CXXVIII. — i6 mars
B. M. R., ms. Y. 241 (12). — Autographe.
BERRYER A MIROMESNIL
Suitte de mon vo'iage pour justifier la conduitte du Parlement.
J’ay reçu, Monsieur, les deux lettres que vous m’avez fait l’honneur [de m’écrire]. Je ne suis point étonné de la manière dont les choses ont tourné : il faut bien que les affaires aillent suivant le mouvement qu’on leur donne, et vous sçavez ce que j’en pensois d’avance (i). Au sur-
(t) Il semble bien que Berryer n’approuve pas la réponse du Roy au Premier Président; dans la lettre précédente, Saint-Florentin n’a pas caché ses sentiments; le duc de Choiseul dira tout à l’heure qu’il ne connaît rien à ces matières, et il est évident que les ministres de la guerre et de la marine consultés tiendraient le même langage. C’est donc à Lamoignon ou à Bertin qu’il faut attribuer l’intransigeance et les formes mortifiantes de la résistance du Roi. Dans une autre circonstance, Lamoignon nous a appris déjà que la lettre du 7 novembre lui avait été dictée (p. 280). 11 faudrait donc imputer 1 attitude du ministère au Contrôleur général, à moins qu elle ne soit l’effet de la volonté royale elle-même.
plus, Je n’ay pointvu l’arresté, et jusques à présent il n’en a point été question. Je seray toujours fort aise des occasions qui me procureront de recevoir de vos nouvelles et de vous renouveller les assurances du très sincère attachement, avec lequel je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Berry ER.
Ce i6 mars 1761 .