‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 2)Chapitre 53 sur 70 · FORMATIOX DE TROIS ÉQU PAGES DE PO\T · texte numérisé non relu

FORMATIOX DE TROIS ÉQU PAGES DE PO\T

AU MARÉCHAL DAVOLT , PRIXCS d'eCKMUHL, MINISTRE DE LA GUERRE, A PAUiS.

Par s. 14 airil l-Slj.

Mon Cousin, il faut avoir trois équij3ages de ponts : en Flandre, pour les rivières de la Flandre; à Metz , pour les rivières de la Moselle , de la Meuse et de la Meurihe; à Strasbourg, pour le Rhin. Faites-moi connaître ce que vous avez en équipages de ponts, en personnel de pontonniers, et pressez l'organisation de ce service.

Xapoléon.

D'après l original comm. par M'^^Ia maréchale princesse dEckmùlh.

1653, - REMONTE DE LA CArALEHîE.

AU MARÉCHAL DAVOUT , PRIXCE D'ECKMrHL, M:X-:5TAE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris . 15 avril 1815.

Mon Cousin, les quatorze régiments de cuirassiers et de carabiniers doivent avoir 7,000 chevaux. Ils en ont 3,900 ; ils doivent en recevoir, par re£fet des marchés, 1,100 : il leur en manque donc 2,000.

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Mon intention est qu'ils soient fournis par la gendarmerie. Les quinze régiments de dragons doivent avoir 7,500 chevaux. Us en ont 5,800; ils doivent en recevoir, par les marchés, 950 : il leur en manque donc 750. Je veux qu'on porte ces régiments à 600 chevaux, au lieu de 500; il faudrait donc alors, pour les quinze régiments , 9,000 chevaux, et il leur en manquerait 2,250, qui leur seraient également fournis par la gendarmerie. Ainsi la gendarmerie livrerait en tout 4,250 chevaux. Les gendarmes seront tenus d'être remontés dans l'espace de quinze jours.

Cette opération se ferait de la manière suivante : vous répartiriez ces 4,250 chevaux entre toutes les légions. La première légion, par exemple, qui est forte de 660 chevaux, serait taxée à 260; 130 de ces chevaux seraient envoyés au 4^ de cuirassiers, qui est à Evreux, et l'on aurait ainsi 130 hommes montés, qui pourraient se rendre aux escadrons de guerre ; les autres 130 chevaux seraient donnés au 1" de dragons, qui est à Laon, et 130 hommes se trouveraient également montés sur-le-champ. La 15' légion, du département du Xord, est forte de 480 chevaux : elle pourrait être taxée à 200, dont 100 pour le 10^ de cuirassiers, à Lille, et 100 pour le 15* de dragons, à Arras, et ainsi de suite. Les colonels et majors qui doivent tirer des chevaux de la gendarmerie iraient les choisir en en passant la

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revue. Les grands seraient pour les cuirassiers; les autres pour les dragons. Cette mesure nous procurerait, en peu de jours, plus de 4,000 chevaux, et porterait la grosse cavalerie à 15,000 chevaux.

La cavalerie légère, moyennant les 5,800 chevaux qui doivent être réunis au dépôt de Versailles, serait de 16,800 chevaux, les régiments étant de 600 chevaux; mais je pense qu'il faut les metlre à 800, ce qui porterait la cavalerie légère à 22,000 chevaux. La plupart des régiments ont les hommes et les selles. Ce serait donc environ 6,000 chevaux à répartir sur tous les départements où se trouve la cavalerie légère. 11 faudrait les payer sur-le-champ.

L'eflectif de la grosse cavalerie serait donc de 15,000 chevaux, celui de la cavalerie légère de 22,000; total, 37,000. La grosse cavalerie serait complétée par les chevaux pour lesquels on a des marchés et par ceux qui doivent être livrés par la gendarmerie. La cavalerie légère serait complétée par les chevaux pour lesquels il y a des marchés, par les 5,800 chevaux qui doivent être réunis au dépôt de Versailles, enfin par les 6,000 chevaux qui seraient fournis par les départements. Ce n'est que par Tensenihle de tous ces moyens qu'on pourrait avoir de la cavalerie, et il faut s'en occuper sans perdre de temps.

