‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 39 sur 199 · AU GICXÉR'^L DEJEAN · texte numérisé non relu

AU GICXÉR'^L DEJEAN

Camp de Boulofjiie, 10 fructidor an XIII (28 août 1805).

Monsieur Dejean, le ministre de la guerre a dû vous faire passer différents ordres pour mettre en état de faire la guerre mes armées d'Italie et du Rhin ; vous pouvez la regarder comme certaine. J'ai donné des ordres pour pourvoir aux capotes et souliers nécessaires à l'armée. Faites-moi connaître si vous avez quelque chose de disponible à Paris. J'ai besoin que vous donniez des ordres à tous les régiments de cavalerie de se remonter à toute force. Je nevoispasd'inconvénient à leur distribuer pour cela un million. J'ai mis à votre disposition une somme extraordinaire de 2,200,000 francs, dont un million pour l'achat de chevaux du train et de l'artillerie et 1,200,000 francs pour lescapoteset souliers. Occupez-vous des cliarrois; faites construire à Sampigny. Il y a un marché pour des transports ici ; voyez à lui donner une plus grande extension. J'imagine que

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VOUS avez pourvu à ce que j'aie du biscuit à Mayence et Strasbourg; j'en ai ici beaucoup. Il faut faire manger la partie faite depuis vingt mois; il restera ici plus de vingt mille bouches; la partie qui est faite depuis douze mois pourra être conservée. Il se peut que les affaires s'arrangent après quelques batailles, et que je revienne sur la côte. Faites liàter la fourniture de draps de l'an XIV ; c'est de la plus grande urgence.

Vous allez avoir dans toute la 5* division militaire, depuis Alayence jusqu'à Scbelestadt, 5 à 6,000 chevaux d'artillerie, 9,000 chevaux de dragons, 8 ou 9,000 de chasseurs et de hussards, 4 à 5,000 de grosse cavalerie et 1,500 de la Garde, indépendamment de tous ceux de l'état-major. Je désire que le service soit fait par la même admiiiistration qu'à Boulogne, surtout pour le pain et la viande. Ne perdez pas un moment à faire accaparer des vins et des eaux-de-vie à Landau, Strasbourg et Spire. Landau sera un des principaux points de rassemblement. J'imagine que Vanlerberghe envoie à Strasbourg les mêmes individus qu'à Boulogne. Les premières divisions sont parties; voyez-le pour cela. Je vous ai demandé 500,000 rations de biscuit à Strasbourg; je ne verrais pas d'inconvénient à les diviser ainsi : 200,000 à Strasbourg; 200,000 à Landau, et 100,000 à Spire. J'attends de vous deux états, dont le premier me fasse connaître le nombre

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existant de chevaux propres au service de cliaque régiment de cavalerie, ce qui existe en caisse de leur masse, et l'état des chevaux qu'ils peuvent se procurer; le second état me fera connaître la situation de l'habillement de tous les corps de la Grande Armée, et le temps où ils auront l'habillement de l'an XIV.

Le ministre de la guerre vous aura envoyé l'organisation de la Grande Armée partagée en sept corps'. Pensez aux ambulances, et occupez-vous sans délai des détails de l'organisation de cette immense armée. Je vous dirai, mais pour vous seul, que je compte passer le Rhin le 5 vendémiaire; organisez tout en conséquence. Il me reste à vous ajouter que cette lettre doit être pour vous seul, et qu'elle ne doit être lue par personne. Dissimulez, dites que je fais seulement marcher 30,000 hommes pour garantir mes frontières du Rhin. Avec les chefs de service auxquels on ne peut rien dissimuler, vous leur ferez sentir l'importance de dire la même chose que vous.

Napoléon.

Coinm. par M. Louis Barbier.

(En minute aai Arch. de TEmp.)

Voir pièce n" 558,

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