‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie (volume 3)Chapitre 136 sur 253 · CXCIX. — \OTE DE M. MOXIX .^U ROI · texte numérisé non relu

CXCIX. — \OTE DE M. MOXIX .^U ROI

[Jointe à la Ictlre précédeutc. j

En conséquence des ordres de Sa Majesté signifiés à Monin, il a redoublé ses soins pour parvenir aux moyens d'avoir les papiers dont elle désire personnellement le recouvrement. Les lueurs d'espérance qu'il a quelquefois conçues, et que sembloit autoriser un air de confiance et d'épanchement de cœur de la part de M. d'Eon, se sont évanouies, et les moyens de toute espèce employés par M. l'ambassadeur sont restés infructueux. Monin s'est retranché à tâcher de pénétrer en quels lieux ces papiers pouvoient être ou déposés ou recelés. M. d'Eon lui a fait l'aveu qu'il en avoit mis en dépôt en différents endroits sans les lui indiquer, mais ce que Monin sait avec certitude, c'est qu'avant que M. de Guerchy se disposât à partir pour l'Angleterre, M. d'Eon a déposé une caisse de papiers chez M. Tercier, où lui Monin l'a vue, et que dès qu'il a su la décision du rappel de AL d'Eon , il a cru devoir, en sujet fidèle et zélé, conseiller à M. Tercier de demander à Sa Majesté ses ordres sur les dispositions et secrets de cette cause. Je ne doute pas que M. Tercier, qui a jugé l'avis convenable et important, n'ait agi en

COUHESPO.YD.^XCIi SEGHÉTE. r.O.")

CXCin. — LOUIS XV A TERCIER.

[Aulogr. Arcli. de rKmp. K. 15".]

A Versailles, ce 18 novembre 1763.

Je n'ay point de nouvelles directes de M. de Guerchy. Mais je scay par M. de Prasiin que d'Eon est sorti de clies lui , qu'il est enfermé dans une maison avec quatre personnes dont M. de Prasiin scay que la Rozières en est un , et un parent à lui. Peut-être Monin est-il le quatrième, et que M. de Prasiin ne scay ce que c'est que tout cela et qu'il n'en est pas content. J'aurois mieux aimé que tout cela se fût passé avec moins d'éclat et que d'Eon fût déjà revenue. Le temps nous éclaircira du reste.

L'Electeur de Saxe a reçu en réponse à celle qu'il avoit écrit à l'Impératrice de Russie pour lui notifier la mort de son père, et ces désirs, qu'elle lui conseilloit de s'en désister parce qu'il ne seroit jamais élu unanimement, qui est tout ce qu'elle désiroit, ainsy que la liberté des Polonois dans leur élection, mais elle lui fait entendre que pour peu qu'il y ait de la scicion, elle y entrera pour mettre l'unanimité du costé qu'elle voudra. Avez-vous consulté le comte de Broglie sur le sieur Monet , et si on peut et doit le mettre dans le secret.

Vous savez que je ne veux pas recommencer la guerre pour la Pologne , d'après les autres connoissances que vous aves de ma façon de penser et de ce qui est cy-dessus. C'est à vous à arranger avec Durand ce que vous croires devoir me proposer.

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