ORDRES GOXGERXANT LA COMPOSITION DES CORPS D'ARMÉE
Paris, 21 décembre 1813.
Le général Maison est nommé commandant du 1*' corps d'armée à Anvers; le major général lui donnera l'ordre de partir demain pour se rendre dans cette place; le général Roguet et le général Lefebvre-Desnoëttes seront sous ses ordres.
Le major général donnera l'ordre au général Grouchy de partir de suite pour se rendre à Strasbourg, où il prendra le commandement en chef de la cavalerie de l'armée.
Il sera donné des ordres pour que les dépôts des régiments composant le 5* corps de cavalerie envoient à Strasbourg tout ce qu'ils ont d'hommes montés et en état d'entrer en campagne, afin qu'ils rejoignent leurs escadrons de guerre.
Le major général donnera l'ordre au duc de Bellune de rappeler le V bataillon du 37' régiment, qu'il a envoyé à Lauterbourg, et de tenir les divisions du 2* corps d'armée réunies , de manière qu'elles soient prêtes à parlir au premier ordre
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sans dégarnir aucun poste. Sa Alajeslé approuve que le duc de Bellune prenne tout ce qu'il y a de conscrits dans les dépôts de réfractaires à Strasbourg pour compléter ses bataillons.
Le major général donnera Tordre au général Ruty de fournir sans délai au 5*^ corps de cavalerie deux batteries d'artillerie à cheval.
Il ordonnera au duc de Bellune d'organiser le 2* corps d'armée en trois divisions de la manière suivante :
P' division : 24' léger, trois bataillons; 19^ de ligne, trois; 37% trois; 56% trois; 61% un; 111% un; total, quatorze bataillons ;
Le général Dufour commandera cette division.
2' division : 26' léger, trois bataillons; 18' de ligne, trois; 46% trois; 93% trois; 57% deux; total, quatorze bataillons;
Le général Dubreton commandera cette division.
3' division : 7^ léger, deux bataillons; 11% trois; 2^ de ligne, trois; 4% trois; 72% trois; total, quatorze bataillons ;
Le général Duhesme pourra commander cette division.
'Chaque division aura deux batteries d'artillerie à pied; total, six batteries, quarante-huit pièces. Ce corps d'armée aura en outre deux batteries d'artillerie de réserve, seize pièces, et deux batteries d'artillerie à cheval, douze pièces.
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Le 5' corps de cavalerie aura deux batteries d'artillerie à clieval , douze pièces.
Total , pour le 2' corps d'armée et le 5"^ corps de cavalerie, douze batteries ou quatre-vingt-huit bouches à feu.
Le major «général ordonnera au général Ruty d'organiser ces batteries.
Il sera nommé un général pour commander Tartillerie du 2^ corps.
Il sera aussi désigné, de concert entre le major général et les ministres de la guerre et de l'administration de la guerre, les généraux de brigade, adjudants-commandants, officiers d'état-major, l'ordonnateur, les commissaires des guerres, inspecteurs e, sous-inspecteurs aux revues, employés ou agents des administrations qui sont nécessaires pour compléter l'organisation du 2^ corps.
Un bataillon des équipages militaires sera attaché à ce corps d'armée.
Il y sera pareillement attaché trois compagnies de sapeurs, un officier général ou supérieur pour commander le génie , et les officiers du génie nécessaires.
Le major général fera connaître au duc de Bellune qu'il est indispensable qu'au 1" janvier il forme son corps à trois divisions, quand même chaque division ne serait qu'à 3,000 hommes; qu'il est nécessaire de former les cadres de ces divisions,
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tant en généraux, en officiers d'état-uiajor, etc., que pour Tartillerie, le génie et les administrations, attendu que les bataillons vont arriver tout à la fois.
Il ordonnera au duc de Bellune de placer ces divisions en échelons, depuis Strasbourg jusqu'à Iluningue.
