IXSTRICTIOXS POUR ORGANISER DES TROUPES A PARIS
AU ROI JOSEPH, LIEUTEXAXT GÉXÉRAL DE l'eHPERELR, A PARIS.
Xogent, 1 février 1814.
Mon Frère, il résulte de l'état de situation de la Garde qui a été mis sous mes yeux que, telle qu'elle était au 5 de ce mois, 1° il y avait 700 hommes de la vieille Garde à Paris, ce qui peut faire deux bataillons de vieille Garde, très-précieux pour servir de têtes de colonne ou de réserve; 2"
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qu'il y avait 5,000 hommes de voltigeurs et tirailleurs. Sur ces 5,000 hommes, le général Ornano en a fait partir 1,000 aujourd'hui 7; il ne reste, donc plus que 4,000 hommes. Mais le 6, le 7, le 8, le 9 et le 10 doivent donner au moins 6,000 hommes; je compte donc sur 10,000 hommes existant à Paris aux dépôts de la Garde le 10.
Il y a à Paris 20 ou 22 cadres de bataillon : cela formerait donc une vingtaine de bataillons à 500 hommes, et qui seraient successivement portés à deux divisions, chacune de 5,000 hommes. Les bataillons seraient portés, à mesure de l'arrivée des conscrits, au complet de 800 hommes. Il est convenable que, dans la journée de demain, les 6 ou 7,000 conscrits qui sont à Paris aux dépôts de la Garde soient répartis entre tous les cadres; il vaut mieux avoir beaucoup de compagnies de 60 hommes qu'un petit nombre de compagnies de 120 hommes. Je compte donc que demain au soir vous pourrez passer la revue de deux divisions formant quatre brigades, ayant vingt-deux ou vingt-quatre bataillons, formant, présents sous les armes, 5 ou 6,000 hommes, et qui s'augmenteront successivement tous les jours. La cavalerie a 1,200 hommes; l'artillerie a vingt-deux pièces de canon. L'habillement ne peut pas tarder; il y a à Paris une grande quantité de capotes, de gibernes et de shakos; il faut donner aux uns des capotes et aux
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autres des habils, parce que tous ces hommes seraient utilisés de suite; et, recevant chaque jour de 1,000a 2,000 hommes, vousles répartiriez entre les vingt-quatre bataillons.
Il faut donner ordre au général Boyer de se rendre en poste pour prendre le commandement de la seconde division. Le général Charpentier en commandera une. 11 y a des cadres à Lille et à Amiens : on pourrait, en cas de besoin, en faire venir en poste une partie à Paris. Je suis fondé à espérer que, du 10 au 12, vous aurez à Paris deux beaux bataillons de vieille Garde, deux escadrons de cavalerie, deux divisions d'infanterie et vingt-deux bouches à feu faisant un total de 22,000 hommes.
Donnez ordre que ces hommes tirent tous les jours à la cible, afin d'apprendre à se servir de leurs fusils.
Quant à la ligne, j'ignore absolument ce qu'elle peut fournir; mais je suis fondé à penser qu'elle doit pouvoir vous fournir une vingtaine de bataillons à 3 ou -400 hommes. Il faut partir du même principe : étant pressé et n'ayant point le temps d'instruire le soldat, il vaut mieux avoir deux compagnies de 50 hommes qu'une de 100 hommes. Si la ligne pouvait vousfournir vingt bataillons à 300 hommes, cela ferait une réserve de 6,000 hommes; vous en formeriez deux divisions, et vous leur donneriez quatre batteries servies parles marins de
Cherbourg ou par les jeunes gens de TEcole polytechnique. Vous auriez donc dans la main, le 10, quatre divisions, une soixantaine depiècesdecanon, 2,000 hommes de cavalerie, formant une armée de plus de 30,000 hommes. Les gardes nationaux de Soissons, ceux de Meaux, doivent former 6,000 hommes. Vous auriez donc cinq divisions, une division de cavalerie et la valeur de 40,000 hommes, ce qui serait un grand résultat. Réunissez le général Hulin et Gérard, de la guerre, pour voir ce qu'il est possible de faire. Aussitôt que je serai assuré que cette réserve peut exister, je nommerai un maréchal pour la commander. En calculant la quantité de conscrits qui arrivent à la Garde, j'ai l'espérance que la ligne pourra me fournir autant que la Garde, c'est-à-dire vingt à trente bataillons de 3 à 500 hommes. Des capotes, des shakos, etc., existent à l'administration de la guerre, et on est bien malhabile si on ne fait pas 3 ou 4,000 capotes par jour; et en donnant, comme je vous l'ai déjà dit, aux uns des habits et aux autres des capotes^ tout cela remplira le but. Écrivez-moi en détail làdessus.
Tout ne se fait que par le chef, et, si vous n'entrez point dans tous ces détails , un tas d'hommes resteront inutiles aux dé{3ôls, qui pourraient être employés à la défense de la capitale.
Je donne ordre au général Bordesoulle de re-
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tourner à Paris pour prendre le commandement de toute la cavalerie que vous pourrez former à Versailles.
Faites faire une copie de cette dépêche pour l'envoyer au ministre delà guerre.
Je vous répète qu'il vaut mieux avoir de petits bataillons, afin de pouvoir utiliser tous les cadres. J'ai ici à l'armée de très-petits bataillons qui me rendent tous les jours ce que me rendraient des bataillons plus nombreux. C'est bien assez, en général, que 140 hommes par compagnie; si ce sont des conscrits, c'est deux fois trop fort.
Je compte que votre réponse à cette dépêche
me parviendra demain au soir, et que vous me
ferez connaître positivement les ressources que
vous avez.
Napoléox.
D'après l'original comm. par le cabiaet de S. M. l'Empereur.