CCCXLVI. — 28 décembre
B. M. R., ms. Y. 241 (8). — Autographe, non signé.
UAVERDY A MIROMESNIL.
// nC annonce que la déclaration du 21 novem^ bre iy63 est enregistrée à Bordeaux.
Ce billet doit être du 2S décembre iy63.
Au milieu de mes chagrins. Monsieur, ce m'est une consolation de pouvoir vous asseurer que Bordeaux vient d^enregistrer la déclaration, et la multitude d*affairesdont je suis accablé ne me permet que de vous réitérer. . .
CCCXLVII. — 29 décembre 1763.
B. M. R., ms. Y 342 (8). — Minute : « A M. Delaverdy
le 29 décembre 1763. »
MIROMESNIL A L'AVERDY
Monsieur,
Je reçois dans le moment Tavenissement que vous voulés bien me donner, au sujet de Tenregistrement que le Parlement de Bordeaux a fait de la déclaration du Roy du 21 novembre dernier, je vous en rends mille grâces.
Je suis touché, comme je le dois, que vous trouviez quelque satisfaction dans la correspondance que vous avés bien voulu établir avec moy, et je vous jure qu'il ne dépendra pas de moy de vous y en faire trouver encore davantage. Si je ne le fais pas, comptés, je vous prie, sur mon zèle et même sur mon attachement le plus sincère; vous gagnés mon cœur par votre franchise et par votre confiance, et je sens que j'aurai avec vous le plaisir de faire par amitié et par inclination ce que j'aurois fait par devoir et par zèle pour le service d\i Roy ei de PEtat. Permettes moy. Monsieur, de m'exprimer ainsi, et, puisque la franchise est votre caractère, trouvés bon que je prenne la liberté de vous parler à cœur ouvert. Je vois avec peine que vous vous livrés trop au chagrin de votre position, et je ne puis me refuser de vous dire qu'il faut vous mettre au dessus de cette impression, qu'il faut non
seulement la combattre mais encore la disriper entièrement. Votts «imés te bien, wns avés les lumière» «éowsaires pour le connoître et les talens qu'il faut pour le faire. La Providence a permis que vous fwsîes porté malgré vous à la tête des affaires les plus épineuses, il faut vous soumettre à sa volonté et espérer qu'elle vous donnera les moyçns 4e iteUîr tout. Be grâce, faites usage de toute la force de votre etprit pour soutenir votre courage et pour ne vous occuper que de vaincre les obstacles que vous,pp«rr^ r^pnponu-er. Up affWPf étoient en pire état qu'elles ne sont, .lorsque M. de Sully parvint à les rétablir.
Quelques uns de M«du Parlement de Rouen ont voulu me Mtmer d»*»oir écdt au Roy, quoiqa^îls aiant approuvé ma letire en elle aiéme, mais cc\û n'a pas pris, et f apprends-qtie le grand nombre m'approuve, et que ceux qui d'abord rt'avoient désapprouvé reviennent au sentimem du grand nombre. Le public, qui désire le rétablissoment du Parlement, est content de la démarche que j'ay faite, et j'apprends que les esprits même de M» du Parlement oommencent à s^adoudr sur la déclaration, i-e commence à opérer, mais ^ ne vous donne cecy que comme une ^mple conjecture, et je ne crois pouvoir vous rien assufer que lorsque j'aurai vu M^ de Viarmes qui reviendra vraisemblablement aujourdhuy ou demain. Au surplus j'aurai grand sQÎn de me conduire de manière à luy laisser penser qu'il aura tout fiiit, afin de luy donner encore plue de aèle.
Soyés persuadé, Monsieur, que rien ne me coûtera pour bien servir le Roy et l'Etat, ainsi que pour vous prouver les atAtimens que vous m'inspires et le respect aveclequd....
SI
CCCKLVIIL — 29 décembre 1763.
B. M. R.^ ms. Y. 241 (8). — Autographe.
L'AVERCY A MIROMESNIL.
Me marque quHl craint de ne pouvoir obtenir que Von 4onne pour Rouen des lettres patentes différentes de celles données pour les autres parlements.
Je ne me défie pas de la Providence, Monsieur, et ne m'ea dtf erai jamais, puisque, après mon obéissance contrainte, je me sois Mwri sans réserve à la besogne et que, malgré tant d^incidens^ je n''ai pas encore perdu la tranquillité d^âme, -quoiqu^avec un vrai fonds de chagrin. Mais fe ne livre pas trop aux espérances^ dans un moment où il n^est pas encore clair si elle veut nous perdre ou nous sauver. Je serois sans doute trop heureux de contribuer au salut de i'Etat, mais comment y parvenir? Au surplus vous me rappelés ce vers,
7*11 ne cède malis, sed contra audentior ito.
Une chose qui m'inquiette, ce sont les changemens que V0U6 pronoystiqués nécessaires à ces lettres patentes, décidées et arrêtées pour tous les parlemens successivement qui en ont besoin : car je pcévois aisément que je n^ pourrai pas parvenir, vu la peine que j^aurai à vous les faire adresser, attendid que chacun a ses idées, et que les uns sont plus touchés comme moi de la nécessité de rétablir le calme, et les autoes de celle de soutenir Tautorité. Reœvés de nouveau les asseurances du respectueux attachement avec Jequel je suis. . .
PE l'Avsudy.
Paris, 29 décembre 1763.