AU MARECHAL BERMADOTTE
Quartier impérial, Augsbourg, 19 vciuléraiairean XIV (11 octobre 1S05), 3 heures après raidi.
Hlon Cousin, je vous ai expédié à huit heures du matin' un aide de cnmp du maréchal Mortier. Pour être plus sûr qu'il vous arrivât, je l'ai fait passer par vos derrières. Ayant tout lieu de penser que vous êtes en ce moment à Munich, je m'empresse de vous écrire pour vous faire connaître que le maréchal Davout sera ce soir, avec son corps d'armée, à Dachau ; le maréchal Soult à Landsberg, et qu'ainsi vous serez couvert de ces deux côtés. L'armée du prince Ferdinand , dont plusieurs divisions ont été battues à Wertingen et àGûnzburg, ne peut plus retourner en Bavière, étant coupée; et le prince Murât, avec les dragons et les corps des maréchaux Lannes et Ney, est à sa poursuite. Mon intention est
* Voir pièce n" 629.
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que vous nie dél)ciiTassiez de toute espèce d'ennemis entre Tlsar et le Lech. Etendez-vous par des patrouilles composées de Bavarois, c'est-à-dire de gens du pays, le long de l'Isar, et appuyez même votre gauche par un corps à Freising, si vous le jugez nécessaire. Ce corps vous servirait d'avantgarde si vous deviez marcher par votre gauche. Je vous laisse maître de tous vos mouvements; mais mon intention est que vous ne vous laissiez pas tourner par votre gauche, et que, si cola arrivait, vous vous arrangiez de manière à être arrivé sur le Danube avant l'ennemi, pour protéger votre corps d'Ingolstadt, et, si l'ennemi avait trop pris d'avance sur vous, pour être au moins sur le Lech avant lui, afin de protéger mon pont de Rain, Je vous adresserai demain des ordres suivant les circonstances de ce grand théâtre de guerre qui varie atout nionient. Préparez-vous, après avoir pris haleine un moment, à jeter l'ennemi au delà de l'Inn , dont je veux surprendre le passage avant qu'il puisse être défendu en règle. Je n'ai pas besoin de vous dire que tout votre corps d'armée doit constamment être réuni autour de vous, et que les Bavarois doivent fournir tous les détachements. Faites-leur comprendre que c'est un honneur que vous leur faites et un égard que vous leur témoignez, comme étant chez eux. On m'assure qu'il n'y a personne à Passau, Si les bourgeois pouvaient s'emparer de la forteresse, on
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s'arrangerait pour les secourir en vingt-quatre heures, l'ar là le passage de l'Inn serait ouvert. Que les Bavarois envoient aux magistrats du pays un homme intelligent, pour cet effet. Quant à votre conduite à Munich, faites faire du pain en assez grande quantité, car tout le monde en a hesoin. Le général Deroy a sans doute des instructions de l'Électeur. Xommez à Munich un commandant attaché à la cause. Organisez seulement le militaire. Je vous adresserai, aussitôt que je saurai votre entrée à Munich, des ordres pour l'organisation du civil comme il doit être. Alunich est un centre de renseignements. Prenez àlaposteles lettres destinées pour les officiers autrichiens et russes et envoyez-moi l'extrait de ce qui peut m'instruire du mouvement des ennemis. Prenez aussi toutes les informations possihles sur la force du corps autrichien qui est en Souahe, régiment par régiment. La régence de Munich doit tout savoir, puisqu'elle les a tous nourris. Xe dormez pas que vous ne m'ayez envoyé tous ces détails. Attachez-vous aussi à me faire connaître la force du corps de Kienmayer entre l'Isar et rinn. Parlez-moi aussi, positivement, de ces cèlèhres Russes. J'attendrai cela pour prendre un parti. J'irai à eux avec 90,000 hommes, et j'espère, avec l'aide de Dieu, leur faire continuer leur route pour France. Envoyez-moi l'état des généraux et régiments havarois que vous avez laissés à Ingolstadt et in, 18
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l'état de ceux que vous avez avec vous. Vous ne me dites pas si vous avez laissé de la cavalerie et de rartillerie au corps du général Rivaud. Un régiment de cavalerie et sept à huit pièces d'artillerie lui sont absolument nécessaires.
IVapoléoj).
Comm. par S. M. le roi de Suède.
(En mioate aux Aich. de l'Emp.)