‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de BroglieChapitre 47 sur 58 · CCCCXVI, — LE COMTE DE BROGLIE A LOUIS XVI · texte numérisé non relu

CCCCXVI, — LE COMTE DE BROGLIE A LOUIS XVI

[ lulogr. Arcli. do l'Emp. K. 159.]

Sire,

M. le maréchal du Muy m'a addressé la lettre dont il a plu à Vostre Majesté de m'honorer le 25 du mois dernier.

Il ne falloit pas moins, Sire, qu'un aussy grand intércst que la deffense de mon honneur et de ma fidélité si injustement compromis, pour insister aussy constamment que

1 M. de Vergcnne.s ne peut (lissimiilor qu'il irouie insuffisante la satisfaction que Louis XVI accorda au comie de Broglie.

CORRESPOXDAX'CE SECRETE. 503

je Fay fait sur la nécessité d'une justification publique ; mais, d'après les derniers ordres de Votre Majesté, je n'examine plus si mes calomniateurs pourront ou non faire regarder leur impunité comme une preuve du peu de fondement des plaintes que j'ay portées contre eux, quoique je ne puisse douter des efforts qu'ils font déjà pour le persuader.

Je n'examine pas davantage si la déclaration que Vostre Majesté a chargé MM. du Muy et de Vergennes de me donner, suffira pour en imposer aux coupables, ny si leurs déclarations deviendront plus plausibles, en faisant observer que je n'ay pas reçu de Vostre Majesté de grâce qui pust faire conuoistre le prix qu'elle désignoit mettre à mes longs services auprès du feu Roy, et qui eût caractérisé aux yeux du public leur conduitte et la mienne. Je ne renouvelleray point icy tous les motifs que j'ay cru propres à exciter la bienfaisance de Vostre Majesté; je me borneray, Sire, à la satisfaction de luy obéir, et j'attendray, avec la confiance que j'auray toujours dans sa justice et sa bonté, les marques honorables d'estime et de bienveillance qu'elle m'a permis d'espérer.

Je suis, etc. Le comte de Brocue.

Eu conséquence des ordres de Vostre Majesté , je fois au sieur d'Eon la réponse qu'elle trouvera cy jointe. Je la remettray a. M. le comte de Vergennes pour la luy faire passer dès qu'il aura plu à Vostre Majesté de l'approuver et de me la renvoyer.

A Versailles, le 4 juin 1775.

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