Napoléox.

D'après l'original comm. par M"^ la maréchale princçsse d'Eckmùhl .

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1654. — IXSTRUCTIOXS POUR LE 7^ CORPS (CORPS D'OBSERVATIOX SUR LES ALPES). — FORMATIOX DC 9e CORPS.

AU MARÉCHAL DAVOUT , PRIN'CE d'eCHMIUL , MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 17 avril 1815.

Mon Cousin , donnez ordre que les 24' et 20* régiments se rendent à Chambéry avec le général Girard, c'est-à-dire le 7^ et le 14^; qu'on prenne des mesures pour cantonner ces troupes au P' mai ; qu'on leur fournisse douze pièces d'artillerie de Grenol)le et une compagnie de sapeurs; que le général Girard se tienne ainsi en avant de Chambéry; que le 4* de hussards, le 13' de dragons et le 10* de chasseurs rejoignent cette armée sous les ordres d'un général de division de cavalerie et de deux généraux de brigade; que le général Dessaix réunisse sa division à Grenoble, de manière qu'au 1" mai elle puisse venir camper ou se cantonner en avant de Chambéry; on donnera deux autres batteries d'artillerie au général Dessaix; que le général Grouchy porte son quartier général à Chambéry; il aura là sous ses ordres huit régiments d'infanterie et trois de cavalerie; que les huit régiments qui composeront ces deux divisions soient portés chacun IX. 19

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à quatre bataillons, ce qui fera trente-deux bataillons , ou seize bataillons par division ; qu'on complète d'abord les bataillons à 600 bommes et ensuite à 840; qu'une compagnie d'artillerie légère du régiment qui est à Valence soit attacbée à ce corps d'armée. Le corps du général Groucby ou le 7^ d'observation sera donc ainsi composé de deux divisions d'infanterie, formant trente-deux bataillons ou 25,000 hommes; de trois régiments de cavalerie, qui seront portés chacun à 600 chevaux , ce qui fera 1,800 chevaux; de trente pièces de canon et de deux compagnies de sapeurs, avec leurs outils.

Ce corps de ligne sera augmenté de seize bataillons de grenadiers ou chasseurs, à prendre sur les quarante-deux du Dauphiné, lesquels seize batail- Ions seront cantonnés autour du fort Barreaux, commandés par le lieutenant général Chabert et deux maréchaux de camp, et ayant douze pièces de canon. Ils pourront être employés activement jusqu'à la limite des montagnes, c'est-à-dire jusqu'au mont Cenis. Les vingt-six autres bataillons seront distribués de la manière suivante : un bataillon au fort Barreaux, huit bataillons à Briançon , six bataillons à Mont-Lyon ', quatre bataillons à Colmars, sept bataillons à Grenoble; total, vingt-six. Les bataillons de Briançon, de Mont-Lyon et de Colmars seront dans chaque place sous les ordres d'un maréchal de

* Mont-Dauphin,

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camp. Aussitôt que ces trois divisions seront formées, elles occuperont les crêtes qui dominent les Alpes et les cols que notre comité de défense désignera, afin d'obliger Tennemi à nous opposer un pareil nombre de forces.

Il sera formé, en Provence, un 9* corps, qui sera composé de trois divisions ; chaque division sera forte de trois régiments. A cet effet, vous ordonnerez que deux régiments de ceux qui étaient destinés au corps des Pyrénées, où il paraît que nous n'avons rien à craindre, se portent dans la 8^ division. La 3* division sera composée de douze bataillons de grenadiers de gardes nationales. On attachera à ce corps un régiment de cavalerie qui sera également retiré du corps des Pyrénées. Le maréchal Brune commandera le 9' corps, en même temps qu'il sera gouverneur de la Provence. On lui organisera , à Antibes ou à Toulon , le matériel de quatre batteries à pied, c'est-à-dire trente-deux pièces de canon, et il y sera attaché le personnel convenable.

Le général Grouchy, que je viens de faire maréchal de France, prendra des mesures pour faire déserter les Piémontais, et il menacera de se porter sur le mont Cenis, cette diversion devenant utile au roi de Xaples, qui paraît décidément être aux mains avec TAulriche. Xapoléox.