Le V corps d'armée, commandé par le général liaison, sera composé de trois divisions, savoir :
V division : 12^ léger, un bataillon; 15% un; 27% un; 8^ de ligne, deux; 12% trois; 17% trois; 34% deux; 36% deux; 44% un; 48% un; 108% un; total, dix-huit bataillons;
Cette division pourra être commandée par le général Molitor.
2^ division : 13' léger, trois bataillons; 24' de ligne, deux; 25% trois; 27% deux; 28% deux; 45% un; 51% deux; 58% deux; total, dix-sept bataillons ;
Cette division sera commandée par le général Ambert.
3^ division . 21* de ligne, deux bataillons; 30% un; 33% trois; 55% deux; 64% un; 75% un; 76% un, 85% deux; 88% deux ; 94% un ; 100% un; total, dix-sept bataillons;
Cette division pourra être commandée par le général Carra Saint-Cyr.
L'artillerie de ce corps d'armée , qui se forme à
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Douai, sera composée, comme celle du 2' corps, (le six batteries de division, deux batteries de réserve et deux batteries d'artillerie à cheval; total, dix batteries ou soixante et seize bouches à feu. Un général sera désigné pour commander l'artillerie de ce corps. Un officier général ou supérieur sera nommé pour y commander le génie, et il y sera attaché trois compagnies de sapeurs. Son administration sera organisée comme celle du 2^ corps.
Le 4* corps d'armée , commandé par le général Morand , restera composé de quatre divisions, ainsi qu'il suit :
12^ division, général Damas: 5Méger, trois bataillons; 8% deux; 13' de ligne, quatre; 23% trois; 96', deux; 137% trois; total, dix-sept bataillons.
3* division , général Guilleminot : 54' de ligne, deux bataillons; 82% deux ; 95% deux; 104% quatre; 156% deux; total, 12 bataillons.
32* division, général Durutte : 10* léger, deux bataillons; 17% deux; 36% deux; 6G' de ligne, deux; 103% un; 131% deux; 132% deux; total, treize bataillons.
5P division, général Semelle : 21* léger, deux bataillons; 25% deux; 29% deux; 26' de ligne, deux; 32% deux; 39% deux; 47% deux; 63% deux; 86% deux; 122% trois; total, vingt et un bataillons.
En conséquence, les deux bataillons du 10* léger
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et les deux bataillons du 17* léger feront désormais partie de la 32' division , au lieu de la oV.
Le 5^ corps d'armée, commandé par le général Sebastiani , sera formé en deux divisions, ainsi qu'il suit :
1" division, général Albert : 135* de ligne, deux bataillons; 139% deux; 140% deux; 141% deux; 149% deux; total, dix bataillons.
2^ division, général : 150' de ligne, deux
bataillons; 152% deux; 153% deux; 154% deux; 155% deux ; total, dix bataillons.
Le 6' corps d'armée, commandé par le marécbal duc de Raguse, sera formé en quatre divisions, savoir :
V' division, général Ricard : 2' léger, deux bataillons; 4% deux; 22' de ligne, quatre; 40% deux; 43% deux; 50% trois; total, quinze bataillons
2^ division, général : 6' léger, deux bataillons; 9% deux; 59^ de ligne, deux; 65% deux; 69% deux; 136% deux; 138% deux; 142% deux; total, 16 bataillons.
3* division, général Lagrange : 16^ léger, deux bataillons; 28% deux; 144' de ligne, deux; 145% un; P% un; 14% un; 15% trois; 16% un; 62% deux; 70% deux; total, dix-sept bataillons.
4' division , général : 23' léger, deux bataillons; 37% quatre; 121* de ligne, trois; 1" de
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marine, quatre ; 2% quatre ; 3% quatre ; 4% quatre; total, vingt-cinq bataillons.
Le 11* corps d'armée, commandé par le maréchal duc de Tarente, restera formé en deux divisions, savoir :
l' division, général Charpentier : 19^ léger, six bataillons; 5' de ligne, un; 11% un; 107% quatre; total, 12 bataillons.
