‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 106 sur 211 · CLXXI — LOUIS XV AU CHEVALIER D'ÉOX · texte numérisé non relu

CLXXI — LOUIS XV AU CHEVALIER D'ÉOX

[DëpàCdei affaire! ëtrtngéres. — Mémoires de et ton, t. I, p. 203.]

Le sieur d'Eon recevra mes ordres par le canal du comte de Broglie ou de M. Tercier sur des reconnoissances

à faire en Angleterre , soit sur les côtes, soit dans Tintérieur du pays, et se conformera à tout ce qui lui sera prescrit à cet égard, comme si je le lui marquois directement. Mon intention est qu'il garde le plus profond secret sur cette affaire et qu'il n'en donne connoissance à parsonne qui vive, pas même à mes ministres, nulle part.

11 recevra un chiffre particulier pour entretenir la correspondance relative à cet objet et sous des adresses qui lui seront indiquées par le comte de Broglic ou le sieur Tercier, et il leur procurera par ce chiifre toutes les connoissances qu'il pourra se procurer sur les vues que l'Angleterre suivra,, tant par rapport à la Russie et à la Pologne, que dans le Nord et dans toute l'Allemagne, qu'il croira intéresser mon service pour lequel je connois son zèle et soh attachement ^

Versailles , ce 3 juin 1763.

CLXXIL — TERCIER AU CHEVALIER D'ÉOX.

[Gaillardet, Mémoire» de d'Éon , t. I.]

10 juin 1763.

Le Roi m'a appelé ce matin auprès de lui, je l'ai trouvé fort pâle et fort agité. Il m'a dit d'une voix altérée qu'il craignait que le secret de notre correspondance n'eût été violé. H m'a raconté qu'ayant soupe il y a quelques jours en téte-à-tete avec madame de Pompadour, il fut pris de sommeil à la suite d'un léger excès, dont il ne croit pas la marquise tout à fait innocente. Celle-ci aurait profité de ce sommeil pour lui enlever la clef d'un meuble particulier que Sa Majesté tient fermé pour tout le monde, et aùFsdt

^ Le 5 juio, le conle ciu Broglic éprivit à d'Éon de surveiller les vues du futur amlMissadeur, M. de (îuerchy, de prendre un logement séparé, etde s*y retirer avec son cousin d'Éon de Mouloise et M. de la Roiièref et de- veiller à ce que la correspondance secrète ne tofolkât en aocuae msiii élraqgèro, surtout en celle» de rainbasndciu». (Gaîllardet, Mémoires dt d'Éon ^ t. I, p. 291.)

pris coiinoissaace de vos relations avec M. le comte de Broglie. Sa Majesté le soupçoniie d'après corlains îiidices de désordre remarqués par elle dans ses papiers. En conséqucDce elle me charge de irovs reoommaader la plus grande prudence et la plus grande discrétion vis^vis de son amlMissadeor qui va partir po«r Londres , et qu'elle a lieu de croire tout dévoué à M. le duc de Prasiin et i madame de Pompadour. Aussi Sa Majesté a-t-elle positivement déclaré qu'elle ne se seroit jamais déterminée à l'envoyer en Angleterre si elle ne comploit entièrement sur vous.

GLXXllI. — LOUIS XV A TERGIER.

[Aatogr. Arcb. de l'Emp. K. 157.]

Ce 18 juin 1763.

Je vous envoie pour 1,500 livres de coupons qui, je croy, sont échus présentement Je vous en envoieres au premier jour pour 10,058 livres, quiserontsacquitable en juillet

GLXXIV. ^ LOUIS XV A M. MUiAND.

[Copie. Arcb. de l'Emp. K. \S1 '.]

26 juin 1763.

Monsieur Durand , le comte de Broglie m'ayant rendu compte de l'idée que vous lui aves fak naître sur les moyens les plus propres à emploier pour s'opposer à l'ambition et à l'arrogance de la nation aogloise, j'ay approuvé les plans qu'il m'a proposé à cet égard, et je lui ai or« donné d'y travailler. Je lui ai prescrit de n'en communiquer qu'avec vous et avec le sieur d'Eon et Tercier. Mais comme je suis instruit des connoissances que vous aves sur cet objet et de l'utilité dont vous pouvies y être,

^ Gelfe copie a éfé faite, suivant une note du comte de Broglie, sur Torigih1 ^ui était leité entre les namt de M. Dunnd.

j'ay voulu vous mander directement que vous travailUes de concert avec le comte de Broglie et le sieur Tercier à tout ce qui pourra y avoir rapport , et que vous leur commuuiquies tout ce qui s'y pourroit trouver de relatif dans le dépost des affaires étrangères dont vous êtes chargé, et sauf que ce que vous pourez découvrir sur les affaires politiques dont ils ont la direction. Vous observeres toujours le secret ^e plus exact vis à vis qui que ce soit autres que ceux nommés cy dessus. Louis.

Fait à Saint-Hubért, le 5 juin.

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