D'après l'original comm. par M'^^ la maréchale princesse d'Eckmiihl.

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1655. — IXSTRUGTIOXS POUR LA COMPOSITIOX ET L'EMPLACEMEXT DES TROUPES DU CORPS DES PYRÉ.VÉES.

AU MARÉCHAL DAVOUT , PRLXCE d'eCKMLHL,, MIXISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 18 avril 1815.

-Mon Cousin, donnez ordre à Lemarois de faire partir sur-le-champ les deux régiments qui sont au Havre et ceux de Cherbourg. Les dépôts, les bons citoyens de la Normandie et les troupes de marine suffiront d'abord pour garder ces places, et d'ailleurs ils vont recevoir le décret sur les gardes nationales; mais il est important que nos troupes soient sur les frontières. Actuellement que le Alidi est pacifié, donnez Tordre positif que tous les régiments qui se trouvent de ce côté se rendent à la destination que je leur ai donnée. Tous les régiments qui, sans se détourner de plus de trente lieues, peuvent passer par Paris, vous les ferez passer par cette ville. Donnez des ordres pour que, aussitôt que les 3" bataillons des régiments seront complétés à plus de 400 hommes, on les mette en marche pour rejoindre les deux premiers; faitesmoi connaître à quels bataillons vous donnerez ces ordres. Toutes les nouvelles d'Espagne sont telles,

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qu'il n'y a absolument rien à craindre sur celte frontière, et je pense que les 3" ou 4" bataillons seront suffisants. Faites-moi connaître où se trouvent actuellement les régiments qui sont sur la frontière des Pyrénées, infanterie et cavalerie. Je pense qu'un régiment de cavalerie à Toulouse et un à Bordeaux sont suffisants, d'autant plus que les 4*' et 5" escadrons des six régiments dont les dépôts sont dans le Midi seront bientôt en état de rendre des services. Je pense également que six régiments d'infanterie suffiront, d'autant plus que nous les renforcerons des 3"' et 4" l)ataillons des douze régiments dont les dépôts sont de ce côté; il restera donc six régiments disponibles. J'en ai déjà envoyé deux en Provence. Je pense qu'il est convenable que vous me proposiez de réunir provisoirement les quatre autres à Avignon, ainsi que le régiment de cavalerie qui deviendra disponible. Cette division sera là en réserve, et j'attendrai que les circonstances se décident pour lui donner une destination. Il faudrait qu'à Toulouse on préparât pour cette division douze pièces de canon.

En résumé, les douze régiments des Pyrénées seront employés de la manière suivante : deux se rendront en Provence, au 9^ corps, ainsi qu'un régiment de cavalerie; trois seront placés à Bordeaux, Bayonne, Saint-Jean Pied-de-Port, Pau, etc., avec un régiment de cavalerie et douze pièces de

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canon. Ces régiments formeront des garnisons et surveilleront les frontières. On pourra y joindre les 3^' et 4^' bataillons de tous les régiments qui sont dans le Alidi. Cela fera une première division. Une autre division sera formée de trois régiments placés à Alontpellier, Toulouse, Bellegarde, etc., avec un régiment de cavalerie et douze pièces de canon. La 3' division se réunira à Avignon ; elle sera composée de quatre régiments, d'un régiment de cavalerie et de douze pièces de canon. Toutes ces troupes, même la division d'Avignon, feront toujours partie du corps des Pyrénées ; mais cette division d'Avignon sera toute prête à se porter sur les Alpes, si les circonstances le rendaient nécessaire. 11 n'y a que ce que vous enverrez en Provence qui ne comptera plus dans le corps des Pyrénées.

Xapoléo.v.

D'après l'origiual comm. par W-^ la maréchale princesse d'Eckaiùhl

{1815] DE XAPOLÉOX l", 331

1656. — ORDRE DE FORTIFIER ET D'APPROVISIOWVER LAXGRES.

AU MARÉCHAL DAVOUT , PRIXCE d'eCKMUHL, MIMSTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 20 avril 1815.

Mon Cousin, donnez ordre qu'on arme, qu*on fortifie, qu'on approvisionne, enfin qu'on mette à l'abri d'un coup de main Langres.