2' division, général Brayer : 123* de ligne, trois bataillons; 124*, trois; 127% trois; les trois 1^" bataillons des trois premiers régiments suisses ; total, douze bataillons.
La brigade dite de réserve, qui se réunit à Genève, sera composée ainsi qu'il suit, savoir: 8® léger, deux bataillons; 18% un; 32% un; 5* de ligne, un; 11% un; 23% un; 60% deux; 79% deux; 81% deux; 16% un; 145% un; total, quinze bataillons.
D'après la minute. Archives de l'Empire.
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1570. — IXSTRUCTIOXS RELATIVES A LA DÉFEXSE DE LA FROXTIÈRE DU JURA.
AU GÉNÉRAL CLARKE , DUC DE FELTRE , MLMSTRE DE LA GUERRE, A PARIS
Paris, 23 décembre 1813.
Monsieur le Duc de Feltre, il me paraît que la frontière de la Suisse a sa gauche à Huiiingue, son centre à Besançon et sa droite à Genève. La chaîne du Jura règne tout le long de cette frontière et n'a que quatre débouchés : Tun sur Huningue et Belfort, le second par le AIont-Terrible et Blamont sur Besançon, le troisième par Jougne , et le quatrième, qui passe aux Rousses et s'approche de Genève. Faites-moi faire par le comité des fortifications un mémoire sur la défense de cette frontière, accompagné d'un huilé, et faites-moi connaître les fortifications de campagne qu'il conviendrait d'élever à cet effet.
11 paraît que Belfort doit être le point d'appui de la gauche, Besançon celui du centre et Genève celui de la droite. Il faudra que des détachements de ces trois garnisons soient employés à couvrir les cols. Huningue, Landskroon , le château de Joux et Genève sont en première ligne; Belfort, Blamont,
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Salins et le fort de TEcluse en seconde ligne, et Besançon et Pierre-Chàtel en troisième ligne.
Faites-moi connaître dans quel état sont ces places , si elles ont une garnison , un commandant, la situation de leur armement et approvisionnement.
Si la guerre avait lieu sur cette frontière, Auxonne serait un point important. Il y a un arsenal et des établissements qu'il importe de conserver. Auxonne a été une place forte ; il doit être facile de la remettre en état, si on n'a rien démoli. Faites-moi un rapport sur sa situation , ses approvisionnements, sur sa mise en état et sur ce qu'il conviendrait de faire pour conserver ce point sur la Saône.
Il est indispensable d'envoyer sur-le-champ un général de division, le général Alusnier, accompagné d'un officier du génie et d'un officier d'artillerie pris dans les directions, pour parcourir cette frontière et en inspecter les places. Il visitera les forts, organisera les gardes nationales qui devront en former les garnisons, les fera approvisionner et placera des postes détachés sur les cols de la frontière. Ce général sera autorisé à écrire de Belforl aux autorités, préfets, ordonnateurs, maires, etc., pour la formation et la remise de ces approvisionnements.
Le général Musnier aura aussi le commandement du corps de réserve, composé de quinze bataillons,
qui se forme à Genève. Il écrira aux divers dépôts pour accélérer Torganisation de ces bataillons.
^près son inspection, ce général pourra se tenir à Besançon, comme point central de cette frontière. Envoyez directement des ordres aux préfets et aux ordonnateurs pour ce qui concerne la formation de l'approvisionnement de ces places. Il est nécessaire que le génie et l'artillerie ne manquent pas d'argent pour leur mise en état et leur armement.
Faites-moi connaître si les dispositions que j'ai faites pour l'organisation des corps de gardes nationales qui devront être employés à la défense de Belfort, du château de Joux et de Blamont , ont été exécutées.
Vous joindrez à votre rapport sur la frontière de la Suisse un croquis de la frontière des Vosges, et me ferez connaître quels en sont les passages praticables.
XaPOLÉOiV.
D'après la copie Dépôt de la guerre.
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1571. — IXSTRLCTIO-VS POUR LA DÉFEXSE DE LA BELGIQUE ET DE LA HOLLAXDE.
