‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie (volume 3)Chapitre 128 sur 253 · CLXXXI. — LOUIS XV AU CHEVALIER D'ÉOX · texte numérisé non relu

CLXXXI. — LOUIS XV AU CHEVALIER D'ÉOX

[Aulogr. Ddpôt des affaires étrangères. — Mémoires de dEon, \. I, p. 304.1

Versflillcs , le 4 octobre 1763.

Vous m'avez servi aussi utilement sous les babils de femme que sous ceux que vous portez actuellement : reprenez les de suite et retirez vous dans la cité. Je vous préviens que le Roi a signé aujourd'hui, mais seuhmeni avec la (jrijfe, et non de sa main, l'ordre de vous faire rentrer en France, mais je vous ordonne de rester en Angleterre avec tous vos papiers, jusqu'à ce que je vous fasse parvenir mes instructions ultérieures. Vous n'èlçs pas en sûreté dans votre hôtel, et vous trouveriez ici de puissants ennemis ' . Louis.

' Remarquez que celle lettre de rappel n'était sifi[née, ainsi que le remarquait Louis \V, qu'avec la griffe : d'Eon profila de celte circonstance pour refuser d'exécuter cet ordre , sous prclexte qu'ayant été nommé par une lettre signée de la main du Roi , il ne pouvait cire rappelé que par une lettre munie d'une signature semblable.

r.OnRKSI'OXD.WCK SJCCRHTE. 299

CIAWII. — LOUIS W A THitClKH.

[Autoyr. Aicli. de rErii|). K. 1.")".]

A Fontaiiii'Idoaii , co 11 ncloljro 1703.

Vous n'aves qu'à auloriser M. d'Aviincourt pour confier le chiffre du secret à son nouveau secrétaire, des Rivaux. ^ Vous n'aves aussy qu'à envoler au comte de lirojjlie l'instruction sur laquelle vous deves travailler pour la secrette. Cy joint l'ordre que le comte de Broglie désire.

D'Eon a écrit plusieurs lettres fort singulières ' j c'est apparement son caractère, de ministre plénipotentiaires qui lui a tourné la teste. En conséquence, AI, de Praslin m'a proposé de le faire venir icy pour juger de ce qui en est. Prenes garde à tout ce qu'il a du secret, et, s'il est fol, qu'il ne découvre quelque chose.

CLXXXIII. — LOUIS \V A TERCILR.

[Autofjr. Ai'ch. de l'Emp. K. 157. J

C(! 12 octobre 1763.

Vous voires par ma letre d'hier que je scavois le rapel du sieur d'Eon. A son arrivée à Paris, vous le voires, et je vous authorise à prendre avec lui toutes les précautions pour que le secret soit gardé. — Il n'y a [qu'] à remettre le sieur Durand ])Our quatre mil livres sur les fonds de la Pologne.

' Ces lettres fort singulières sont consignées dans le rccneil de lettres, mémoires et négociations, publié à Londres par d'Mon. II y a entre autres deux lettres, en date du 25 septembre, adressées l'une à M. de Praslin, l'autre à M.deGncrcby. Cette dernière faisant allusion à la lésincriede AI. de Guercby, qui refusait de payer les dépenses faites par d'Koii |)eiulaut qu'il était ministre plénipotentiaire, se termine ainsi : a Quant aux gratifications, il faudra bien mal;(ré vous, Monsieur le comte, eu distribuer à ceux qui viendront vous donner les violons et les aubades à votre porte; sans quoi ils feront un sabbat abominable et finiront par la danse des cocus. Je suis beureuscment à marier, mais ce sera votre affaire quand vous serez à Londres. »

ciAwn . — i.oris \v \ tercier.

|.\ul.i;|r. Ar.li. .!<■ rF.inp. K. l.JT.]

A Konlaincbicaii , co H] oclohic I7(i:}.

Il n'est pas |)ossiI)lc qiron puisse faire revenir dans ce nionu'iit cy le eonile de Hroyiie ; si son oncle éloit fort mal ou mort', à la bonne heures, parce (jue, pour lors, ce seroit un prétexte autre (|ue c<'lui de la mort du Roi de I*olo*j[ne. Du reste, vous l'aires |)0ur le mieux et pouvcs envoler des couriers, si cela est absolument nécessaires. Le nouvel Electeur de Saxe, en me faisant part de la mort de son ])ère, se recommande à moy pour le throsne vaccant, sur lequel il se présente, dit-il, comme candidat, et M. de Paulmi ajoute que ces frères lui onts donné parolle qu'ils ne concourroient pas avec lui. L'Electrice se défie pourtant de la bonne foy du prince Charles. N'étant pas Xavier, madame la Daupliine désire un de ses frères sans autre préférence.

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