durer une quinzaine d'années. Voilà donc mon immortalité accrue de cinq ans : car le papier actuel, au bout (le dix ans, retourne à la poussière ; ce qui fait qu'après le plaisir d'être auteur, on a le plaisir bien plus grand de ne l'être plus.

J'achève enfm ce long Sub tuuni; quelques chapitres encore, et j'aurai fini. Jamais ouvrage ne m'aura tant coûté : non pas qu'il ait été long à faire, mais j'avais commencé par les derniers chapitres, et c'est une mauvaise méthode. Depuis un mois je ne fais qu'aller d'un endroit à l'autre, bouchant des trous, rajustant des pièces, etc., comme s'il s'agissait de réparer une marqueterie. Je ne sais trop ce que vaudra cet ouvrage : il m'a tant ennuyé, que j'en ai mauvaise opinion.

Adieu, cher frère. Cette lettre est courte ; mais je ne veux pas remettre pour la finir au mois prochain, ce qui pourrait fort bien arriver. Je t'embrasse et je t'aime en Notre-Seigneur.

Louis Veuillot.

A M. EUGÈTS'E VEUILLOT.

Paris, 24 avril 1842.

Est-ce que je te dis que mes occupations m'empêchent de te donner de mes nouvelles^ frérot? Jeté dis simplement que je suis occupé au delà de toute imagination; que je suis excédé^ ahuri; que j'oublied'écrire, que je remets, que le temps passe et s'envole : voilà tout. Je ne m'excuse pas, mais je ne puis m'accuser; fais ton examen de conscience, et réponds si tu Toses. C'est qu'en vérité tu prends des airs!... C'est égal^ va, je t'embrasse, et il fait bien beau temps, et j'ai acheté aujourd'hui quatre bouquins précieux, que je veux bien que le loup me croque si jamais j'en lis un seul mot.

On annonce Rome et Lorette pour dans quinze jours sans faute. Tu n'en crois rien?... Eh bien! moi non plus!

Tout en corrigeant les épreuves des Annales de t Archiconfrérie pour le P. Desgenettes (desquelles chaque feuille me prend un bonjour); tout en refabriquant à neuf Rome et Lorette ; tout en satisfaisant à peu près à une correspondance qui commence à devenir énorme^ j'ai enfin fini, ou peu s'en faut^ \eSub tuum^ dont je livre aujourd'hui le premier volume à Gusta\ e. La première édition sera tirée à 1 500, sur papier collé ; elle me sera payée 1200 fr. : le premier payement, de 550 en argent, dans trois mois; le second, de 650

CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUILLOT. If 3

en un billet à six mois. En partageant le bénéfice, comme GustaA^e me l'offrait, il fallait attendre que tout fût vendu: j'ai mieux aimé traiter de cette façon, et, comme je suis en avance sur la seconde de Home et Loretley\e n'ai pas voulu le presser; mais je lui ai dit que Debécourt mWait offert moitié comptant sur la remise du manuscrit, le reste à deux mois de la mise en vente, et que je voulais en arriver là. 11 m'a dit que j'avais bien raison. Je ne toucherai pas à ces I200 fr., non plus qu'à ce qui me reste dû sur Rome el Loretle: cela ne fait pas loin de 2000. D'ici à six mois, j'aurai encore 3ooo pour la première de l'Algérie: je ne la cède pas à moins. 2 et 3 font 5, n'est-ce pas? Je demande 1000 à maman : égalent 6. Alors, je vends pour un temps déterminé l'exploitation àuSub tutim, de r Afrique et de Ixome et Lorette, de façon à réaliser 4000. — Et qu'est-ce que tu fais de ces 10 000 fr., mon frère? — Je te fais un neveu ou une nièce, petit animal. I^a chose est entendue avec ***, à qui j'en ai parlé l'autre jour, et qui m'a sauté au cou. Le brave garçon y avait toujours pensé ; mais, ne pouvant se marier pour rien, et nous sachant pauvres, il n'osait garder ces pensées-là, encore moins leur donner jour. Il ne songeait pas au Subluum. Toi, prépare quelque billet de 5oo pour donner des chemises et des bas: il faut l'habiller, cette femme. I^e plaisant, c'est qu'il faudra, cette grande affaire terminée, recommencer pour l'autre comme si de rien n'était. Nous sommes ' certainement heureux d'avoir deux sœurs, et certainement heureux de n'en pas avoir trois. Diable ! si nous en avions trois ! !

Je suis allé jeudi à Corbeil. Annette est mal portante^ et Ton m'avait épouvanté. Elle a beaucoup maigri. Cependant cène sera rien : ne t'inquiète pas. Pour Elise^ c'est une rose double et triple, un chêne, un bœuf, une grosse caisse, une femme superbe et une charmante enfant.

J'ai été ce matin de cérémonie avec Emile P. Tu sais pourquoi. Je suis bien aise de pouvoir te dire ici que la position matérielle de notre vieil ami s'améliore sensiblement : il fait en masse des portraits, et gagne jusqu'à 4ooet5oo francs par mois; même il parle de payer son tailleur.

