A L'ARMEE
Au biuouac, 10 frimaire an XIV [l" décembre 1805).
Soldats, l'armée russe se présente devant vous pour venger l'armée autrichienne d'Llm. Ce sont ces mêmes bataillons que vous avez battus à Hollabrunn, et que depuis vous avez constamment poursuivis jusqu'ici.
Les positions que nous occupons sont formidables; et, pendant qu'ils marcheront pour tourner ma droite, ils me présenteront le flanc.
Soldats, je dirigerai moi-même tous vos bataillons ; je me tiendrai loin du feu, si, avec votre bravoure accoutumée, vous portez le désordre et la confusion dans les rangs ennemis; mais, si la victoire était un moment incertaine, vous verriez votre Empereur s'exposer aux premiers coups, car la victoire ne saurait hésiter, dans cette journée sur-
1 Des lettres analogues ont été envoyées au maréchal Davout, au maréchal Mortier, aux généraux Boyer et Alarniont.
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tout OÙ il y va de l'honneur de l'infanterie française, qui importe tant à l'honneur de toule la nation.
Que, sous prétexte d'emmener les hlessés, on ne dégarnisse pas les rangs, et que chacun soit hien pénétré de cette pensée, qu'il faut vaincre ces stipendiés de l'Angleterre qui sont animes d'une si grande haine contre notre nation.
Cette victoire finira notre campagne, et nous pourrons reprendre nos quartiers d'iiiver, où nous serons joints par les nouvelles armées qui se forment en France; et alors la paix que je ferai sera digne de mon peuple, de vous et de moi,
Napoléon.
Moniteur (lu 25 fi-imaire an XIV.
(Eo minute aa Depût de la gacrre.)