CLXXXVIII. — LOUIS XV A TERCIER
[Aatogr. Arcb. de l'Emp. K. 167.]
A Fontainebleau, ce 3 novembre 1763.
Guimard doit vous avoir mandé la catastrophe de votre paquet du 5 aoust, où étoit contenu une lettre du comte de Broglie, avec un projet d'une pour le sieur d'Eon, dont vous m'avies reparlé, et que je n'avois pu retourner, ny par conséquent vous renvoier. Je vous l'envoie présentement, quoique devenue inutile, jo pense, par le retour du sieur d'Eon. Certainement le paquet n'a été vu de personne et étoit dans tout son entier.
QJCXXIX. -^ LOUIS XV A TERGIER.
[Aotogr. Arch. de lEm^. K. 157.]
Ge 4 novembre 1763.
Je prends le parti d'écrire à Guerchy ' et je lui ordonne le secret pour tout le monde sans rien excepter. Je lui mande de garder tous ces papiers chez lui cacheptés jusqu'à ce qu'il revienne à Paris pour le petit voiage qu'il se propose d'y faire tous les ans.
CXC. — LOIIS XV AU œilTK DE GUKRCHY s. [Dëpôtdes aflaires ëtrangèrcf. Mim. de étÉon, t. 1, p. 358.]
Foolaineblcau, la 4 novembre 1763.
Monsieur le comte , M. le duc de Praslin vous transmet aujourd'hui une demande d'extradition adressée par nous aux ministres de notre frère S. &L le Roi de la Grande- Bretagne relativement à la personne du sieur d'Eon de Beaumont. Si, comme nous le pensons, Sa Majesté Britannique fait droit à cette demande, ce nous sera une chose particulièrement agréable que vous conservies par devers vous les papiers que vous pourrez trouver chei le
1 De Gaerchy. — Voici comment M. de Praslin jugeait M. Je Gaerchy dans une lettre au duc de Nivernais, datée de Versailles, le 8 janvier 1763. I Je suis toujours fort occupé de Guerchy; je ne sais cependant si nous lai rendrons un bon office en le faisant ambassadeur à liondres : je crains ses dépêches comme le feu , et vous saves combien les dépêches déparent un honnme et sa besogne quand elles ne sont pas bien faites. On juge souvent moins un ministre sur la manière dont il fait les aiïaires que sur le compte qn'il en rend. Je crois que notre cher ami fera bien : je ne crois pss en avoir de meilleur à employer, mais il ne sait pas du loot écrire, nous ne saurions nous abuser là-dessus. D*un autre côté, je ne voudrois pas qu'il se ruinât , mon pauvre Gucrcy. Vous faites monter la dépense fi deux cent mille livres ; cela ne m'effraye pas. Je puis lui donner cent cinquante mille livres d'appointements et cinquante mille livres de gratification; mais je ne saarois lui donner, à ce pauvre cher ami , plus de deux cent mille livres de première mise ; c'est le traitement le plus fort, v
2 L'authenticité de cette lettre est attestée par la précédente.
CORHKSPOXDAXCK SICORÈTIi:. 363
Meor d'Eoo j sans les oommaBiquer à personne. Noqs désirons qu'ils soient tenus secrets pour tout le monde sans, attcue exception , et que lesdils papiers , préalablement et soigneusement cachetés, demeurent entre vos mains jusqu'à votre prochain voyage annuel que vous les remettrez à notre peraomie directement.
Il nous est revenu que le sieur Honin , votre secrétaire avoit quelque connoissance du lieu où ces papiers pouvoient avoir été déposés par le chevalier d'Eon. S'il est vrai que le sieur Monin possède quelques notions à cet égard , nous vous prions de nous le faire savoir après lui avoir communiqué cette lettre de notre main ; le faisant vous nous agréerez spécialement.