J'ai fait enfin dimanche dernier une visite à Poissv. J'ai vu l'imprimerie, les presses et les améliorations de la propriété. Le tout est calculé avec intelligence pour donner un excellent rapport. Si Gustave sait se tenir où il est, l'aiguille sur laquelle il a bâti deviendra une colonne. Il loge ses ouvriers chez lui. L'ouvrage est peu payé, mais les logements sont chers, et lorsqu'il aura tout loué, comme il le peut faire, cette maison de 40 000 francs en vaudra 4000 tous les ans. Le jardin, où ton admire nombre d'allées en construction, a été planté d'arbres tout faits, qui paraissent ne pas mal réussir. On y admire aussi deux rochers et un j)ont rustique. Cependant tout cela garde encore une physionomie postiche et provisoire, qui produit l'effet le plus singulier. On dirait que c'est une maison dont les meubles viennent d'être enlevés par les huissiers et remplacés vaille que vaille comme on a pu. Du reste, on s'y porte bien : la femme, encore enceinte, paraît satisfaite ; les enfants sont gais et bien portants,

cl le cher Gustave ;, par l'heureuse faculté qu'il a do rehausser en hii-même ce qui hii appartient, habite un Alhamhra meublé par les fées.

Adieu, petit frère. Ta visite au Bon Pasteur m'a réjoui et intéressé. Retournes-y ; remercie ces dames de s'intéresser à moi, et recommande le pèlerin à leurs prières. J'ai regret de n'avoir pas le nom de la sœur qui a été élevée aux Oiseaux : j'aurais parlé d'elleà nos mères, et cela leur aurait fait plaisir. Disà cette bonne sœur que tu lui feras lire le Sub tuum^ et que ce livre lui plaira immensément. Tout à toi en Notre Sei-

gneiu\

Louis Veuillot.

Mme Gabourd me demande assidûment de tes nouvelles, et toute laGabourdie se rappelle à ton souvenir. Ce sont des gens vraiment vertueux et bien éprouvés. Hier encore, ils étaient tous trois au lit. Ils vont mieux. Gabourd a fini son Histoire de Napoléon. Bonjour à M. et Mme Cosnier. Je te répète que Mme Cosnier a la mine d'une parfaite et excell<^nte femme.

A M. L'ABBÉ MORISSEAU

26 avril 1842.

Merci de votre lettre, mon cher ami. Je ne suis ni bien portant ni malade; je traîne et je travaille : voilà tout le mystère du trop long silence que j'ai gardé.

Quand je soufl're. je n'aime plus à écrire; je me distrais par le travail; quand je vais bien ou à peu près bien, j'en profite pour travailler. J'ai refait toute une moitié de Rome et Lorette, dont on va publier ces jours-ci une nouvelle édition en un volume^ et je vais mettre sous presse deux volumes nouveaux, intitulés : Sub tiium praesidium confugimus^ ow Mémoires de sœur Louise de la Rédemption. C'est la peinture d'une maison d'éducation religieuse. Sij'avais été près de vous^ vos chères ursulines auraient pu me fournir des chapitres intéressants. Vous leur ferez lire ce livre^ et je profiterai plus tard de vos observations : car^ quoiqu'il n'ait pas grande valeur, je crois que ce sera encore un ouvrage à réimprimer.

Je n'ai pas reçu le livre que vous m'annoncez ; dites-le, s'il vous plaît, à votre ami, et assurez-le que son ouvrage sera bientôt lu et bientôt annoncé dans la Rei^ue de Salnt-Pauh

Priez pour ma sœur aînée^ qui est souffrante, non pas dangereusement sansdoute^ mais assez pour m'inquiéter, car je suis bien prompt à l'inquiétude. J'irai la voir demain, et je lui dirai qu'on la recommande au bon Dieu dans le beau pays de Touraine. Hélas ! que je voudrais le voir, ce beau pays^ et que je voudrais encore plus voir et embrasser mon cher abbé Morisseau ! Mais je suis ici bien à l'attache. On ne veut pas que je me délivre de ce ministère, qui me pèse horriblement : on me parle de l'avenir, de la nécessité d*avoir un asile, quelque chose de positif, etc. En attendant, je perds positivement le bonheur de courir le monde et d'embrasser ceux que j'aime, et

de travailler tout mon content pour la religion. Ne suis-je pas buse au dernier point, pour une espèce de bel-esprit dont on me fait la réputation ?

Écrivez-moi, très cher ami. Votre lettre est tout au plus la seconde de l'année, et nous voici tout à Plieure au cinquième mois. Adieu. Je vous embrasse de tout mon cœur.

A M. EUGÈNE VEUILLOT

1 mai 1842.

Cher enfant, je pense que tu as reçu ma dernière et que je n'ai plus à te tranquilliser. Le passe-port de ]M. Fourré est prêt ; il le trouvera lors de son passage, et j'espère bien qu'il me trouvera aussi pour le lui remettre. Quant à une lettre de M. Guizot, je ne fréquente plus M. Guizot. Je suis resté si longtemps sans y paraître, à cause de r Univers, que je n'ose plus montrer mon museau par là. On me demanderait si je reviens d'Afrique. Je n'en suis pas fâché. Autant vaut plus tôt que plus tard.

Une seconde visite de Meynadier^, à qui j'ai déjà donné cent francs il y a deux mois, m'a déterminé à aller m'enquérir de tes appointements. J'ai donc pris mon courage à deux mains, et je me suis rendu au bout de la cour; Sainton^m'a conduit à M. Parmen-

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