AU GÉNÉRAL CLARKE , DUC DE FELTRE , MIXISTRE DE LA GlERRE, A PARIS.
Paris, 24 décembre 1813.
Monsieur le Duc de Feltre , le général Lefebvre- Desnoëttes, avec une division de la jeune Garde, forte à peu près de 2,000 chevaux et une batterie d'artillerie à cheval , et la division Roguet, forte de trois brigades et de quatorze bataillons, faisante peu près 8 à 9,000 hommes, sont entre Breda et Anvers.
La division Barrois, forte de quatre régiments de la Garde, de douze bataillons et de deux batteries d'artillerie, est à Bruxelles; elle sera, à la fin du mois , forte de 6,000 hommes et , dans les premiers jours de janvier, portée à son grand complet de 9,600 hommes.
Une division de flanqueurs, que commande le général Boyer, se réunit à Lille; il est probable que dans la première quinzaine de janvier elle sera forte de 6,000 hommes.
Enfin, dans la journée d'après-demain 26, le duc de Trévise arrive àXamur avec la division de vieille Garde à pied, forte d'environ 6,000 hommes, et
son artillerie, ainsi qu'avec la division de vieille Garde à cheval et sa balterie à cheval.
Ainsi donc , dans les premiers jours de janvier, il y aura entre TEscaut, la Meuse et Lille, quatre divisions d'infanterie de la Garde, c'est-à-dire un corps d'armée de 30 à 40,000 hommes, soixante et dix à quatre-vingts pièces de canon et 6,000 chevaux.
Cependant le P"" corps d'armée, qui est composé de plus de quarante batailloDs, dont la tète commence à arriver à Anvers, se sera considérablement accru d'ici au 10 janvier. Faites-moi connaître ce que vous supposez qu'il y aura d'arrivé pour cette époque, infanterie et artillerie.
Flessingue a déjà une garnison convenable. J'ai ordonné la formation de deux bataillons au 131% lesquels, recevant beaucoup de conscrits, pourront facilement se compléter et accroître la situation de Flessingue.
Berg-op-Zoom a déjà ])our garnison quelques bataillons du 1" corps qui sont arrivés; je crois qu'au 21 il y avait dans la place près de 3,000 hommes, garnison qui me parait suffisante.
Le général Drouot vous donnera en détail la situation présumée, au 10 janvier, de tous les corps de la Garde dénommés ci-dessus, infanterie , cavalerie , sapeurs et artillerie. Vous me remettrez cet état avec celui du 1" corps, tel que vous le sup-
posez devoir être au 10 janvier; vous y joindrez Télat des j^amisons de Flessingue, do l'île de Walcheren , d'Anvers , etc.
Enfin j'ai beaucoup augmenté le IV corps, que j'ai porté à trois divisions; vous m'en remettrez aussi la situation présumée au 10 janvier. Les mesures qui restent à prendre sont les suivantes :
P Compléter l'approvisionnement de Berg-op- Zoom pour 3,000 hommes pendant six mois, en ayant soin d'avoir de quoi fournir en outre à la consommation journalière, afin que l'approvisionnement reste toujours au complet pour six mois ;
2° Approvisionner Anvers de manière à pouvoir, avec ce qui existe en magasin de réserve, nourrir l'armée et former rapidement l'approvisionnement de Breda, aussitôt que nous nous serons rendus maîtres de cette place.
Quant aux opérations militaires, la première de toutes est de reprendre Breda; ensuite il faut préparer, en avant d'Anvers , des camps dans lesquels une armée de 30 à 40,000 hommes puisse se placer et baraquer, et en même temps tenir l'armée ennemie éloignée au moins de toute la portée des bombes. Je vous ai déjà écrit à ce sujet. Je pense que trois camps, appuyés par des inondations et couverts par trois ou quatre redoutes, rempliraient mon intention. Vous devez donc donner pour instruction au général Maison de ne laisser dans aucun IX. 6
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cas couper son armée crAnvers, afin de pouvoir toujours venir se placer sous la protection de ces redoutes, en avant de la ville. Enfin il faut me remettre la reconnaissance de toutes les positions à occuper, depuis l'Escaut jusqu'à la Meuse, pour couvrir la Belgique, ainsi que de toutes les petites villes et bourgades qui ont une enceinte à retrancher, de manière à les mettre à l'abri de la cavalerie ennemie.
