‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie (volume 3)Chapitre 59 sur 253 · LXX. — LOIIS XV AU COAITK DE BROGLIE · texte numérisé non relu

LXX. — LOIIS XV AU COAITK DE BROGLIE

[Aiitojjr. Arcli. de rKinp. K. 157.]

A Versailles, ce Z'^ mars 1759.

Depuis l'aprobation que Tercier a donné à l'ouvrage de l'Esprit, l'on a cherché un. prétexte pour le renvoier des affîiires étrangères. Le cardinal de lîernis dans ce temps là en fut sur le point, mais se contenta de lui laver la teste; la Reine n'a pas voulu garder Helvetius dans sa maison , et M. de Choiseuil a pris ce prétexte là pour renvoier Tercier*; moi je ne connois n'y ne veux connoître que mon secrétaire d'Etal, ainsy je les laisse entièrement le maître de leurs conuuis. Voies avec lui ce qu'il veut demander et comment continuer les affaires secrettes de la Pologne. J'ay été fasclié pour luy de l'afaire où il s'est engagé , et d'autant plus que sûrement il n'avoit leu ce livre de l'Esprit que très superficiellement. Je ne croy point comme vous que AI. le duc de Choiseuil ait connoissancedu secret; à l'égard de votre mariage, je n'assure les droits par une j)ension que dans le cas où le bien ne le peut pas, et le vôtre le peut, mais si vous venies à être tué à mon service j'aurois autant de soins de vos eufans que j'ay eu de vous autres.

Je profitte de cette occasion pour vous envoier une lettre à déchiffrer.

* Alors ministre des affaires étrangères.

- D'Eon était toujours en Russie.

•^ Tercier était censeur royal. II avait été chargé d'examiner le fameux livre De l'Esprit, d'Holvétius ; il avait donné son approbation à la légère. On avait pris de là prétexte pour le destituer de ses fonctions de premier commis des affaires étrangères. Quant ù Helvétius , il fut forcé de se démettre de la charge qu'il avait dans la maison de la Reine.

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