‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 2)Chapitre 61 sur 70 · REPROCHES SUR U\'E MISSION · texte numérisé non relu

REPROCHES SUR U\'E MISSION

AU GÉNÉRAL GAFFARELLI , AIDE DE CAMP DE l'eMPEREUR, A PARIS.

Paris, 11 mai 1815.

Votre rapport ne répond pas du tout à la mission dont je TOUS ai chargé; vous me remettez bien un état d'ordonnance des 2 millions envoyés dans les différentes divisions militaires, mais ces 2 millions n'en font pas 15 ou 16 que j'ai accordés pour Thabillement. Il faut donc que vous retourniez dans les bureaux pour m'en rapporter 1 état de distribution des fonds de Thabillement pour 1815, indiquant tous les crédits qui ont été accordés depuis janvier jusques et y compris la distribution de mai. Vous me remettrez l'état des crédits tant par corps que par division militaire, afin que des mesures soient prises au trésor pour les solder sans délai.

Vous me parlez de quelques plaintes qui auraient été reçues pour des non-payements : il y a autant de plaintes que de corps.

Je ne suis pas plus satisfait du rapport que vous me faites de votre visite aux ateliers. Ce rapport ne dit pas pourquoi on fait de si mauvaises vestes. Si on n*a pas de draps pour les habits, on en a pour les vestes et pour les culottes.

Enfin , cette mission si importante n'est pas remplie.

D'après la minute. Archives de l'Empire.

1682. — XOTE AU SUJET DES OFFICIERS QU'EXIGE LA FORMATIOX DES BATAILLOXS DE GARDES X'ATIO- XALES.

AU MARÉCHAL DAVOUT , PRINCE d'eCKMUHL , MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 12 mai 1815.

Mon Cousin, je vous prie de me faire un rapport pour me faire connaître si vous avez la quantité d'officiers qu'exige la formation des bataillons de gardes nationales. J'ai levé, je crois, quatre cents bataillons; cela exige 200 majors, 400 chefs de bataillons et -400 capitaines-adjudants. Je viens de lever pour Paris vingt-quatre bataillons, quiexigen! 1 lieutenant général (ce sera le général Darricau) , 6 maréchaux de camp (employez à cette destination les plus dévoués), 12 colonels, 2-4 chefs de bataillon et environ 500 capitaines, lieutenants et souslieutenants. \e mettez pas là de jeunes gens, mais beaucoup de vieux officiers.

Je compte lever douze bataillons semblables à

S'M CORRESPOXDAXCE MILITAIRE lSi:,l

Lyon , destinés à la défense de cette grande ville ; ce qui emploiera encore un nombre d'officiers égal à la moitié du nombre que je viens de calculer poi>r Paris.

Combien vous restera-t-il encore d'officier? non employés, les cadres des 4", 5'' et 6'' bataillons de la ligne étant formés? S'il reste des officiers, il sera bon d'en attacher à toutes les places fortes, de manière que les commandants puissent en mettre dans les bataillons de gardes nationales pour remplacer les officiers qui seraient mauvais, et donner un peu de mouvement et d'esprit à ces bataillons.

Napoléon.

D après 1 original comm. par M™« la maréchale princesse d Eckmâhl.

1683. — IXSTRUCTIOXS A DOXXER ALX GEXERAL'X CHARGÉS DES COMMAXDEMEXTS TERRITOF.IALX ET DU COMMAXDEMEXT DES GARDES XATiOXAEES.

AU MARÉCHAL DAVOLT , PRINCE d'eCKMIHL, MINISTRE DF. LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 12 mai 1815.