Je suppose que vous avez déjà fixé votre attention sur les mesures à prendre pour avoir à Anvers, à Berg-op-Zoom et à Flessingue, toutes les poudres nécessaires.
Je désire qu'à tous les renseignements que je viens de vous demander vous joigniez un rapport particulier sur Berg-op-Zoom , qui me fasse connaître l'armement nécessaire pour cette place et ce qui existe; les officiers d'artillerie et du génie nécessaires et ceux qui existent; les poudres et tout ce que vous jugez nécessaire pour l'armement et l'approvisionnement de guerre de cette place et ce qui existe; enfin les vivres nécessaires et ce qui existe. Et sans attendre de nouveaux ordres , envoyez un officier de confiance avec les instructions et les pouvoirs nécessaires pour faire entrer dans cette place les poudres, l'artillerie et tout ce qui sera nécessaire. Si l'ennemi devait tenir la campagne, il est probable que Berg-op-Zoom serait la
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première place assiégée ; il faut donc la mettre dans un parfait état de défense.
Napoléon.
D'après la copie. Dépôt de la guerre.
1572. — IXSTRUGTIOXS SLR LA POSITIOX QUE DOIT OCCUPER LE GÉXÉR.^L MAISOX EM AVAXT D'AX- VERS.
AU GÉNÉRAL CLARKE , DUC DE FELTRE , MLMSTRE DE LA GUERRE, A PARIS
Paris, 25 décembre 1813.
Monsieur le Duc de Feltre, Anvers est une place de premier ordre, qui exige au moins 15,000 hommes de garnison. Ces 15,000 hommes, renfermés dans la place, séparés par une grande rivière, seraient bloqués par un nombre égal, au moins sur une rive, et peut-être même par un nombre moindre. Il est probable que ces 15,000 hommes seraient bloqués par 6,000 hommes d'infanterie et 3 ou 4,000 hommes de cavalerie. On suppose que la garnison n'a que 500 chevaux. Si Tarmée assiégeante voulait brûler Anvers , il lui faudrait au moins 25,000 hommes, afin d'appuyer en force les batteries qu'elle établirait. Il ne peut donc pas être question d'étendre les fortifications d'Anvers; elles
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sont sufâsantes. Il faut seulement les perfectionner et les mettre en état. Avec l'immense quantité d'artillerie, de bois et d'ouvriers qui sont dans Anvers, on ne voit pas comment l'ennemi pourrait se rendre maître de la place. Ainsi on ne pense pas que l'ennemi puisse vouloir assiéger la place, mais seulement la brûler, ou, ce qui serait on demi-mal, la masquer et se porter sur nos places du Xord. Xous aurons bientôt une armée de cinquante bataillons avec un équipage de campagne , les bagages et tout ce qui s'ensuit pour défendre Anvers. Si nous sommes supérieurs à l'ennemi , nous le rejetterons au delà du Rhin; si nous lui sommes inférieurs (et nous lui serons certainement inférieurs en cavalerie, s'il porte là des forces considérables), il est probable qu'il tournera la droite d'Anvers par la Campine, menacera d'arriver à iMalines et Bruxelles et mettra l'armée d'Anvers dans une position difficile.
11 convient donc de tracer d'avance un phn définitif.
