A M. DE BRETEUIL K
[FlasMD, Hist, de la diplomatie , t. VI. p. 216]
16 mars 1760.
Le Roi lui ordonne plus particulièrement encore de s'appliquer à connaître, avec autant de précision qu'il sera possible, qu'elles sont les affections et les vues du grandduc et de la grande-duchesse , et de travailler, mais sans
^ Gea cabîert sont probablement les mémoires que Tercîer rédigeait par ordre de M. de Ghoiscul pour le Daupbin et qu'il communiquait au Roi. — Voyez à ce sujet une lettre du 26 mai 1760, n" CX.
2 Cet extrait est indispensable pour comprendre plusieurs lettres qui passeront sous les yeux du lecteur.
CORRESPONDANCE SECRÈTE. Soi
marquer ni affectation ni trop d'empressement, à se concilier leur bonté et leur confiance. Le marquis de THôpital , par des motifs que la droiture de ses intentions justifie, n'a point cultivé cette jeune cour, et il a surtout indisposé contre lui la grande-duchesse, à l'occasion de la part qu'il a eue au rappel du comte Poniatowski, pour qui cette princesse paraissait avoir un goût décidé et une inclination très-vive. Le baron de Breteuil, à qui sans doute elle ne manquera pas de faire porter indirectement quelques plaintes à cet égard , profitera de cette occasion et.de celles qui se présenteront par rapport au même objet, pour insinuer avec dextérité qu'il connaît assez le sentiment du Roi pour le grand^uc et la grande-duchesse , pour assurer que Sa Majesté serait aise de contribuer à leur satisfaction , et que s'il leur était agréable de revoir à Pétersbourg le comte Poniatowski , non-seulement Sa Majesté n'y ferait aucune opposition, mais serait même disposée à concourir au succès des mesures qu'on croirait devoir prendre pour engager le Roi de Pologne à le charger de nouveau de ses affaires en Russie. Le baron de Breteuil a trop d'usage du monde pour ne pas s'expliquer sur cette matière avec la plus grande circonspection, de façon à ménager scrupuleusement la délicatesse et l'amourpropre de la grande-duchesse.
Cil. ^ JLOIIS XV A TERCIER.
[Aatogr. Arch. de l'Emp. K. 157.]
A Versailles, ce 30 mars 1760, au soir.
Je vous renvoie les lettres de Constantinople et de Stokqlm : ces dernières je n'ay fait que les parcourir. — A l'égard des instructions, j'iray le plus viste qu'il me sera possible et vous les renvoieres aussy tost. Renvoies-moy un projet d'ordre pour le sieur Henin, car j'ai jette au feu
celai que vous m'avies envoie, le croiant devenu inutil par le temps qu'il y avoit que je Favois, et l'admission au secret du baron de Breteuil.
cm. — LOLIS XV A TERGER.
[Antogr. Arch. derEmp. K. 157.]
A Ghoisy, ce 3 avril 1760.
Vous voires les changements que j'ay faits à votre deuxième projet de réponse; ils étoient nécessaires. Je vous renvoie des lettres de Constantinople et de Stockolm.
( Ce qui suit est de l'écriture de Tercier, corrigé et approuvé par le Roi).
Note de ce que le sieur Billet se propose de dire : J'ay réiléchi sur cette réponse, j'y entrevois que, quoique la personne principale soit liée par des motifs qui l'empêchent de faire usage de l'ouverture qu'on luy a indiquée , elle [rédaction de Tercier] conserve néanmoins dans son cœur le fond de son ancienne amitié pour [rédaction de Louis XV] (a néanmoins dans son cœur le désir de voir finir les troubles qui subsistent avec celuy) à qui on donne cette réponse. Il est à présumer que s'il est dans les mêmes sentiments et qu'il s'occupe des moiens déterminés, je douterois fort qu'il en imaginât qui, conformément à la réponse, pussent tout concilier. — Approuvé^.