‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 37 sur 199 · AU PRI\CE EUGÈNE · texte numérisé non relu

AU PRI\CE EUGÈNE

Carap de Boulogne; 27 août 1805.

Mon Cousin, les grands préparatifs de l'Autriche me portent à penser que vérilablement elle veut la guerre, vœu insensé dont elle doit redouter l'accomplissement. Toutefois ces mouvements sont trop considérables. Je les suis de l'œil avec une grande attention. Le maréchal Jourdan, dans des circon-

stances aussi imporfanles, ne connaît pas assez le pays, n'a pas assez de vigueur, et a trop la réputation (le se décourager facilement, pour que je puisse lui confier une armée aussi intéressante. Je suis dans l'intention de vous envoyer le général Masséna, qui a plus de caractère, et une connaissance parfaite des lieux.

Toutes les troupes qui sont en Piémont, à Gènes et en Etrnrie, se mettent en route pour se rendre à Brescia, et moi-même, avec 150,000 hommes, je me porte sur le Rhin. Toutes vos troupes italiennes doivent être parties pour le royaume de JVaples. Je n'ai pas besoin de vous dire que ces renseignements sont pour vous seul, et que personne ne doit les lire ni s'en douter.

Je vois avec plaisir que votre séjour soit à Monza. Partez-en dans une sorte d'incognito ; allez voir la Rocca d'Anfo , Peschiera, le château de Vérone, Legnago, Alantoue et Pizzighettone. Cette course faite, peu de jours après, faites-en une autre et reconnaissez vous-même l'Adda depuis le lac jusqu'à Lodi. Donnez ordre à l'officier qui commande l'artillerie et au ministre de la guerre de se rendre dans ces places. Voyez les magasins; assurez-vous s'ils sont bien tenus et s'ils renferment les approvisionnements qui doivent y être; donnez-en la garde aux commandants des places de ÎVIantoue, Peschiera et Legnago, en leur faisant connaître que, sous

quelque prétexte que ce soit, on ne doit y toucher qu'en cas de siège. Visitez aussi les magasins d'artillerie. Mantoue a besoin de douze mortiers, Peschiera de six ; les autres places ont besoin d'obusiers. Quelques pièces de campagne suffisent pour la défense du petit château de Pavie ; tout le reste doit être distribué dans vos places.

Ignorez ce que je vous dis dmuaréch;il Jourdan; s'il est avec vous, ayez d'autant plus de déférence pour lui que la guerre menace. Si la guerre commence, le bataillon de grenadiers français que vous avez deviendra nécessaire à l'armée. Je verrais donc avec grand intérêt que les vélites et les gardes d'honneur commençassent à s'organiser, pour qu'ils puissent vous servir. Dans tous les cas, ayez à Alonza au moins deux escadrons de votre régiment de dragons, une portion de la gendarmerie d'élite que je vous ai laissée, une demi-compagnie d'artillerie légère avec six pièces attelées, et, enfin, gardez avec vous une portion des deux détachements de ma Garde à pied que je vous ai laissés ; faites-les habiller, la garde impériale vous en tiendra compte. Quand vous serez à Mantoue, écrivez-moi en détail sur la situation où se trouve Pietole.

Comm. par S.A. 1. M™" la duchesse de Leuchteiiberg.

[1805] DE NAPOLEOM 1". 17":

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