Doit-on laisser Anvers livré à ses propres forces? L'armée doit-elle se reployer sur Bruxelles et insensiblement sur notre frontière du \ord , puisque ce n'est que sur cette frontière qu'on trouve les inondations, les places et les secours d'une population active et zélée? Celte frontière appuie sa gauche à Dunkerque et sa droite à la Meuse et à Charle-
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mont. Si on se portail jusque-là, indépendamment de la perte de la Belgique, ce qui serait une perte d'une grande considération, il faudrait laisser des garnisons à Anvers, Ostende, \ieupor et au fort Impérial. L'armée serait ainsi excessivement réduite par des forces mortes. Le parti le plus convenable est donc que Tarmée reste devant Anvers, ayant une bonne garnison dans Berg-op-Zoom , et dans le fort de Bath une communication assurée avec Flessingue et le fort Impérial , et des moyens de marine considérables sur TEscaut. Cette armée ne peut être ce qu'on appelle bloquée. Alais, quelque grande que soit la place d'Anvers, une armée y mettrait le désordre, y perdrait son énergie et sa position offensive, et, si l'ennemi jetait des bombes et des fusées incendiaires, la confusion dans la ville et dans l'armée serait à son comble. La position naturelle de l'armée est dans l'espace entre le canal Herenthals et l'inondation de la citadelle ; c'est un espace de 3,000 toises, couvrant deux grands faubourgs ou villages. Je pense que l'armée doit baraquer dans cet espace avec son artillerie, ses bagages, et être en position offensive. Elle <loit se couvrir d'abord par des redoutes, distantes l'une de l'autre de 500 toises, ce qui en exigera «ept. Ces redoutes doivent être placée en crémaillère , avoir 40 toises de côté intérieur et être parfaitement palissadées. Chacune de ces re-
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(^oiites aurait donc, sur les trois côtés, 120 toises de développement. C'est à l'ingénieur à les établir en carré ou en trapèze, suivant les localités. Sur ces 120 toises de développement, on peut établir jusqu'à quarante bouches à feu de 36, 24 ou 18 et une grande quantité d'obusiers et de petits mortiers, vu les immenses ressources de la marine en canons et en canonniers. En supposant vingt bouches à feu dans chacune de ces redoutes, cela ferait l'emploi de cent quarante bouches à feu, ce qui exigerait, par redoute, une compagnie de 120 marins faisant le service de canonniers ; on y ajouterait une compagnie d'infanterie, ce qui ferait 7 à 800 hommes pour les sept redoutes. 500 ouvriers, en cinq jours, peuvent faire une redoute; ainsi 3,500 ouvriers, en cinq ou six jours, couvriraient tout le front du camp. L'immense quantité de bois et d'ouvriers de la marine donnerait une grande facilité pour les palissades, et les palissades font la force des redoutes. L'armée, en luiit jours, peut donc se retrancher et se trouver à Tabri d'une attaque d'une force supérieure. Je ne vois pas comment l'ennemi, n'ayant qu'un équipage de campagne, pourrait attaquer ce camp retranché. 11 ne peut attaquer à la fois toutes les redoutes ; il en attaquera quatre et dirigera quarante bouches à feu sur chacune, ce qui exigera cent soixante bouches à feu. Or cent soixante bouches à feu sont l'équipage
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d'une grande armée et non d'une armée comme celle qui serait devant Anvers, qui ne peut être que de second ordre. Ces quatre redoutes répondront par quatre-vingts bouclies à feu, et l'équipage de l'armée, de cent cinquante pièces de canon, étant mobile, se porterait dans les intervalles. Indépendamment de cela, on peut augmenter encore l'artillerie des redoutes attaquées. Une place comme Anvers a une grande quantité de pièces de 12 et d'obusiers qui ne sont point attelés et qu'on porterait facilement avec les chevaux des caissons; on renforcerait ainsi de dix à douze pièces de canon les redoutes attaquées. Je regarde donc ce camp comme inattaquable; 25 ou 35,000 hommes y seraient à l'abri d'une attaque par une armée de 50 ou 60,000 hommes. Rien n'empêche de mettre dans l'intervalle six autres redoutes, de sorte qu'elles ne fussent plus éloignées les unes des autres que de 200 toises; ce serait alors tout à fait inattaquable. Je ne parle pas de l'ouverture de la tranchée devant ce camp ; ce serait une chose auda'^ieuse et insensée devant une armée qui a des outils et toutes les ressources d'une place comme Anvers. Ou l'armée culbuterait les tranchées de l'ennemi, ou elle attaquerait en cheminant; et, comme elle aurait une grande quantité d'artillerie et un immense approvisionnement, ces attaques se feraient avec le plus grand avantage. Ainsi ce camp
