XXÎI. — LOUIS XV A TERCIER
[Auto;;!-. Arcli. de l'Euip. K. 157.]
A V'crsailles, ce 27 nnvcmbro 1756.
Je commence par répondre à votlre lettre du 12. Je vous renvoie la lettre à moitié décliifrée du comte de lîroglic et celle que Lenan ^ vous a fait remettre, ])Our que vous les déchiiïries. Le retour du comte de Broglie pour quinze jours est décidé et mandé ainsy sur cela. I! n'y a plus rien à lui répondre. — En réponse à celle du 18, je vous dires que je ne cliangeray jamais de façon de penser et d'agir pour la liberté entière des Polonois sur le chois à venir de leur Roy, et que, malgré la bouderie du prince de Conty (que je pense mal fondée, étant, je croy, très libre dans le choix que je veux et dois faire de mes généraux), si les Polonois le choisissent, j'en seray charmé ; ainsy je veux qu'on continue à faire tout ce qui a été fait par le passé, et, en conséquence, je vous faires remettre l'ai-gent accoutumé pour le faire passer à sa destination. Pour commencer, je joins icy un billet de dix mille livres sur AL Thiroux de xMonsauge ^, que vous faires acquitter très sccrettement, et sans qu'il puisse se douter par qui les autres quarante mille livres viendront par
* Billet était un agent de la correspondance secrète. Voyez la Table des matières.
- Secrétaire du comte de Broglie.
"* AI. Thiroux de Monsangc, garde du trésor royal.
la suite el en argent comptant, quand vous me manderes qu'il est tant de les faire passer à leur destination. 11 sera au choix de M. le prince de Conty, par qui de luy ou de vous le sieur lîillet recevra sa pension. J'ay lu avec attention les deux lettres de Conslanlinople; il sera, je croy, nécessaire d'y faire une réponse relative aux circonstances présantes. Voies à m'en faire un projet.
WIII. — LOUIS XV AU COAITE DE BROGLIE. [Autogr. Arcb. de l'Emp. K. 157.]
J'ay très bien vu dans toutes vos lettres, comte de IJroglic, que vous avies de la peine à adopter le système nouveau que j'ay pris ' ; vous n'éties pas le seul, mais (elle est ma volonté, il faut que vous y concouries. A l'égard de M. le prince de Conty, c'est lui qui me boude, parce que je lui ay dit que je ne l'avois pas destiné de commander l'armée qui doit s'assembler dans le Rhin. Je croiois être le maître de mes choix; tant pis pour lui, c'est tout ce que je vous en puis dire. Faites moy passer par la voie de Le Bel"- tous les mémoires que vous voudrez, il me les remettra, et vous faira tenir les réponses. Il vous donnera aussy de l'argent pour la Pologne quand je lui en aurai fait remettre, ce qui sera incessamment, étant tout prest pour cela depuis du temps. Je fairay instruire Durand, ou je vous en chargeray.
A Versailles, ce 24 décembre 175(5.
Louis,