AU MARECHAL MASSE.VA
COMMANDANT EN CHEF l'aRMÉE d'itALIE , A VALEGGIO. Saint-Cloud, I" jour complémentaire an XIII (18 septembre 1805).
Mon Cousin, j'ai reçu votre lettre du 24 fructidor. Le ministre de la guerre me rend compte qu'un grand nombre de généraux de division, de généraux de brigade, d'adjudants commandants, d'officiers d'artillerie, sont en marche pour se rendre à votre armée. J'espère qu'à l'heure où vous recevrez cette lettre, les corps qui se trouvaient dans la 27' division militaire, ceux mêmes qui étaient à Livourne, à
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Gènes , en Corse et dans le Valais , vous auront joint, .l'ai appris que les bataillons du 20'^ régiment de ligne, qui étaient en Corse, avaient débarqué à Gènes. Le 4'' bataillon de ce régiment, qui était à l'île d'Elbe , a reçu l'ordre de débarquer à Piombino et de vous joindre. Plusieurs régiments de dragons doivent également être arrivés à Turin. Le ministre de la guerre vous aura fait connaître mes intentions pour la campagne. Je ne doute point que l'ennemi, qui ne peut tarder à voir le déploiement de mes forces en Allemagne , ne soit obligé de dégarnir son armée d'Italie pour défendre Vienne. Les Russes , qui entrent en Gallicie , sont encore très-éloignés; j'espère avoir obtenu des succès marquants avant leur arrivée. Vous aurez vu, par vos instructions, que 500 Français et 800 Italiens sont suffisants à Legnago ; qu'une moindre garnison suffit h Peschiera; que 7,000 hommes sont suffisants àMantoue, et que vous ne devez les y jeter que lorsque vous serez obligé de laisser cette place à elle-même. Vous devez avoir près de 60,000 hommes sous vos ordres; c'est un tiers de plus que je n'ai jamais eu. Je ne puis trop vous recommander de ne pas vous disséminer. A mon sens , si vous pouvez parvenir à vous emparer de Vérone, vous aurez là une très- bonne défensive. Je suis fondé à penser que tout ce que les Autrichiens ont à Trente ne tardera pas à se replier sur Inspruck à marches forcées. Les lieux où vous
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êtes sont pleins de votre gloire. Je vous réitère que les digues de Legnago doivent être coupées en cas de siège. J'ai fait approvisionner les places de Legnago et de Pescliiera à un peu pins qu'il n'est nécessaire, parce que j'ai pensé qu'on pourrait se trouver obligé de fournir quelques jours de vivres à l'armée dans des circonstances impérieuses.
Je compte passer le Rhin le 5 vendémiaire. Je ne m'arrêterai pas que je ne sois sur l'Inn , et plus loin. Je me confie h votre bravoure et à vos talents. Gagnez-moi des victoires.
Napoléom.
Dépôt de la guerre.