‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de NormandieChapitre 88 sur 127 · CCLXXI. — 22 août · texte numérisé non relu

CCLXXI. — 22 août

H. M. R., ms. Y. 07 tl, 99). — Minute, autographe.

Aiant reçu rrdre de me rendre à Versailles, ainsi que plusieurs autres mai^nstrats du Parlement, je prie Monsieur le Chancelier de suspendre de faire usage de mj démission, jusqu à ce que le Parlement soit rentré dans ses fonctions, attendu qu'il seroit contraire au bien du service de Sa Majesté de séparer mon sort de celui de mescmifrùres dans une pareille circonstance.

(O Apres rcnrjgistrcinent en lit de justice du 3i mai, il s'ctaii borne a l'envoi ,ie remontrances. *

Î4I B. de M. Lormier. — Original, autographe (i).

MIROMESNIL A LAMOIGNON

MoNSErGNEUR,

J^ai reçu ce matin la lettre que vous m^avés fait Thonneur de m^écrire par le courrier de M. leducd'Harcourr. Quoique je ne me porte pas très'bien, ma fièvre est passée, et, quand elle ne le seroit pas, je me rendrai aux ordres du Roy. M. de Saint-Floreniin me marque que S. M. me permet de m^excuser de faire le voiage si ma santé l'exige, mais je ne suis point assés malade pour profiter delà grâce que le Roy veut bien me faire, et j'obéirai comme je le dois.

J'ai eu rhonneur de vous écrire hyer pour vous prier d^engager le Roy à recevoir ma démission, mais, comme j'apprens que S. M. me mande avec plusieurs de M" du Parlement, je crois qu'il ne convient pas que je quitte dans ce moment-cy. C'est pour quoi je vous prie de ne point présenter au Roy ma lettre, ou, si vous la lui avés présentée, de le suplier de ne point accepter quand à présent ma démission, et de vouloir bien en suspendre Teffet jusques au moment où le Parlement rentrera dans ses fonctions. Je sens que jusques à ce moment il seroit contre Tintérét de Sa Majesté de séparer, dans la circonstance présente, mon sort de celui des autres magistrats du Parlement.

Je suis, avec respea,...

MlROMENIL.

Ce 22 aoust 1763.

(1) En marge, de la main de Lamoignon : « Rép[onduJ 23 aoust 1763. » — Même observation que pour la lettre CCLXVI.

Je fais pari ausii à M. de Saint-Florentin fitc je ik ptHse plus à mt retirer, étant mandé avec Vautres iiugistrats de ma Compagnie pour rendre compte au Roy de ma conduitte.

MOKSIEUK,

M. Ig duc d'Harcoun m'a fait rcmeitrc vos deux lent«a du 31 et m'a fui pan des ordres que vous lui «véi

. Comme, lorsque vous avés expédié ces ordres, vous n'aviéspas re^u mon courrier qui vous a porté la nouvelle Je la séparntion du Parlemeni, M. le duc d'Harcoun a pensii qu'il convenoii de dilférer jusques à son retour l'exécution des ordres.

Au surplus, je m'y conformerai.

Je suis heureux que le Roy daigne jetter sur moi des regards assés favorables pour rendre justice à mon profond respect pour sa personne et à mon zèle pour son service. Je me rendrai is. Versailles dès que les ordres du Roy auront été notifiés à ceux de M" du Parlement auxquels ils doivent être adressés et qui nesontplusà Rouen, attendu que je ne crois pas qu'il convienne que j'y aille seul.

Je viens d'écrire à M. le Chancelier pour le prier de suspendre de présenter au Roy ma démission; il serait contre les intérêts de Sa Majesté de séparer à présent mon sort de celui de M" du Parlement.

Je suis, avec respect,...

CCLXXIII. — 22 août 1763.

B. M- R., ms. Y, 67 (I, 97). — Minute^ autographe.

MIROMESNIL A BERTIN

Aiant reçu Fordre du Roy pour me mander à Versailles afin de rendre compte de ma conduitte, et aprenant que plusieurs magistrats de ma Compagnie avoient reçu les mêmes ordres, /écrivis à M, le Chancelier que dans une pareille circonstance je ne pouvois plus penser à me retirer, et j'en fis part à M. Bertin.

22 aoust 1763.

Monsieur,

Votre lettre d^hyer, que j'ai reçue ce matin par le courrier de M. le duc d'Harcourt, m'a fait grand plaisir puisque vous rendes justice à mes sentiments.

Le Parlement étant séparé, le greftier de la grande chambre est absent, et il faut que M. le duc l'envoie chercher à sa campagne, car Tordre du Roy étant adressé à lui seul, un autre ne pourroit pas s'en charger sans risque. Cest pourquoi M. le duc d'Harcourt a pris le party de différer l'exécution des ordres jusques à l'arrivée du greffier, ce qui donne le temps d'attendre le retour du courrier que je vous ai envoie de concert avec M. le duc, samedy, pour vous annoncer la séparation du Parlement (i).

J^écris à M. le Chancelier pour le prier de suspendre de présenter au Roy ma démission, parce que dans ce moment cy Tintérét de Sa Majesté ne permet pas de séparer mon sort de celui des autres magistrats du Parlement.

(1) Elle avait eu lieu la veille, le vendredi 19.

Je me rendrai à Versailles dès que les ordres pour cela auront été notifiés aux autres mandés, et je tascherai d'aller en même temps que ceux qui sont icy. Car il ne seroit pas sage que je fusse seul, et il y en a quelques-uns qui sont déjà partis pour leurs campagnes, qu^il faut qui aient le temps de recevoir leurs ordres.

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