PROCL.'\MATIO:V
Quartier impérial, Elcliingen, 29 vendémiaire an XIV (21 oclobre 1805).
Soldats de la Grande Armée, en quinze jours nous avons fait une campagne. Ce que nous nous proposions est rempli. \'ous avons chassé les troupes de la liaison d'Autriche de la Bavière, et rétabli notre allié dans la souveraineté de ses Etats. Cette armée qui, avec autant d'ostentation que d'imprudence, était venue se placer sur nos frontières, est anéantie. Mais qu'importe à l'Angleterre? Son but est rempli. ÏVous ne sommes plus à Boulogne, et son subside ne sera ni plus ni moins grand.
De 100,000 hommes qui composaient cette armée, GO, 000 sont prisonniers; ils iront remplacer nos conscrits dans les travaux de nos campagnes: deux cents pièces de canon, tout le parc, 90 drapeaux , tous les généraux sont en notre pouvoir; il
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ne s'est pas échappé de cette armée 1 5,000 hommes.
Soldats, je vous avais annoncé une grande bataille; mais, grâce aux mauvaises combinaisons de l'ennemi, j'ai pu obtenir les mêmes succès sans courir aucune chance; et, ce qui est sans exemple dans l'histoire des nations, un aussi grand résultat ne nous affaiblit pas de plus de 1,500 hommes hors de combat.
Soldats, ce succès est dû à votre confiance sans bornes dans votre Empereur, à votre patience à supporter les fatigues et les privations de toute espèce, à votre rare intrépidité.
?ilais nous ne nous arrêterons pas là : vous êtes impatients de commencer une seconde campagne. Cette armée russe que l'or de l'Angleterre a transportée des extrémités de l'univers, nous allons lui faire éprouver le même sort. A ce combat est attaché plus spécialement l'honneur de l'infanterie; c'est là que va se décider pour la seconde fois cette question qui Ta déjà été en Suisse et en Hollande : si l'infanterie française est la seconde ou la première de l'Europe. II n'y a point là de généraux contre lesquels je puisse avoir de la gloire à acquérir; tout mon soin sera d'obtenir la victoire avec le moins possible d'effusion de sang; mes soldats sont
mes enfants.
A'afoléom.
Moniteur du 4 brumaire an XIV.
(Euminule au Dt'pût de la gocrre.)