CXXXI. — LE COAITE DE BKO(ÎLIE AU DUC DE CHOISEUL
(lettre CO.VKinEXTlKLLE ' .)
[Minute. Areli. de l'Emp. Papiers de Broglie.]
Au camp de Dosf ingfiausen , le 16 juillet 1761.
J'ay reçu, monsieur le duc, un moment avant notre mar-
' J'ai cru donner ici cette lettre et la suivante à cause de leur grande impor-
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clie, la lettre dont vous m'avez honoré du 10 de ce mois; elle contenoit des arrangements pour les armées qui me paroissoient à certains égards très-bons. Nous aurions bien voulu , mon père et moy, en rendre encore l'exécution plus facile par quelque succès décisif; nous y avons fait l'un et l'autre tout de notre mieux, et les troupes y ont encore mieux fait ; l'ensemble a manqué, et vous aures pu voir par mes précédentes lettres que je ne le craignois que trop. En effet, je regarde comme impossible qu'il se trouve dans une machine aussy compliquée que celle cy, à moins que ce ne soit celuy en qui réside l'authorité qui ne la dirige. Quant à l'affaire actuelle, elle s'est passée à l'honneur des troupes, je n'en ay jamais vu une plus chaude. Nous avions tout gagné hier au soir, il est douloureux d'avoir été obligé de rendre aujourd'huy. Vous sentires facilement quelle différence il y auroit d'avoir pu mener cette affaire cy comme celle de Saxenhausen l'année dernière ; le prince Ferdinand seroit bien renvoyé à la rive droite de la Lippe, et nous n'aurions pas perdu 2,000 hommes.
Je souhaite, monsieur le duc, que cet événement ne vous cause aucun dérangement pour la politique, car le bruit que peut faire cette affaire influera dans les cabinets; mais soyez certain qu'il n'y a pas un mot de changé atout ce que mon frère vous a mandé. Je n'ay pas encore revu M. le maréchal de Soubise, ne craignes pas que cecy altère la bonne harmonie entre les généraux ; cela n'empêchera pas même de dire en honnêtes gens notre avis, quoique nous deussions bien en estre corrigés, mais notre conduite sera toujours invariable. Je m'attends bien que vous me dires qu'il est malheureux qu'une armée de 140,000 hommes ne com-
tance : en outre, elles sont sans aucun doute la reproduction, mutatis iiiutandis , de dépêches envoyées au Roi par le comle.
balle qu'avec 30,000 an plus ; je répondray à cela que ce n'esl pas à celuy qui obéil, ou du moins qui ne peul ordonner, à répondre de ces événements, et je répondray avec vérité qu'il n'y a au monde que nous qui nous livrions avec celle franchise, ou, pour mieux expliquer, avec ce zèle el celle bonne volonté.
Dans le moment quej'écris,monsieurleduc, la force ne me suffit pas, je tombe de sommeil ; malgré cela, j'espère que jen'oublierayriende ce qui concerne le service, et que tout sera arrangé comme si je n'élois pas depuis trois fois 24 heures à cheval, sans boire ny manger.
Adieu , monsieur le duc, receves les assurances de mon tendre el respectueux allachement.