OTE POUR LA DÉFEXSE DE PARIS
Paris, 30 mai 1815.
Je calcule, pour les ouvrages qui défendent Paris, un homme par toise, un autre homme de réserve pour les points les plus menacés et les plus à la convenance de l'ennemi, et un homme de réserve dans la ville. Ce qui ferait, l'enceinte étant de 12,000 toises, 36,000 hommes, dont 12,000 de service dans les ouvrages, 12,000 en réserve pour secourir les ouvrages, et 12,000 dans la ville.
Je pense que sur la rive qui ne serait pas menacée, un demi-homme ou un tiers d'homme serait suffisant : on peut supposer que quelques hommes de cavalerie s'étendent sur les deux rives, mais il est impossible que 150,000 hommes viennent se placer partout.
L'enceinte, s'il n'y avait aucun obstacle, serait de 24,000 toises; maisHaxo calculera de combien elle serait ici : il faut dépasser la Marne, Saint-Denis, Cbarenton, Vincennes , ce qui pourrait faire peutêtre une circonférence de -40,000 toises. 11 faudra donc supposer qu'avec une armée de 150,000 hommes, l'ennemi se divisera en trois ou quatre corps pour bloquer Paris.
J'ai toujours vu le génie, dans le tracé des ouvrages de campagne, faire ses plates-formes de ma-
nicre que l'ingénieur désigne par là les emplacements pour le canon. C'est une fausse mesure d'envisager ainsi l'armement : ilfaut que l'on puisse mettre du canon autant que l'ouvrage peut en contenir, d'après le principe que l'on se bat à coups de canon comme on se bat à coups de poing. Je voudrais donc que les ouvrages de campagne eussent une batterie continue, de manière à pouvoir mettre sur une face douze à quinze pièces de canon.
D'après la copie. Dépôt de la guerre.