‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 145 sur 211 · CCXLII.— DÉOX AU COMTE DE DROGUE · texte numérisé non relu

CCXLII.— DÉOX AU COMTE DE DROGUE

[En ërritare fymptthiqae. — Mémoires » t. II. p. 63.]

Londres , le 2 novembre 1704 , au soir.

Enfin , Monsieur, voilà donc le complot horrible découvert ; je puis à présent dire à M. de Guerchy ce que le prince de Conti disoit au maréchal de Luxembourg avant la bataille de Steinkerquc : a Sangaride , ce jour-là est un grand jour pour vous , mon cousin. Si vous vous tirez de là, je vous tiens habile homme. » Personne n^est plus intéressé que vous et M. le maréchal à prendre tous les moyens pour vous défendre contre les ennemis de votre maison. Le Roi ne peut à présent s'empêcher de voir la vérité ; elle est mise au grand jour. J'agis de mon côté. J'ai instruit le duc d'York et ses frères de la vérité et des noirceurs du complot contre vous, le maréchal de Broglie et moi. Ceux-ci instruisent le Roi, la Reine et la princesse de Galles. Déjà M. de Guerchy, qui a été revu de trèsmauvais œil à son retour, est dans la dernière confusion, malgré son audace, et je sais que le Roi d'Angleterre est disposé à rendre justice à AT. le maréchal et à moi. Agissez de votre côté, Monsieur le comte, agissez et ne m'abandonnez pas, ainsi que vous paroisscz le faire '. Je me défendrai jusqu'à la dernière goutte de mon sang, et, par mon courage, je servirai votre maison malgré vous,

' M. de Broglie répondit à d*Eon qu*il ne mettrait désormais devant les yeux du Roi rieii de ce qui pourrait dans ses lettres concerner le comte de Guerchy, et qu'il ferait des extraits de ses lettres pour soustraire au Roi ce qui avait rapport à ce sujet. & Je ne comprcnois rien, dit d*Eon, à ce système de neutralité, quand je remarquai que les dépêches dans lesquelles on m^annonçoit qu'on ne vouioit rien apprendre à Sa Majesté de mes démêles avec M. de Guerchy ne me parvenoient jamais sans être approuvées de la main du Roi. Celui-ci savoit donc au moins qu'on lui cachoit ces articles de ma correspondance. .* Les pièces que nous publions prouvent que Louis \V était au courant de tout.

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car vous m'abandonnez, vous ne m'envoyez point d'argent, tandis que je me bats pour vous. Ne m'abandonnez pas, Monsieur le comte, et ne me réduisez pas au désespoir. Envoyez-moi une somme suffisante pour soutenir votre guerre et la mienne, si vous ne voulez pas être écrasé sous le poids de l'injustice. J'ai dépensé plus de douze cents livres sterling pour ma guerre, et vous ne m'envoyez rien : cela est abominable, je ne l'aurois jamais cru, Monsieur le comte, permettez-moi de vous le dire.

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