‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier pr��sident du Parlement de NormandieChapitre 74 sur 99 · CXV. — 9 février · texte numérisé non relu

CXV. — 9 février

B. M. R., ms. Y. 241 (is).~ Minute: « à M. de Saint-Florentin 1

sans date.

MIROMESNIL A SAINT-FLORENTIN

Monsieur,

J'ay eu bien de l'inquiétude pendant le tems qui a précédé rassemblée de ce matin. La fermentation que je remarquois dans les esprits me faisoit craindre que ma Compagnie ne prit quelque parti violent ; les uns parloient de donner leur démission, d'autres de quitter le service, d'autres de faire un arrêté portant que les remontrances que le Roy nous a rendues seroient conservées pour être de nouveau présentées au Roy dans un tems plus favorable.

Enfin, au moment oti je m'y attendois le moins. Ton a proposé de me prier d'aller à Versailles justiffier la G>mpagnie dans l'esprit du Roy. Cet avis d'abord n'avoit pas

été proposé par mes amis, et Ton avoit envie d'y ajouter des accessoires qui ne paroissoient tendre qu^à me compromettre ou à me forcer de refuser la commission; mais, dés que les gens raisonnables ont vu que, quelque péril- ^leuse qu^elle leur parût, mon attachement pour ma Compagnie m'engageoit à Taccepter malgré le danger, ils ont été touchés de ma bonne volonté, et ils ont tous rejette ce qui auroit pu la rendre fâcheuse et n^ont voulu faire qu^un arrêté très simple.

Il est à désirer. Monsieur, que le Roy me permette de faire le voiage; cette circonstance peut servir à pacifier bien des choses et je m^estimerois bien heureux si Dieu me faisoit la grâce d'y contribuer.

Je vous suplie que cette lettre soit pour vous seul, car, si elle sortoit de vos mains et que quelques-uns de ces messieurs en eussent jamais connoissance je perdrois le fruit de tout ce que j*ay fait pour gagner la confiance de ma Compagnie.

Je suis, etc.

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