CCLXXXVI
A M. 'FROMENT MEURICE, A PARIS
Mai 1845.
Mon cher aurifaber,
Je vous remercie de votre canne aux singes, dont le dessin est d'une perfection inouïe, et digne de vous.
Puis-je compter que, pendant mon absence, vous me monterez les agates, vous finirez mon lézard, vous ferez mon coffret? et voulez-vous, puisque vous ne m'avez pas donné le support, en faire un second, comme pendant?
Si vous étiez aimable, je trouverais tout fini le 16 mai, jour de ma fête.
Mille affectueux compliments.
Je souhaite que madame Froment Meurice se rétablisse promptement.
Je vous envoie l'inscription à mettre en relief sur le coffret et que j'ai promise à votre metteur en œuvre.
CGLXXXVII.
A MADAME EMILE DE GIRARDIN, A PARIS
Paris, 2 août 4 845.
Hélas! j'ai trois affaires qui me condamnent à rester chez moi. D'abord, l'état très-inquiétant d'une personne de mes amies qui s'est blessée, et pour laquelle il y a consultation de docteurs, où j'ai bien peur que chacun ne prêche pour son sein!... Puis un cas grave survenu dans la vie d'une autre personne à qui je m'intéresse, et qui prend rendez-vous chez moi pour traiter cette affaire. Enfin, les Paysans exigent que je travaille toute cette nuit.
Ce qui me console, c'est de vous savoir entourée des tigres et des lions de la littérature, de poésie et d'esprit; et l'absence d'un humble prosateur, remarquable seulement par sa mine joviale, ne se fera pas sentir. Vous serez au milieu d'une pléiade; que feriez-vous, madame, d'un vendeur de pommes?
Autant de respect que d'amitié, c'est tout vous dire.
On a oublié de mettre ce petit mot dans le panier de pommes envoyé à la plus spirituelle et à la plus belle.