AU GEXERAL MARMOXT
Scliœnbrunn, 23 brumaire an XIU (14 novembre 1805), 1 heure après midi.
Monsieur le Général Marmont, le prince Charles était le 1" novembre à Caldiero; on n'avait point encore alors de nouvelles en Italie qu'il y eut eu un détachement fait depuis peu de jours. Il serait possible que les ti'oupes que vous avez devant vous fussent 12,000 hommes détachés depuis bien du temps sur Salzburg, et qui depuis l'auraient été sur Leoben. Toutefois la division Gudin sera ce soir à Neustadt et se mettra en communication avec vous. Votre position militaire est sur les hauteurs entre Leoben et Bruck, au pendant des eaux; c'est là seulement que vous devez vous battre : la division Gudin .serait à vous dans une marche.
Vous comprendrez facilement qu'aujourd'hui mon intention n'est pas d'être l'agresseur dans la Styrie, au moins de quelques jours. Les corps des mare-
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chaux Lannes, Soult, Bernadotte et une partie de ma cavalerie investissent l'armée russe et forcent de marche pour l'atteindre. Je suis fondé à espérer qu'avant cinq ou six jours je- lui aurai fait un mauvais parti. Le corps du maréchal Xcy est encore dans le Tyrol ; le corps du maréchal Augereau, au delà de l'Inn ; et le corps du maréchal Davout, à Vienne. Ne vous battez donc que dans la position que je vous ai indiquée, et plus tard vous serez attaqué, plus cela sera dans mes projets; car, dans peu de jours, vous deviendrez l'avant-garde d'une armée de 60,000 hommes si cela devient nécessaire.
J'ai pris à Vienne tout l'arsenal , tous les magasins d'artillerie; les canons, fusils et munitions de toute espèce sont par milliers et milliers. Envoyez des parlementaires; dites que je suis maître de Vienne, que je négocie un arrangement; que l'on s'arrête, de part et d'autre, où l'on est, pour ne pas verser le sang. Gagnez du temps; et par ces com- Dîunications, que doit désirer le corps qui vous est opposé pour avoir des nouvelles, sachez qui vous avez devant vous.
i\apoléo\.
Coium. par M. le baron Profcescli d'Osten. (En minule anx Arch. de l'Emp.)
C97. — AU MARECHAL LAWES.
Camp impérial de Schœnbrunn, 23 brumaire an XIV (14 novembre 1805).
Mon Cousin , je reçois votre lettre. Je ne conçois pas pourquoi vous avez laissé échapper 8,000 hommes et ce beau régiment de cuirassiers; il fallait toujours les prendre, jusqu'à ce que vous eussiez reçu mon ordre. Cette complaisance est d'autant plus mal placée qu'ils n'ont pas livré le pont, mais qu'il a été forcé, tant par adresse que par les circonstances impérieuses de leur capitale. Le général Milhaud a pris aujourd'hui, à mi-chemin de lirûnn, trente pièces de canon attelées, et à midi il avait fait 600 prisonniers. Désarmez vos bataillons autrichiens de Stockerau ; dirigez-les sur Linz, d'où ils seront envoyés à Braunau, et de là en France, Il ne faut pas les faire passer par Vienne.
J'apprends que vous avez trouvé de bonnes chaussures ; je suis bien aise que vos braves grenadiers soient bien ; j'espère qu'il n'y aura plus de traîneurs. Point de ridicules ménagements ; on est toujours à temps d'être généreux. Le parc qui était à la tête du pont est en notre pouvoir. Xous avons trouvé un arsenal immense.
Je n'ajoute pas foi aux renseignements (jue vous avez sur les Russes. Hier à dix heures du matin, ils
cnt évacué Kieins et Slein ; les maréchaux Mortier et Bernadette étaient à leur poursuite. Vous aurez vu, par les renseignements du maréchal Mortier que j'ai envoyés au prince .Murât, qu'ils marchaient en efiét sur deux colonnes. Ils ont l'art de se faire croire nombreux; mais soyez assuré qu'ils ne sont pas en tout plus de 30,000 hommes. S'il est arrivé à Znaym une colonne russe, c'est une colonne de 6,000 hommes, qui était attendue depuis longtemps.
Conim. par M. le duc de Moiitcbella 'En minute aux Arch. de l'Emp.)