LXXVII. — LOUIS XV A TERCIER
[Autogr. Arch. de l'Emp. K. 157.]
Ce 11 juillet 1759.
J'approuve le parti que le comte de Broglie propose pour calmer les inquiétudes des Turcs.
A l'égard ' de madame de TEtang , il faut laisser tout tomber en ne lui répondant pas. Il me paroist que c'est une bonne intriguant^}.
Il n'y a encore rien de pressé sur ce qui regarde le secret à confier ou non a M. de Paulmi ^ , mais , s'il prend le sieur Henin pour secrétaire de confiance, cela poura peut-être suffire *.
M. de l'Hôpital est bien cher à Pélersbourg. Il seroit à désirer qu'il en fût déjà revenu ; mais l'embarras seroit son successeur \
1 L* original porte à l'étang, c est un lapsus évident.
- M. de Paulmy venait d'être nommé ambassadeur de France en Pologne.
3 Sur Hennin, voyex la Table. Dès 1755, il touchait un traitement de douze cents livres par trimestre. Livre rouge, 31 octobre 1755.
4 Sur les dépenses de M. de THôpital à Saint-Pétersbourg , voici des extraits du Livre rouge qui peuvent donner quelque idée de leur étendue. Le 15décembre 1756 il toucha 40,000 1. ; le 19 novembre 1757, 150,000 1. ; le 6 mai 1758, 52,000 1. ; le X3 mai, 23,441 1. A laméme date, quatre gentilshommes à sa suite reçurent 24,960 1.; le 22 septembre, Tambassadeur reçut 42,222 1. Et dans ces chiffres ne figurent que les dépenses extraordinaires. — Quelques années après, dans une lettre à d*Eon, M. de THApital relève noblement cette accusation de prodigalité dont il était Tobjet. GonOné dans son manoir de Ghâtcauncuf, il écrivait à son confident : « Je serois le plus heureux des hommes si j'étois sans dettes. On me reproche d'avoir trop dépensé dans mou ambassade , mais Targent est lé grain que j'ai semé pour arriver à la confiance , et c*est ainsi que nous avons mené sur TOder cent mille Russes qui ont gagné quatre batailles. Cependant on m*a reproché presque durement que j'avois jeté l'argent par les fenêtres; mais on ne peut m*accuser de Tavoir ramassé pour m' enrichir... i
GORRES.PONDAXCE SECRÈTE. Î41
Voas faites bien de prendre toutes les mesures possibles pour que le secret ne soit divulgué.