I. Un roman intitulé la Marquise de Champfleurj
pour moi^ priez tous^ priez souvent, rappelez- vous mon nom quand vous célébrez le Saint Sacrifice, afin que le souverain juge ne me reproche pas un joui d'avoir eu la confiance des Saints et de n'avoir rien fait pour la justifier. Oui, malgré beaucoup de faiblesses, j'ai sincèrement voulu défendre la Sainte Cause^ et j'en ai été récompensé d'une façon qui m'épouvanterait si dans ces grâces et ces adoucissements qui sont un témoignage de mon peu de force, la main qui me les prodigue ne me laissait voir aussi une preuve de sa bonté. Nous sommes des commençants; il nous faut beaucoup de confiance^ et tout nous est facile; nous faisons quelque chose avec rien. Maintenant nous avons vu que Dieu nous assiste; persévérons^ avançons chaque jour ; que partout, l'impie nous trouve d'accord pour le combattre, nous le servirons par là plus encore que nous ne nous serons servis nous-mêmes^ et nous triompherons, car Dieu est avec nous.
Je vous recommande^ Monsieur le Curé^ ainsi qu'à vos dignes collègues^ l'adresse que nous voulons envoyer à O'Connell prisonnier. Il importe que la manifestation soit digne de ce grand homme et digne de nous. Demain VUnwers la publiera. Vous aurez la ])onlé de faire faire une copie et de réunir le plus de signatures possibles, d'ici au 15 juillet. A cette époque^ vous nous la renverrez^ je serai sorti de prison et avec un de mes collaborateurs qui sait l'Anglais, j'irai, s'il plaît à Dieu^ porter au libérateur ce solennel témoignage des sympathies et de l'admiration des bons catholiques de France.
Je suis, Monsieur le Curé^ votre très huml)le, très obéissant et très reconnaissant serviteur.
Louis Veuillot.
Parmi ceux qui souscrivirent et se firent quêteurs pour payer l'amencle de V Univers et de Louis Veuillot je dois mentionner M. l'abbé Dupanloup, alors supe'rieur du petit séminaire Saint- Nicolas. Je trouve dans sa Fie le billet de remercîment que mon frère lui écrivit à cette occasion :
« Monsieur l'ahbé, occupé de mille affaires avant mon entrée en prison, j'avais remis aux loisirs qu'on me réservait ici l'agréable devoir de vous faire connaître mes remerciements pour la généreuse aumône que vous m'avez envoyée. Veuillez ag'réerl'expiession de ma reconnaissance et devenir mon interprète auprès de vos coopérateurs. «
Ce billet montre qu'à cette époque les relations étaient simplement courtoises ; un peu plus tard, sans devenir intimes ni même très suivies, elles furent moins réservées. Au lieu de se rencontrer, on se voyait et plus d'une fois on dina ensemble.
2bk CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUILLOr.