AU MARtCCH.AL SOLLT
Quartier impérial, Aalen, 14 vendémiaire an XLV (6 octobre 1805).
Mon Cousin , je reçois votre lettre à mon arrivée à Aalen. Le prince Murât est en grande marche avec toutes les divisions de dragons pour se rendre de Neresheim à Donauwœrth ; il y sera ce soir, ou demain matin à la pointe du jour. Du moment que mes pontons seront arrivés, dirigez -les sur Donauwœrth au pont de Harburg, à deux lieues de Donauwœrth, et faites reconnaître la route qui devrait les conduire au delà de l'embouchure du Lech, du côté de Bertolzheim. Mon intention est de jeter mes ponts de bateaux au delà de l'embouchure du Lech , afin de tourner cette position ; mais, si je puis surprendre le pont de Donauwœrth, cela ne
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m'empêchera pas d'en profiter siir-le-rliamp. Le maréclial Davout va sans doute chercher à s'emparer du pont de iVeuburg. Faites reconnaître la meilleure position , entre remi)oucluire du Lech et Neuburg, où on pourrait tenter le passage. Je pars dans une heure pour Nœrdiingen, où je serai à trois ou quatre heures après midi ; ne manquez pas de m'y envoyer des nouvelles.
Napoléox.
Dépôt (le la guerre.
6Î0. — l^r BL'LLETIM DK LA GRAXDE ARMEE.
Kœrdiiugeu, 15 vendémiaire au XIV (1 octobre 1805).
L'Empereur est parti de Paris le 2 vendémiaire et est arrivé le -4 à Strasbourg.
Le maréchal Bernadotte qui, au moment où l'armée était partie de Boulogne, s'était porté de Hanovre sur Gœttingen , s'est mis en marche par Francfort pour se rendre à Wurzburg, où il est arrivé le 1" vendémiaire.
Le général iVIarmont, qui était arrivé à Mayence, a passé le Rhin sur le pont de Cassel et s'est dirigé sur Wurzburg, où il a fait sa jonction avec l'armée bavaroise et le corps du maréchal Bernadotte.
Le corps du maréchal Davout a passé le Rhin
î:92 C0RRESP0\DA\'CE MILIT.\IKE [1S05]
le -4, à Manlieim , et s'est porté, jiar Heidelberg et JVeckarelz, sur le iVcckar.
Le corps du maréchal Soult a passé le Rliin le même jour, sur 1p pont qui a été jeté à Spire, et s'est porté sur Heilbronn.
Le corps du maréchal Xey a passé le Rhin le même jour, sur le pont qui a été jeté vis-à-vis de Durlach, et s'est porté à Stuttgart.
Le corps du maréchal Lannes a passé le Rhin à Kehl le 3, et s'est rendu à Ludwigsburg.
Le prince Murât, avec la réserve de cavalerie, a passé le Rhin à Kehl le 3, et est resté en position pendant plusieurs jours devant les débouchés de la forêt Noire; ses patrouilles, qui se montraient fréquemment aux patrouilles ennemies, leur ont fait croire que nous voulions pénétrer par ces débouchés.
Le grand parc de l'armée a passé le Rhin à Kehl le 8 , et s'est rendu à Heilbronn.
L'Empereur a passé le Rhin à Kehl le 9, a couché à Ettlingen le même jour, y a reçu l'électeur et les princes de Bade, et s'est rendu à Ludwigsburg chez l'électeur de Wurtemberg, dans le palais duquel il a logé.
Le 10, les corps du maréchal Bernadotte et du général Marmont , et les Bavarois, qui étaient à Wûrzburg, se sont réunis et se sont mis on marche pour se rendre sur le Danube.
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Le corj;s du niarôclial Davout s'est mis en marche deNeckarelzeta suivi la route de Mœckmûhl, Ingelfingen , Crailsheim , Dinkelsbiilil , Fremdingen, OEltingen, Harburg et Donauwœrth.
Le corps du maréchal Soult s'est mis en marche de Heilbronn et a suivi la route d'OEringen, Hall, Gaildorf, Abtsgmûnd, Aalen et Xœrdlingen.
Le corps du maréchal Xey s'est mis en marche sur Stuttgart et a suivi la route d'Esslingen, Gœppingen, Weissenstein, Heidenheim, Xoresheim et Kœrdlingen.
Le corps du maréchal Lannes s'est mis en marche de Luduigsburg et a suivi la route de Beutelsbach, Pliiderhausen, Gmûnd , Aalen et Xœrdlingen.
Voici la position de l'armée au 14 :
Le corps du maréchal Bernadotte et les Bavarois étaient à Weissenburg.
Le corps du général Alarmont, à \\"assertrûndingen.
Le corps du maréchal Davout, à OEttingen, à cheval sur la \\ œrnitz.
Le corps du maréchal Soiilt, à Donauuœrlh, maitre du pont de Aliinster, et faisant rétablir celui de Donauuœrth.
Le corps du maréchal Ney, à Geislingen.
Le corps du maréchal Lannes, à Xoresheim.
Le prince Murât, avec ses dragons, bordant le Danube.
294 COItKESPO\DA.\CE MILITAIRE [1805]
L'armée est pleine de santé et brûlant du désir d'en venir aux mains.
L'ennemi s'était avancé jusqu'aux débouchés de la forêt Noire, où il parait qu'il voulait se maintenir et nous empêcher de pénétrer. Il avait fait foiiifier riller. Memmingen et Llm se fortifiaient en grande hâte.
Les patrouilles qui battent là campagne assurent qu'il a contremandé ses projets et qu'il parait fort déconcerté par nos mouvements, aussi nouveaux qu'inattendus.
Les patrouilles françaises et ennemies se sont souvent rencontrées. Dans ces rencontres, nous avons fait 40 prisonniers du régiment à cheval de Latour.
Ce grand et vaste mouvement nous a porlés en peu de jours en Bavière, nous a fait éviter les montagnes Noires, la ligne des rivières parallèles qui se jettent dans la vallée du Danube, l'inconvénient attaché à un système d'opérations qui auraient toujours en flanc les débouchés du Tyrol , et, enfin, nous a placés à plusieurs marches derrière l'ennemi , qui n'a pas de temps à perdre pour éviter sa perte entière.
Moniteur du 21 vendémiaire an XIV.
(Eominule au Dépùt de la (guerre.)
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