Mon Cousin, il y a aujourd'hui, dans les divisions militaires des frontières , des lieutenants généraux commandant les divisions territoriales, des

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lieutenants généraux commandant les gardes nationales mises en activité, et enfin des gouverneurs dans toutes les places. Les gouverneurs de toutes les places, les lieutenants généraux commandant les divisions, les lieutenants généraux commandant les gardes nationales, doivent être sous les ordres du commandant en chef de l'armée dans le territoire de laquelle ils se trouvent, savoir : ceux de la 5* division, sous les ordres du commandant de l'armée du Rhin; ceux de la 3' et de la 4* division, sous les ordres du commandant de l'armée de la Moselle; ceux de la 2* et de la 16% y compris la Somme et l'Aisne, sous les ordres du commandant de l'armée du \ord ; la 6* division, sous le commandant du corps d'observation du Jura; la 7' et la 19% sous le commandant en chef de l'armée des Alpes; la 8% sous le commandant du corps d'observation du Var; la 11% la 9' et la 10% sous le commandant du corps d'observation des Pyrénées, Vous devez leur donner l'instruction suivante : Les lieutenants généraux commandant les divisions militaires ne s'enfermeront pas dans les places, qui doivent toutes avoir leur commandant; mais ils sont destinés, avec les maréchaux de camp commandant les départements, les officiers de gendarmerie, les officiers forestiers, les administrations départementales, etc., à se tenir toujours dans l'enceinte de la division militaire, en prenant une po-

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sition qui leur sera désignée par le général en chef, de manière à tenir le plus longtemps possible le territoire et à rester à portée de donner des ordres pour l'organisation des levées en masse, pour les évacuations de dépôts, en6n de prendre toutes les mesures convenables pour insurger la population et présenter le plus d'obstacles à l'ennemi. Ainsi, par exemple, le général commandant la 5* division militaire tiendra tant qu'il sera possible son quartier général dans la 5* division, en conservant tout ce qui lui restera de moyens pour défendre le pays et pour veiller à la défense de la seconde ligne. Il en sera de même des généraux commandant la 16' division, la 2% la 3' et la 4". Ces généraux doivent toujours sortir des places qui seraient bloquées et se porter sur d'autres places ou d'autres points qui ne sont pas menacés, pour y continuer de recevoir le rapport des autres places, réunir autour d'eux les préfets, aviser aux moyens de défense, faire enfin le plus de mal possible à l'ennemi. S'ils étaient forcés de quitter le territoire de la division, ils devraient du moins se tenir dans des positions à portée, pour être toujours en mesure d'y faire passer leurs ordres.

Les lieutenant généraux chargés du commandement des bataillons d'élite des gardes nationales ne doivent pas non plus se laisser renfermer dans des places; mais ils doivent rester jusqu'au dernier mo-

nient, pour soigner Tarmement et l'habillement des gardes nationales, et, s'ils sont obligés de s'en ■ aller, ils peuvent se porter aux divisions de réserve de gardes nationales , partager avec le commandant de la division territoriale le commandement de la levée en masse, ou se retirer auprès du général commandant en chef l'armée.

Les maréchaux de camp, chargés du commande- -' ment des gardes nationales dans les départements se trouveront les commandants naturels des levées en masse. Les généraux commandant les gardes nationales doivent, en outre, avoir des instructions spéciales du commandant en chef de l'armée sur les points à retrancher, à mettre en état de défense et à garder dans leur arrondissement.

Donnez cette première instruction; faites- moi connaître les objections qu'on y fera et les questions auxquelles elle donnera lieu.

Écrivez au général commandant la division de réserve de Colmar de presser l'achèvement des ouvrages de campagne ordonnés le long du Rhin ; au commandant de la division de Nancy de s'occuper des retranchements à faire dans les passages des Vosges; au commandant de la division de Sainte- Menebould de veiller sur les retranchements à faire dans les défiles de TArgonne; enfin aux commandants des divisions de Vesoul et de Besançon, qui sont soiîs les ordres du général commandant le IX. 23

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corps d'observation du Jura , pour les ouvrages à faire de leur côté et pour la formation du camp de Belfort.