Faites-moi connaître la situation de Laon.

-Yapoléox.

D'après l'original comm. par M™« la maréchale princesse d'Eckmiihl,

1657. — DECRET PORTAXT FORMATION DE CORPS FR.AXGS DAXS LES DÉPARTEMEXTS FROXTIÈRES.

Palais de l'Elysée. 22 avril 1815.

Article premier. Il sera organisé un ou plusieurs corps francs dans chacun des déparlements frontières de l'Empire.

Ces corps francs porteront le nom de leur département, et, dans les départements où il y en aura plusieurs, ils se distingueront par le numéro d'ordre de leur formation.

Art. 2. Les individus qui auront les qualités né-

cessaires pour lever un corps franc s'adresseront au ministre de la guerre ou au préfet. Le préfet, après s'être concerté avec le commandant du département et le commandant de la gendarmerie, enverra au ministre de la guerre son rapport sur les services, l'expérience et la capacité de l'officier qui aura demandé à lever un corps franc, ainsi que sur Tintluence dont il jouit dans le département.

Art. 3. Les officiers admis à lever un corps franc seront brevetés par nous. L'officier breveté par nous pour lever un corps franc pourra donner des commissions de capitaines, lieutenants, sous-lieu tenants et sous-officiers. Il enrôlera des hommes de bonne volonté, soit parmi les gardes nationales qui ne font pas partie des compagnies actives, soit parmi les soldats en retraite, soit parmi les gardes forestiers et autres employés, sous quelque titre que ce soit; bien entendu que ceux-ci ne pourront êlre distraits de leurs fonctions qu'au moment où le département serait envahi.

Art. 4. L'infanterie et la cavalerie de ces corps seront organisées comme l'infanterie et la cavalerie des troupes légères.

Ces corps ne seront tenus à aucun uniforme régulier.

Le maximum de leur formation sera de 1,000 iiommes pour l'infanterie et de 300 pour la cavalerie.

[1815] DE XAPOLÉOX I«'. 333

L'infanlerie sera armée incliffêremnient de fusils de guerre et de fusils de chasse. La cavalerie, étant de l'arme des lanciers, aura une lance sans banderole.

Art. 5. Les corps francs s'armeront, s'équiperont et se monteront à leurs frais. Ils ne recevront aucune solde ni de guerre ni de paix; ils auront droit aux vivres de campagne, mais seulement au moment de la guerre.

Art. g. Les corps francs pourront avoir deux pièces de canon de 3 ou de 4, et dans ce cas le matériel leur sera fourni de nos arsenaux.

Ils seront toujours tenus d'avoir avec eux de la poudre et des balles pour 600 coups.

Art. 7. Si l'ennemi venait à entrer dans un de nos départements, les corps francs se placeraient sur ses derrières pour intercepter ses convois, ses courriers, ses officiers d'ordonnance et aides de camp, et tous ses hommes isolés. Ils bivouaqueront toujours dans les bois, dans les lieux escarpés ou sous la protection des places fortes.

Art. 8. Tout ce que les corps francs prendront sur l'ennemi sera de bonne prise et à leur profit. Les canons, caissons et efi'ets militaires seront achetés par l'Etat au prix des trois quarts de la valeur. Chaque prisonnier fait à l'ennemi, qu'ils remettront à la gendarmerie ou au dépôt dans les places fortes, leur sera payé 30 francs.

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Il leur sera payé : 100 francs pour chaque lieutenant ou sous-lieutenant qu'ils prendront ; 200 francs pour un capitaine ; 500 francs pour un chef de hataillon ou major; 1,000 francs pour un colonel; 2,000 francs pour un général ou maréchal de camp ^ -4,000 francs pour un lieutenant général.

Les prisonniers qu'ils feront sur les officiers civils à la suite de l'armée ennemie leur seront payés suivant l'assimilation du grade.

Tous trésors, bagages, qu'ils prendront leur appartiendront.

Tout aide de camp, officier d'ordonnance, courrier ou porteur d'ordres de l'armée ennemie, qu'ils prendront leur seront payés à raison de 2,000 francs.

