‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 104 sur 199 · C28. — 3« DULLETIIV DE LA GRANDE ARMÉE · texte numérisé non relu

C28. — 3« DULLETIIV DE LA GRANDE ARMÉE

Ziismarsliauseii, IS vendémiaire au XIV (10 octobre 1S05).

Le niaréclial Soult a poursuivi la division autrichienne qui s'était réfugiée à Aichach , l'a chassée, et est entré, le 17 à midi, à Angshourg avec les divisions Vandamme , Saint-Hilaire et Legrand.

Le 17 au soir, le maréchal Davout, qui a passé le Danuhe à Neuhurg, est arrivé à Aichach avec ses trois divisions.

Le général illarmont, avec les divisions Boudet, Grouchy, et la division batave du général Dumonceau, a passé le Danube et pris position entre Aichach et Augsbourg.

Enfin le corps d'armée du maréchal liernadotte, avec l'armée bavaroise, commandée par les généraux Deroy et Wrede, a pris position à Ingolstadt. La garde im|)ériale, commandée par le maréchal Bessières , s'est rendue à Augsbourg, ainsi que la division de cuirassiers aux ordres du général d'Hautpoul.

Le prince i\Iurat, avec les divisions de dragons de Klein et de Beaumont et la division de carabiniers et de cuirassiers du général JVansouty, s'est porté en toute diligence au village de Zusniarshausen , pour intercepter la route d'Llm à Augsbourg.

Le maréchal Lannes , avec la division de grena-

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diers d'Oudinot el avec la division Suchet, a pris poste le même jour an village de Ziismarshausen.

L'Empereur a passe en revue les dragons, au village de Zusmarsliausen ; il s'est fait présenter le nommé Marente, dragon du 4' régiment, un des plus braves soldats de l'armée, qui , au passage du Lech , avait sauvé son capitaine qui, peu de jours auparavant, l'avait cassé de son grade de sous-officier. Sa Majesté lui a donné l'aigle de la Légion d'honneur. Ce brave soldat a répondu: « Je n'ai fait « que mon devoir; mon capitaine m'avait cassé tt pour quelque faute de discipline ; mais il sait que «j'ai toujours été un bon soldat. »

L'Empereur a ensuite témoigné aux dragons sa satisfaction de la conduite qu'ils ont tenue au combat de Wertingen. Il s'est fait présenter, par régiment, un dragon, auquel il a également donné l'aigle de la Légion d'honneur.

Sa Majesté a témoigné sa satisfaction aux grenadiers de la division Oudinot. Il est impossible de voir une troupe plus belle, plus animée du désir de se mesurer avec l'ennemi , plus remplie d'honneur et de cet enthousiasme militaire qui est le présage des plus grands succès.

Jusqu'à ce que l'on puisse donner une relation détaillée du combat de Wertingen, il est convenable d'en dire quelques mots dans ce bulletin.

Le colonel Arrighi a chaigé, avec son régiment

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de dragons, le régiment de cuirassiers dn duc Albert. La mêlée a été très-chaude ; le colonel Arriglii a eu son cheval tué sous lui : son rcgin)ent a redoublé d'audace pour le sauver. Le colonel IJeauniont, du 10' de hussards, animé de cet esprit vraiment français, a saisi, au milieu des rangs ennemis, un capitaine de cuirassiers, qu'il a pris lui-même après avoir sabré un cavalier.

Le colonel Alaupetit , à la tête du 9' de dragons, a chargé dans le village de U'erlingen; blessé mortellement, son dernier mot a été : « Que l'Empe- « reur soit instruit que le 9" de dragons a été digne « de sa réputation, et qu'il a chargé et vaincu aux « cris de : Vire l'Empereur ! »

Cette colonne de grenadiers, l'élite de l'armée ennemie, s'étant formée en carré de quatre bataillons, a été enfoncée et sabrée. Le 2' régiment de dragons a chargé dans le bois.

La division Oudinot frémissait de l'éloignement qui l'empêchait encore de se mesurer avec l'ennemi ; mais, à sa vue seule, les Autrichiens accélérèrent leur retraite; une seule brigade a pu donner.

Tous les canons , tous les drapeaux , presque tous les officiers du corps ennemi qui a combattu à W'ertingen ont été pris; un grand nombre a été tué : 2 lieutenants-colonels, G majors, 60 officiers et 4,000 soldats sont restés en noire pouvoir; le reste

a été éparpillé, et ce qui a pu échappera dû son salut à un marais qui a arrêté une colonne qui tournait l'ennemi.

Le chef d'escadron Exelmans, aide de camp de S, A. S. le prince Murât, a eu deux clievaux tués. C'est lui qui a apporté les drapeaux à l'Empereur, qui lui a dit : « Je sais qu'on ne peut être plus « hrave que vous ; je vous fais officier de la Légion « d'honneur, w

Le maréchal Ney, de son côté, avec les divisions Malher, Dupont et Loison, la division de dragons à pied du général Baraguey d'Hilliers et la division Gazan , a remonté le Danuhe, et attaqué l'ennemi sur sa position de Gûnzhurg. Il est cinq heures, le canon se fait entendre.

Il pleut beajicoup, mais cela ne ralentit pas les marches forcées de la grande armée. L'Empereur donne l'exemple; à cheval jour et nuit, il est toujours au milieu des troupes et partout où sa présence est nécessaire. Il a fait hier quatorze lieues à cheval; il a couché dans un petit village, sans domestique et sans aucune espèce de bagage. Cependant l'évêquc d'Augshourg avait fait illuminer son palais et attendu Sa Majesté une partie de la nuit.

Moniteur du 24 vendémiaire an XIV.

(En mloate au Dépôt de la gaerre.)

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C29. — AU MARÉCHAL BEfiXADOTTI'l.

Quartier impérial, Augsbourg, 19 vendémiaire an XIV (11 octobre 1805), 8 heures du matin.

Mon Cousin, j'espère que, si l'ennemi n'est point en force, vous arriverez à Munich aujourd'hui ; s'il vous en disputait l'entrée, ce qu'il pourra faire au plus avec 18 ou 20,000 hommes, j'espère que vous en aurez lion compte. Dans ce cas, il vaut mieux arriver un jour plus tard et bien prendre ses dispositions pour le bien battre. Il nous est nécessaire d'avoir Munich, comme centre de nouvelles, de renseignements et de l'organisation du pays.

Il y a eu deux combats dans lesquels nous avons eu du succès : à Wcrtingen, le nombre des prisonniers, compté un à un, a été de 3,800, dont 80 officiers; à Giinzburg , le nombre de prisonniers a été de 1,100.

Le maréchal Davout sera ce soir, avec son corps, àDachau; le maréchal Soult sera ce soir à Landsberg. Vous vous trouverez donc couvert de ces deux côtés. Envoyez un de vos officiers du génie à Ingolstadt, pour voir s'il serait possible de mettre promptement ce poste à l'abri d'un coup de main.

Les Bavarois doivent procurer beaucoup de renseignements ; comme ils sont du pays, vous pouvez en faire facilement des détachements en forme de

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patrouilles, pour éclairer. Faites aussi éclairer le cours de l'Isar jjisqu'au point où il se jette dans le Danube, car je ne veux point d'ennemis entre le Lech etrisar. Xe vous laissez point tourner par votre flanc gauche; et, si l'ennemi prétendait passer entre vous et le Danube, mettez-vous sur-le-champ à sa poursuite et gagnez-le avant qu'il soit au Lech.

Napoléon.

Corani. par S. \l. le roi de Suède.

(Ed minute aax Arch. de l'ICmp.]

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