A MADAME
Juillet i855.
Madame,
Je sais que mon frère vous a écrit; mais j'ai besoin de vous remercier aussi de cetle charité si tendre qui vous attache à nous. Au milieu de mes chaa^-'us^ je vois l'espèce humaine dans son beau.
J^ai reçu une quantité de lettres où la foi, la compassion, ramitië, parlent le plus noble et le plus touchant lan^aoe. Les vôtres ont entre toutes ce divin accent du cœur chrétien. J'ai voulu répondre atout, et depuis quatre jours j'ai écrit à plus de soixante personnes sans éprouver la moindre fatigue. Je ferais dinicilement autre chose. Cependant, tout à Theure je vais reprendre ma besogne accoutumée, et je termine par vous ce cher entretien.
Le travail et la prière me conserveront cette force, dont je remercie le bon Dieu, et que je n'espérais pas me trouver, quand, autrefois, je pensais avec angoisse que j'étais sans doute destiné à perdre un de mes enfants. La miséricorde divine est bien grande, et c'est un miracle qui passe tous les autres d'aimer davantage, à mesure qu'elle frappe, une main qui porte de si terribles coups.
Il est vrai que je contemple mes enfants dans le ciel, comme si je les voyais des yeux de mon corps, l'une aux bras de sa mère, les autres à ses pieds, comme je les ai si souvent vues et admirées ici-bas. Je me sens sous leurs ailes, et je sens qu'il n'y a point de traits aux mains du monde qui puissent percer cette égide. Ma vie est à présent désintéressée : car, pour tout dire, Marie n'était pas toute mon affection, mais elle était tout mon orgueil*. Les pauvres enfants, nous les aimions trop pour regretter qu'elles ne soient pas exposées aux douleurs que nous souffrons, et dont la vie la plus pure et la plus dévouée ne pré-