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serait inattaquable et rennemi le respecterait. Oserait-il alors, devant une armée baraquée et en bataille, se porter sur la Belgique, et mépriser, non une ville, mais l'armée qui y serait campée? Ce serait lui supposer plusieurs armées, et, dans ce cas même, Tarmée de la Belgique serait compromise le jour où celle restée devant Anvers serait battue. Il conviendra d'avoir un camp en avant de Merxem, qui appuiera ses deux flancs aux inondations de droite et de gauche, dont le front pourrait être couvert par trois redoutes. On aurait un second camp en avant de Deurne, couvert également par trois redoutes qui serviraient de tète de pont en avant de l'inondation. Indépendamment de ces positions, il faudrait couvrir par sept redoutes de campagne tout l'espace entre l'inondation du haut Escaut et celle deHerenthals. On tiendrait ainsi l'ennemi éloigné et l'armée dans une position inattaquable, en lai conservant sa mobilité. Il est nécessaire que les deux ponts volants soient toujours en activité, indépendamment des batelets qui servent au passage, parce qu'on peut passer sur ces deux ponts une grande quantité de chevaux et d'hommes. C'est dans ce sens que vous devez donner des instrucfions au commandant de l'armée d'Anvers.
D après la minute Archives de l'Empire.
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1573. — VOTES RELATIVES A LA FORMATIOX Dl\E ARMÉE DE RÉSERVE A PARIS.
Paris, 26 décembre 1813.
Le prince de \euchàtel ira au bureau de la jjuerre , afin de voir comment on pourrait former une armée de réserve qui devra être à Paris du 15 au 20 janvier; elle sera composée ainsi qu'il suit :
Infanterie. Une division de la ligne, savoir : le 6 bataillon du 29' léger; le 7* du 12^ léger; un bataillon composé de deux compagnies du -5' bataillon de chacun des 2% 14^ et 1 5* légers ; un bataillon du 5* léger qui viendra de Cherbourg; total, quatre bataillons d'infanterie légère.
A nommer deux majors, quatre chefs de balail Ion et un général de brigade.
Le 8^ bataillon du 32^ de ligne; le 6' du 58'; les 1'% 3^ et 4r' du 113*; un bataillon composé de deux compagnies du 5' bataillon du 135'; deux compagnies du 155'; total, six bataillons.
A nommer deux majors et un général de brigade.
W. Gérard verra à prendre dans les 14% 15% 13*, 12' et 22' divisions militaires ce qui sera nécessaire pour compléter vingt-huit bataillons.
- Accélérez l'arrivée des bataillons que les dépôts doivent fournir à la Grande Armée et qui sont désignés pour arriver à Paris.
Cela fermera trois brigades commandées par un général de division.
Cavalerie. Il y a dans la P' division militaire ... ' hommes et 5 à 600 chevaux. Les ordres seront expédiés aux commandants des dépots pour que, sous trois jours, les préfets montent les hommes qui sont aux dépôts. M. Gérard les formera par escadrons et par compagnies. Ils se rendront à Versailles; ils formeront une brigade sous les ordres d'un général qui sera désigné.
A l'égard de ceux qui sont déjà à Paris, faire connaître à l'administration s'ils ont des selles au dépôt ; en faire fournira Versailles s'ils n'en ont pas.
Tout cela doit être prêt au 5 janvier.
Donner les mêmes ordres à AJAÎ. les préfets dans les 15% 1-4- et 22* divisions militaires.
On donnera l'ordre aux préfets de prendre les chevaux des particuliers, motivé sur la nécessité de battre les plaines de Champagne.
\h se rendront à Versailles ; ils formeront la 2' division de la réserve de l'intérieur.