Il est nécessaire que les généraux commandant les armées tiennent des conseils avec les généraux commandant les divisions territoriales, avec les généraux commandant les divisions de réserve des gardes nationales, enfin avec les généraux chargés de l'organisation des gardes nationales, pour que chacun sache bien ce qu'il doit faire en cas d'invasion. Les officiers du génie et de l'artillerie devront assister à ces conseils pour assurer le concours de leur arme dans l'exécution des mesures de défense qui seront arrêtées. Les préfets seront également appelés dans ces conseils.

On ordonnera aux villes qui ont une enceinte de faire des retranchements et de se mettre en mesure de ne pas recevoir la loi des troupes légères.

Excitez le zèle des généraux ; qu'ils prévoient tous ^ les cas, et que d'avance chacun sache ce qu'il peut faire pour arrêter l'ennemi.

Xapoléon.

D"aprèis l'original comm. par M'"« la maréchale princesse d'Eckmùlil.

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1G84. — ORDRE PRESSAXT DE COMPLÉTER LES RÉGIMEXTS

AU MARÉrHAL P-AVOLT, PRIXCE d'eGKMIHL , MINISTRE E LA GUERRE, A PARIS.

Paris. 12 mai 1815.

Mon Cousin. écrir-:'z au maréchal Brune et au général Delaborde de laisser filer les troupes pour leur destination. Faites connaître au général Delaborde qu'il doit avoir reçu 300 hommes des canoniiiers de marine de Rochefort; qu'il doit recevoir un des sept régiments destinés à la frontière des Pyrénées ; qu'il doit recevoir 500 gendarmes, dont la moitié est partie et l'autre moitié partira demain en poste; qu'avec cela il doit former i\c^ colonnes mobiles et dissiper les bandes; qu'enfin il faut faire un appel, s'il est nécessaire, aux confédérés de Xantes, mais qu'il est indispensable de laisser filer les régiments pour l'armée.

Donnez ordre au duc de Padoue, en Corse, de faire partir sur-le-champ et sans aucun retard, sous quelque prétexte que ce soit, les régiments qui sont dans cette île. Donnez ordre au maréchal Brune trexpédier un aviso pour porter votre lettre et d'en fharger un ofiicitr qui restera dans l'île jusqu'à ce que les régiments partent. Envoyez des explications

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au duc de Padoue : que, sous aucun prétexte, il ne retienne rien, hormis la compagnie d'artillerie qui a été désignée; que, si même on peut former en Corse deux bataillons de volontaires de 5 à 600 hommes, ayant des officiers qui aient déjà servi en France, il les expédie sur Toulon; mais que les régiments français doivent déjà être en Provence, e! que le moindre retard dans l'exécution de vos ordres aurait des conséquences funestes.

Le maréchal Brune doit avoir déjà trois régiments de cavalerie et trois régiments d'infanterie. Il est bien important que tous les régiments qui doivent arriver de Bretagne et de l'Ouest arrivent promptement.

Le plus grand malheur que nous ayons à craindre, c'est d'être trop faibles du côté du Xord et d'éprouver d'abord un échec.

J'attends l'état que je vous ai demandé pour faire le travail de l'armée du Xord. Il paraît que les seize régiments qui la composent sont bien faibles et ont bien peu de moyens de s'augmenter. C'est ce qui me porterait à réunir les seize dépôts sur la Somme et à faire, dans les meilleurs départements, un appel de 24 à 30,000 hommes de la conscription de 1815, pour renforcer ces régiments. Il faudrait écrire à Lemarois, à Vedel et au préfet Girardin, de former des colonnes mobiles de 25 gendarmes et de 100 hommes d'infanterie pour faire rejoindre les

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anciens militaires. Le général Vedel peut prendre cette infanterie à Cherbourg; peut-être que ces militaires partiraient plus facilement, si on les destinait pour la jeune Garde. Écrivez au préfet et au commandant du département de la Somme pour qu'on fasse également des colonnes mobiles pour faire rejoindre les militaires. Peut-être faudrait-il changer la direction de ceux du Xord, du Pas-de- Calais et les envoyer sur Paris, pour la jeune Garde ; mais cela augmenterait le déficit des seize régiments du V' corps, qui doivent se recruter dans ces départements.

