‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 46 sur 201 · Philippe le Magnanime, landgrave de Hesse · texte numérisé non relu

Philippe le Magnanime, landgrave de Hesse

3. D'Ë^mont rejoignît l'armée de Charles-Quint près d'Ingol^tadt, le 16 septembre, avec 12000 fantassins et 8000 cavaliers, selon Thirlby. (Dépêche de Thirlby à Paget, State Papers, t. XI, pp. 31«16.)

4. Guillaume IV, duc de Clèves, de Berg et de Juliers, duc de Gueldre (1539-1592).

5. Ferdinand, frère de Charles-Quint, avait sept filles, Talnée, Elisabeth, née en 1525, la plus jeune, Marguerite, née en 1536.

16 NÉGOCIATIONS DE [juillet 1546]

pereur, lequel voyant son intention frustrée quant audict mariage en avoyt faict ung aultre de ladicte fille du roy des Romains avec le filz du duc de Bavières qui avoyt esté accompli avec grand feste et grand triumphe, et qu'il se lenoyt pour certain que le mariage d'une aultre fille du roy des Romains estoyt conelud avec le fîlz du duc de Savoye * auquel l'empereur a donné son ordre. Quelque temps après ce propos finy m'a dicl, Syre, que vous feriez fort bien et vous et luy de penser de bonne heure aulx entreprises que l'on pourroyt faire et qu'il sçavoyt certainement que le pape et l'empereur avoint faict ligue qui avoyt esté publiée en Itallye, et par la publication d'icelle estoyt porté de faire guerre non seulement aulx princes allemanlz, mais aussy à tous ceulx qui leur adhéreroint ou assisteroint en quelque manière que ce feust, et que ceste ligue estoyt entre les ducz de Ferrare * et de Mantoue ' par une compréhension par laquelle ils estoint tenus de faire chaschun certaine contribution en ceste guerre d'Allemaigne, et que les Vénitiens estant grandement sollicités de la part du pape pour entrer dans ladite ligue contre les protestants que ledict Sainct-Père leur remonstroyt cstre jugez héréticques avoint faict responce qu'ils ne sçavoint sy lesdicts protestants estoint hérétiques ou non et que au regard d'eulx ils ne les pouvoint estimer tels jusqu'à ce qu'ils en eussent veu la détermination d'ung concilie général à laquelle ils adhéreroint et se conformeroint, et que avec telle response lesdicts Vénitiens s' estoint exemptés d'entrer en ladicte ligue. Me disant en oultre, Syre, qu'il estoyt bien asseuré que plusieurs desdits princes d'Allemaigne s'attendoint bien d'estre secouruz de vous ù leur besoing et qu'il ne sçavoyt ce que vous délibériez de faire. » A quoi Selve a répondu que le roi n'avait pas coutume de refuser à ceux qu'il savait être ses amis les secours que ses alliances avec les autres princes lui permettaient de prêter. « Et après ceste response, » continue-t-il, « il m'a demandé sy vous teniés pas tousjours quelchun devers lesdits princes d'Allemaigne pour l'entreteneraent et amytié que vous aviés avec aulchuns d'eulx, me disant que vous y en aviés de présent ung qu'il ne pouvoyt nommer et qu'il pençoyt bien que vous en y pouvyezbien avoyr encores quelques aultres. » Après tous ces propos, le roi d'Angleterre a prié l'ambassadeur d'offrir de sa part au roi des lévriers pour la chasse et lui a demandé d'écrire au roi que les sujets anglais prisonniers à Harfleur et à Dieppe étaient très inhumainement traités et que plusieurs avaient même été mis sur les galères du roi : le roi d'Angleterre, si l'on adoucissait leur sort, serait prêt à faire meilleur traitement réciproqoe aux prisonniers français, xouveiie» a Syre, l'on m'a ces jours passés adverly qu'il estoyt venu nouvelles

d'ECOSM.

1. Emmanuel-Philibert, dnc de Savoie (1553-1580), Ois de Charles III, duc de Savoie (1504-1553).

Page 1