\ oir dans les dépôts de l'armée d'Espagne : il doit y avoir 3,000 horiimes; les faire diriger sur Versailles, où ils formeront une division ou deux brigades de cavalerie.
On nommera un général de division et deux généraux de brigade pour les commander.
1 Lacune dans le texte. *"
Savoir s'il y a des harnachements et équipements aux dépcMs, ou y pourvoir à Paris. Voir les moyens d'avoir des chevaux, afln d'en avoir 6,000 à Versailles.
II sera donc nécessaire que les ministres fassent faire six mille selles prêtes à Paris; les commander sur-le-champ.
Artillerie. Voir le bureau de Tartillerie; former trois batteries à pied de vingt-quatre pièces, deux batteries à cheval de douze pièces; total, trente-six pièces. Le matériel doit exister à la Fère ; s'il n'y en a pas, faire venir des chevaux de Douai pour en amener des côtes de l'ouest. Tout cela devra être rendu du 5 au 10 à la Fère.
Faire connaître le lieu d'où Ton tirera les cinq compagnies ; il est préférable de les tirer des côtes. Xommer un général d'artillerie pour commander.
Les harnais ne manquent pas à Paris. Un simple approvisionnement se trouvera réuni à Paris.
Les 5 à 600 chevaux d'artillerie, s'ils n'existent pas, seront levés dans les départements les plus à proximité de la Fère.
Pour cette armée on peut employer des généraux qui ne sont pas encore entièrement réta])lis de leurs blessures.
Approvisionnements . Voir le bureau de l'artillerie; faire des dispositions pour avoir à la Fère quinze à vingt mille coups de canon et sept à huit
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mille à Vincennes, et un million de cartouches dans ces deux endroits.
Génie. Avoir à Vincennes et à la Fère 20,000 outils de pionniers. Les compagnies de sapeurs de la vieille Garde feront partie de cette armée. On créera de nouvelles compagnies de sapeurs à Paris.
Gardes Jiationales. Voir le ministre de Tintérieur, afin de lever dans les 1'% 14' et 15' divisions militaires autant de gardes nationales qu'on en a levé dans les départements de TAlsace, population pour population , ce qui doit former environ -25,000 gardes nationaux , qui feront partie de Tarmée de réserve.
Administration. Voir le ministre de l'administration de la guerre; qu'il fasse monter des ateliers pour faire 30,000 habits. Quant aux capotes, on y pourvoira avec des draps de toute couleur et de toute espèce.
A défaut de draps pour les habits, on ferait des vestes à manches en tricot, avec une capote.
On remplacera ce qui manquerait de buffleterie blanche par la buffleterie noire.
Envoyer des estafettes extraordinaires aux préfets et aux commandants militaires pour presser l'arrivée des conscrits de la levée des 300,000 hommes qui doivent être fournis à la jeune Garde.
D'après la copie. Dépôt de la -jucrre.
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157V. — DISPOSITIO.VS POUR METTRE E\ ÉTAT DE DÉI'EXSE LAXGRES ET LE COURS DE LA SAOXE.
KOTE POUR LE DUC DE FELTUE , MINISTRE DE LA GlERRE , A PARIS.
Paris, 6 janvier 1814.
Il faudrait envoyer un officier du génie avec des fonds pour mettre Langres à l'abri d'un coup de main.
Envoyez aussi un des généraux que vous m'avez proposés pour commander à Langres et y organiser les gardes nationales de la ville.
Il faut former les cohortes des gardes nationales des environs, les mettre en activité et les réunir là avec une douzaine de pièces de canon pour armer la ville.
11 faudrait connaître le nombre de fusils de chasse ijue l'on a; il doit y en avoir dans beaucoup d'endroits. Il faudrait en envoyer pour armer les gardes nationales de ce département et de celui des Vosges. Si on n'avait pas de fusils de chasse, on poiurait disposer de qi.'elques autres fusils pour Langres, car ce point est important.
' On réunirait à Langres la gendarmerie de Vcsoul
et des départements qu'occupe l'ennemi, de ma-