Il faudrait donner ordre aussi au général commandant la P® division de faire faire des colonnes mobiles et même d'employer la voie des garnisaires pour faire rejoindre. Il faudrait nommer un officier général qui fût à la tête du recrutement et eût la correspondance, comme l'avait jadis le général d'Hastrel.

J'ai augmenté la jeune Garde de quatre autres régiments, ce qui la portera à seize régiments, devant former à peu près 20,000 hommes. Faites aussi connaître si, par le rappel des anciens militaires, vous espérez qu'on puisse obtenir ce nombre d'hommes.

Ecrivez au général commandant la 13' division militaire que j'ai mis tous les militaires de la Bretagne dans les régiments qui ont leurs dépôts dans

cette prorince; qu'ainsi il doit y avoir moins Je difficultés pour les faire rejoindre.

Le 7* de ligne, qui est à Grenoble, a déjà 1,000 hommes à son dépôt; ainsi ce régiment devrait être très-beau. Un appel de la conscription de 1815, dans le Dauphiné, auprès des régiments qui sont à l'armée des Alpes, pourrait compléter promptement ces huit régiments et les porter chacun à 3,000 hommes. Il me semble que l'appel de la conscription de 1815 pourrait se faire de la même manière qu'on a rappelé les anciens militaires. Je vous ai déjà écrit sur cet objet.

Moyennant les fonds que j'ai accordes pour Thabillement par la distribution de mai, les corps doivent avoir tout l'argent dont ils ont besoin. J'ai déjà demandé la note des ordonnances distribuées pour assurer leur payement.

Donnez ordre que le dépôt du 10% qui est à Perpignan, se mette en marche pour se rapprocher de Paris.

Le général Fririon est, je crois, chargé de tous les dépôts de la P* division; écrivez-lui de les parcourir, afin d'activer l'organisation des 3*', ■^'* et 5^' bataillons, ainsi que l'équipement des hommes.

Xapoléon.

D après loriginal comm. par M""* la maréchale princesse dËckmâbl.

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1685. — DEMAXDE DE RENSEIGXEMEXTS GOXGERXAX LE MATÉRIEL DES POXTS.

AU MARÉCHAL DAVOLT , PRINCE d'eCKMLHL, MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 13 mai 1815.

Mon Cousin, il paraît que nous avons huit compagnies de pontonniers : laissez-en une à Strasbourg pour l'armée du Rhin, une à Metz à la disposition du général commandant l'armée de la Moselle, et ordonnez aux six autres de se rendre à Douai, à Paris et à Laon. Ces six compagnies, commandées par le meilleur officier de pontonniers que tous ayez, seront attachées à l'équipage de ponts de l'armée du Nord.

Votre rapport du 12 mai, sur les équipages de pontons, me paraît un peu vague; vous ne faites pas connaître le nombre de chevaux d'artillerie qu'il faut pour atteler ces pontons ni quand ils seront attelés; vous me dites que les baquets et les pontons sont réunis à Lille, la Fère et Saint- Omer; que vous faites organiser à Paris un équipage de même force que celui de Douai ; répondez plus catégoriquement : quelle est la largeur des canaux de Condé, de l'Escaut du côté de Mons, de la Sambre du côté de Charieroi, du canal de Bruges,

de celui ue Bruxelles, et enfin de la Meuse du côté de Maestricht? combien nous faut-il de pontons pour faire un pont sur chacune de ces ririères? combien ai-je de pontons sur baquets, prêts à partir pour Paris? combien en ai-je à Douai, à Saint- Omer, à Lille? quand pourront-ils être réunis dans une position entre Aresnes et Laon? combien faudra-t-il de compagnies pour le service de ces pontons?

Napoléox.

D'après l'original comm. par M°^ la maréchale princesse d'Eckmùhl.

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