CXV. — LE BAROX' DE BRETEUIL A LOUIS XV
[PlaMto . Hiit, d$ la d^hmaiit, I. VI. p. SIS.]
Samt-Pétersboorg, 1« S7 septembre 1760.
Sire, J'ai l'bonneur de vous envoyer ci-joint les dernières
GORRESPONDAXCE SEGRKTE. 261
lettres de M. le doc de Cfaoiseul et mes réponses : je ne doute pas que l'intention de Votre Majesté ne soit que je suive à la leltre le plan que son ministre continue à me communiquer, pour tâcher d'entamer des négociations de paix et de donner à cette cour le plus que nous pourrons rendosse d'y contraindre la cour de Vienne, quoique le système de M. le duc de Choiseul soit à peu près le même que celui qu'il avoit communiqué à M. de l'Hôpital l'année dernière, et que je trouve dans mes instructions secrètes que Votre Majesté n'a point désapprouvé'que son ambassadeur ne l'ait pas suivi alors, par les inconvénients qui auraient pu résulter de l'influence et de la prépondérance que le ton de médiatrice auroit données à la Russie à la suite de deux batailles gagnées. Il me paroit. Sire, que ce danger n'est plus le même, aujourd'hui que la Russie a fait la plus pitoyable de toutes les campagnes, et que, d'ailleurs, il s'agit moins de sa médiation que, pour ainsi dire, de son abandon de la cour de Vienne, à laquelle je voudrois lui faire dire que son. épuisement ne lui permet plus de soutenir la guerre, et qu'abandonnant pour parvenir à une paix plus prompte ses prétentions sur la Prusse, elle lui conseille d'en faire autant de ses vues sur la Silésie. Alors nous interviendrions pour appuyer ses bons avis et entraîner l'opiniâtreté de la cour de Vienne, qui sûrement ne fera la cession de ses projets qu'à la dernière extrémité, et sans doute avec d'autant plus de raison qu'elle ne doit pas se flatter de retrouver sitôt les mêmes moyens réunis de contenter son ambition.