La répartition de ces sommes et profits sera faite d'après un règlement que dressera notre ministre de la guerre sur les principes de partage adoptés pour les armements en course dans la guerre maritime.

Art. 9. Il pourra être également formé des corps francs dans les départements de l'intérieur.

Ils ne sortiront de leurs départements qu'au moment où les hostilités éclateraient, et ils pourront se diriger sur la frontière de leur choix, en prenant les ordres du ministre de la guerre.

Art. 10. >»os ministres de la guerre et de l'intérieur sont chargés de l'exécution du présent décret.

\apgléo\.

D'après la copie comm. par iM. le comte Daru.

11815] DE NAPOLÉOX !«', 33 j

1658. — ORGAXISATIOX DU TRAIX DES EQUIPAGKS.

AU MARÉCHAL DAVOLT, PRIXCE d'eCKHLTI:, , MIXISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 2-2 avril 1815.

Mon Cousin, je reçois votre lettre sur le parc de Sampigny. Je vois que nous avons 900 voitures et 3,000 harnais. Je pense que ce parc est très-mal placé à Sanipigny. L'inconvénient que cet emplacement nous offre aujourd'hui, il nous Toffrira toujours. Il faudrait choisir sur la Loire un point au milieu d'une grande forêt, et dans cette hypothèse faites-moi connaître si Orléans conviendrait, ou sur la Seine, entre Saint-Germain et Rouen, un point situé au milieu des bois. Faites faire des recherches dans l'une et l'autre direction.

Je vous autorise à faire évacuer tout ce qui ne peut pas être réparé et mis en état pour le 15 mai, et à laisser tout ce qui pourra servira cette époque.

Je vois que nous avons quatre régiments du train des équipages militaires, chacun de huit compagnies, chaque compagnie de 40 voitures, ce qui ferait 1,300 voitures. Il sera difficile de pouvoir organiser à Sampigny, d'ici au 15 mai, ce nomhre de voitures. Je pense qu'il faudrait d'ahord orga-

niser quatre régiments à quatre compagnies, ce qui ferait seize compagnies ou 640 voitures.

11 faut près de 2,000 hommes pour ces seize compagnies: il en existe 1,000; c'est donc 1,000 hommes à aroir, et il est à espérer qu'on pourra les avoir d'ici au 15 mai.

Il faudra à peu près 3,000 chevaux; il en existe 300; 1,800 doivent être fournis; c'est donc 900 chevaux à acheter. Je vous autorise à faire cet achat.

Il faut 6 iO voitures ; il y en a 240 à Strasbourg et à Paris, et il est probable que, sur les 900 voitures qui sont à Sampigny, 400 seront en état d'ici au 15 mai.

Il faut 3,000 harnais; ils existent.

Ainsi faites organiser à Sampigny seize compagnies, 640 voitures, 3,000 chevaux, 3,000 harnais, et dirigez tout le reste, voitures, matériel, harnais, sur le point que vous me proposerez sur la Loire ou sur la Seine.

640 voitures peuvent être suffisantes pour le premier moment. Il n'est donc question que d'acheter 900 chevaux ; faites-les acheter autour de Sampigny. Faites-moi connaître quand on pourra faire partir une compagnie pour le 1", pour le 2% pour le 3% pour le 4^ et le 5' corps. Il serait urgent que ces compagnies partissent. Les voilures qui sont à Strasbourg peuvent être destinées au 5* et au

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6° corps. Celles qui sont à Paris pourront être données au 6\

\apoléon.

D"après l'original comm. par M^i* la maréchale princesse d'Eckmiilil.

1659. — IXSTHUGTIO.VS POUR i:\E MISSIOX GOXFIÉE AU GÉXÉRAL BAROX DEJE.AX , AIDE DE GA.MP DE L'EMPEREUR, A PARIS.

Paris, 24 avril 1815.

Rendez-vous à Beauvais. Vous y verrez le préfet et vous me ferez connaître la situation du département. A-t-on commencé à organiser la garde nationale? Combien a-t-on de fusils? A-t-on changé les autorités municipales? Combien de vieux soldats dans le département ? Les dépots de cavalerie se remontent-ils? Vous me ferez un rapport de cette ville.

