XXXVI. — LOUIS XV A TERCIER
[AiilOf(r. Arrh. de rErap. K. 15".]
Ce 20 juillet 1/57.
Puis(jiie M. d'Kon a mission de M. Woronzof ' pourvoir M. le prince de Conly , il faut qu'il le voie , mais qu'il vous rende compte exactement de la réponse du prince de Conty. Comme cela doit devenir publicq un jour, il f;mt que je le scache par une autre voye que celle-cy. Je garde la copie que vous aves faites jusqu'à la réponse du prince de Conty. Personne ne la voira d'icy là". J'ay approuvé votlre pro-
' Vice-chancelier de la Czarinc.
- On trouve de curieux détails sur les motifs du retour de d'Eon dans une lettre adressée par d'Eon, de Londres, le 12 juin 1775, au comte de Droglie : a Vous seul connoissi z avec quel zèle, quelle obéissance, quelles peines et dans quelles circonstances délicates j'ai servi publiquement et secrètement le feu Roi depuis 1757 que vous m'avez fait admettre à l'honneur de votre correspondance secrète, jusqu'à présent; mais ce que je ne vous ai pas dit, parce qu'on me l'avoit défendu, c'est que, dès 1756, j'ai été admis ù une correspondance secrète entre Louis XV, monseigneur le prince de Gonli , le chancelier Woronzow , j\I. Tercier et \l. Douglas , pour faire donner au prince par l'Impératrice Elisabeth le commandement en chef de l'armée russe et la principauté de Courlande. Le projet secret du prince étoit, par ces deux moyens, de se glisser pclit à petit sur le trône de Pologne, ou sur celui de Russie en épousant Elisabeth.
I) Après mille intrigues, le chevalier Douglas et moi eûmes du succès dans les deux premiers points que nous avions seulement découverts à l'Impératrice et à son ministre de confiance, le comte de Woronzow. En const-quencc, l'objet secret de mon retour en France en 17.57 étoit de porter au prince l'assurance de la part de l'Impératrice et du comte de Woronzow pour le commandement de l'armée et la principauté de Courlaude, si le lîoi vouloit. Ce que j'ai exécuté. Mais après bien des rendez-vous et des écritures secrètes avec le Prince, il s'est brouillé avec madame de Pompadour; et quand il m'a fallu retourner en Russie et y porter une réponse catégorique , le Roi n'a rien voulu décider, quoique le Prince m'ait fait tenir cinq jours caché à Strasbourg pour y attendre son dernier courrier... n (Mémoires, t. I, p. 195.)
jet (Je Icltres. Je vous en envoie un autre de Constanlinople.