‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 2)Chapitre 40 sur 70 · AU PRINCE DE XEICHATEL ET DE WAGRAM, MAJOR GÉXÉRAL , A REIMS · texte numérisé non relu

AU PRINCE DE XEICHATEL ET DE WAGRAM, MAJOR GÉXÉRAL , A REIMS

Reims , 15 mars 1814.

Mon Cousin, donnez ordre au général Morand, à Mayence, de laisser le commandement de la place au général Guilleminot. Il laissera à Mayence la dirision de ce général, c'est-à-dire la 13°, la 2* brigade de la 32' division d'infanterie, ce qui fera 5,000 hommes, et toutes les compagnies d'artillerie qu'il a ; ce qui , joint au fonds de la garnison de Mayence, fera plus de 8 à 9,000 hommes. Le général Morand partira avec la 2^ division forte de 4,000 hommes, la 5P division forte de 3,000 hommes, la division de gardes d'honneur forte de 1,000 hommes, tous les chevaux du train (hormis 300 nécessaires à la place) et autant d'artillerie de campagne qu'il pourra en atteler, de manière toutefois qu'il reste 800 canonniers dans Mayence; ce qui lui formera un corps d'à peu près 9 à 10,000 hommes.

Donnez ordre au général Merle, à Maestricht, de retirer de Wesel quatre bataillons formant 2,000

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hommes ; de retirer de Maestricht quatre bataillons faisant 2,000 hommes, 500 chevaux ou hommes de cavalerie non montés, qu'il montera par tous les moyens possibles, et une compagnie d'artillerie avec huit pièces de canon, qu'il attellera par les moyens du pays; de retirer de Juliers quatre bataillons, qu'il complétera à 2,000 hommes; de retirer de Venlo le 2^ bataillon du 8' de ligne, qu'il complétera à 600 hommes; de retirer de Grave un bataillon du 11% qu'il complétera à 500 hommes, ce qui lui formera une division de douze ou treize bataillons, 8,000 hommes et deux batteries de seize bouches à feu.

Le général Morand manœuvrera pour faire lever le siège de toutes les places d'Alsace, et il se jettera dans les Vosges et la haute Alsace, en prenant avec lui une certaine quantité de fusils pour armer tous les pajsanscn proclamantriusurrection. En cas d'événement, il aura toujours son appui sur la place de Metz. Aussitôt qu'il saura qu'il y a pos^ sibilité, il se joindra à nous.

Le général Merle manœuvrera pour faire lever le siège des places de la Meuse et se réunir au général Maison. Ce qui restera dans les garnisons des places sera à poste fixe.

Xapoléox.

D'après l'original comm. par le cabinet de S. M. l'Empereur.

1627. — \OTE DICTEE AU COLOXEL BARO.V ATTHALIV, SOUS-DIRECTEUR DU CABI.VET TOPOGRAI'HIQUE DE L'EMPEREUR.

Reims , 17 mars 1814.

Il y a trois partis à prendre :

1° Le premier est d'aller à Arcis-sur-Aube, treize lieues ; on y serait demain 18.

On peut passer le 19 l'Aube, et être dans la nuit du 19 au 20 sur Méry et sur Troyes.

Il est probable que Tennemi saura après-demain que je couche demain à Fère-Champenoise : dès ce moment la diversion est faite. La diversion serait donc faite dans la journée du 19.

Le prince de la Aloskova sera à Arcis-sur-Aube en même temps que moi. Xous passons l'Aube , et le 20 nous sommes à Troyes. J'ai un équipage de ponts et j'en jette où je veux.

Je crois le quartier général à Troyes.

Ce projet est le plus hardi, les résultats en sont incalculables.

2° Se rendre à Sézanne et de Sézanne à Provins.

D'abord ce sont les plus mauvais chemins. Il y a d'ici à Sézanne neuf lieues, de Sézanne à Provins, neuf lieues; total, dix-huit lieues.

La cavalerie pourrait être demain 18 à Sézanne,

s'il n'y a point de cavalerie ennemie. Elle serait obligée d'attendre l'artillerie. Le 19 le prince de la Moskova ne pourrait y être, et serait obligé de venir passer ici.

DeSézanneàAIeauxpar Coulommiers etlaFerté- Gaucber, quinze lieues. Une fois à Sézanne, on pourrait aller à Meaux. On y serait en deux jours de bonne route. Il y aurait donc d'ici à Aleaux par Sézanne vingt-quatre lieues.

On serait maître aussi d'y aller d'ici, en passant par Fère-Champenoise, sept lieues; de Fère-Champenoise à Sézanne, quatre lieues; de Sézanne à Meaux, quinze lieues.

Il y aurait d'ici à Aleaux , en passant par Fère- Cbampenoise, vingt-sept lieues au lieu de vingtquatre, c'est-à-dire trois lieues de plus.

S" Enfin le troisième projet serait d'aller droit sur Aleaux par le grand chemin. Il y a d'ici Aleaux vingt et une lieues. On y serait le 20 de bonne heure. On pourrait même joindre l'armée le 20 et attaquer l'ennemi le 21 .

Ces trois projets ont tous les trois leur caractère.

Le premier est le plus hardi, donne une grande épouvante à l'ennemi et donne des résultais inattendus.

Le deuxième a l'inconvénient d'être toujours dans les traverses, mais enfin il coupe l'ennemi sur la rive droite de la Seine.

[1814] DE NAPOLÈOX I". 261

Le troisième est le plus sûr, parce qu'il mène à tire d'aile sur Paris; mais c'est aussi celui qui, n'étant d'aucun effet moral , laisse tout entière la chance d'une grande bataille. Or, si l'ennemi a 70 à 80,000 hommes, cette bataille sera une furieuse chance, au lieu que, marchant sur Troyes et venant sur les derrières pendant que le duc de Tarente marche en retraite et lui dispute toutes les positions, il peut y avoir de plus grandes chances.

Napoléon.

D'après l'original comm. par M. Laurent Atthalin.

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