De là vous irez à Abbeville. Vous verrez la situation de cette place, où en est l'armement. Vous me ferez connaître l'esprit de la ville et de la garnison, et également si on a organisé la garde nationale.

De même à Amiens. Vous verrez quelle est la situation de la citadelle.

Vous irez ensuite à Montreuil, à Boulogne, à Calais et à Dunkerque, et vous m'enverrez un rap-

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port pareil de chacune de ces places. Vous verrez dans les places maritimes la situation de la marine, soit en bâtiments de guerre, soit en bâtiments de commerce, et en détail le matériel de la marine.

Vous me parlerez des commandants de place et des officiers qui sont à la tête de Fartillerie et du génie. Dites-moi si on travaille avec activité à mettre ces places en élat.

Vous parcourrez de là toute la frontière jusqu'à Landau.

Vous me ferez connaître dans quelle situation est le corps du général d'Erlon , la force des divisions, les généraux qui commandent, la composition de l'artillerie, du génie, deradministraticii et des ambulances, enfin tout ce qui constitue l'armée. Faites-moi connaître aussi comment sont jdacés le corps du général d'Erlon et celui lIu général Reille.

A Douai, faites-moi connaître quand toute l'artillerie nécessaire à ces corps sera formée et ce qu'il y a actuellement.

Enfiii je vous prie de me faire connaître l'état des ateliers d'armes qui doivent être dans toutes- les places fortes pour réparer les fusils et les mettre en état.

Partout où vous trouverez des dépôts, vous me ferez connaître la situation des cadres des 3*', 4'- et

5'' bataillons, le nombre des vieux soldats qui ont rejoint, et quand on espère pouvoir envoyer de nouveaux renforts à l'armée.

On m'a beaucoup parlé de désertions. Vous prendrez l'état exact de toutes les désertions à l'ennemi, corps par corps, que vous m'enverrez.

Prenez aussi des renseignements sur la force des armées étrangères qui sont vis-à-vis, et sur les [positions qu'elles occupent. Vous m'écrirez de toutes les places.

Engagez d'Erlon et Reille à presser de tous leurs efforts la formation de l'artillerie.

D'après la mioute. Archives de l'Empire.

, 1660. — IXSTUL'CTIOXS POUR LES 1^' ET 2*^ CORPS. FORMATION DE MAGASIXS.

AU MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE d'eCKMUHL, MIXISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Pans, 27 avril 1815.

Alon Cousin, donnez Tordre au général Reille de porter son quartier général à Avesnes, de placer une division à Alaubeuge et en avant de la ville dans les villages, de bien reconnaître toutes les positions de Maubeuge et de la frontière, de faire mettre dans le meilleur état de défense la place de

340 CORRESPOXDAXCE MILITAIRE [1815]

Maubeiige , de s'assurer de deux }onts sur la Sambre, de bien visiter toute la frontière jusqu'à Pbilippeville afin de la connaître parfaitement, de faire fournir les travailleurs qui seront nécessaires pour Alaubciige, Bavay, Beaumont, et pour les têtes de pont sur la Sambre. Il réunira ses cinq divisions derrière la Sambre, à l'exception de la division qui, comme je viens de le dire, sera cantonnée à Maubeuge et en avant.

Donnez ordre au général Drouet, comte d'Erlon, de porter son quartier général à Valenciennes, de reconnaître le camp de Alaulde et le camp de Famars, et de réunir toutes ses troupes entre Condé et Valenciennes, dans les cantonnements à portée de ces deux places. Il laissera une division à Lille, jusqu'à ce que les gardes nationales soient levées pour occuper cette place. Il retirera ses troupes de' Calais, de Dunkerque et de Boulogne aussitôt que cela sera possible.

Vous donnerez ordre à la 19* division de partir le P' mai avec sd batterie d'artillerie, avec ses généraux de division et de brigade, et de se rendre à Laon, où cette division se cantonnera dans la ville et dans les villages environnants. Donnez cette division au général Simmer. Donnez le même ordre à la G' division de réserve de cavalerie, qui partira également avec sa batterie. Vous aurez soin d'ordonner que chaque soldat ait ses cartouches, ses

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