L. H. LAFONTAINE
iUIIon. B. E. Caron à VHon. W. H. Draper.)
Lundi, 6 Avril, 1846.
Mon cher Monsieur,
La correspondance qui a eu lieu entre nous, et par suite entre moi et quelques amis à qui j'ai dû la communiquer, a dernièrement donné lieu à est débats dans votre Chambre. Les journaux s'en sont emparé, et elle tes devenue le sujet de discussions publiques, et est représentée tout autre qu'elle n'est en effet.
J'ai toujours pensé que la publicité de cette correspondance serait sans avantage, et j'ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour l'empêcher ; mais d'après la tournure que prend l'atfaire, et le point où en sont maintenant les choses, il me paraît préférable que la transaction paraisse sous son vrai jour, et qu'elle soit jugée et appréciée d'après son mérite et sa valeur, et non d'après des suppositions et des rapports qui ne pourront qu'être plus ou moins faux et erronés.
Je suis donc d'avis qu'il est de justice quant à moi, et dans l'intérêt de tous ceux qui ont pris part à cette correspondance, qu'elle soit maintenant publiée, et aussi qu'elle le soit de ma part, plutôt que de toute autre manière. Je me flatte que vous partagerez mon opinion sur le sujet, et que vous donnerez votret assentiment à une démarche que je n'avais pas anticipée, que je regrette sincèrement, mais à laquelle je suis poussé par les circonstances.
En faisant cette publication, je me propose de retrancher tout ce qui est étranger au sujet principal ; j'ai regardé plusieurs de vos notes comme destinées pour moi seul, elles n'ont jamais été montrées, et seront omises, à moins que vous ne désiriez le contraire, ce dont il vous plaira m'infonner. En attendant votre réponse, j'aurai l'honneur de me souscrire
Votre tout dévoué serviteur,
R. F, CARON
[non publiée.]
(L'-TIon. jR, E. Caron à VHon. M. Draper.)
Mardi-matin, 7 Avril, 1846.
Mon cher monsieur,
Avant de répondre à votre note d'hier soir je dois vous dire qu'en même temps que je vous écrivais ce matin pour vous informer de mon désir de publier notre correspondance, et pour demander votre assentiment à la chose, j'écrivais aussi à M. Lafontaine, non pour lui demander son consentement, car je savais qu'il désirait la publication, mais pour lui faire connaître que je m'étais décidé, d'après de nouvelles circonstances, à faire maintenant de moi-même, «e que je n'avais pas voulu que l'on fît jusqu'à présent.
D'après une note reçue de ce Mr. en réponse à la mienne, il m'a été intimé que l'on regardait ma détermination de publier moi-même, comme un abandon de mon opposition à ce que la correspondance fut rendue publique, et c'est en toute probabilité d'après cette manière d'envisager le sujet, que M. Lafontaine croit pouvoir faire aujourd'hui, ce qui ne lui était pas permis de faire jusqu'ici, et c'est pour cette raison sans doute qu'il a donné hier la notice dont vous m'informez par votre note. Quoiqu'il en soit, j'aime que vous sachiez que je ne participe en rien dans cette démarche.
Je passe maintenant au contenu de votre lettre.
La partie de notre correspondance qui se trouve entre les mains de M. Lafontaine se compose, je ne crois pas me tromper, de
3er. Deux lettres écrites par moi à ce Monsieur en date des 7 et 8 Septernbie, contenant un précis de notre conversation â Montréal en Août précédent.
2e. La lettre que je vous ai adressée le 17 Septembre.
3e. Votre lettre du 16 Octobre, étant une première réponse à celle du 17 Septembre.
4e. Votre autre lettre du 19 Novembre, étant une seconde réponse à la mienne,
5e. La lettre que je vous ai écrite le 26 Novembre à l'occasion du départ de Lord Metcalfe.
Je suis à peu près sûr que de toutes les lettres que nous nous sommes échangées, celles ci-dessus sont les seules qui ont été communiquées, et qui soient hors de mes mains, où des vôtres. Le reste de ma correspondance se compose de plusieurs lettres que j'ai écrites sur le sujet à Messieurs Lafontaine et Morin, ou que j'ai reçues d'eux ; ces lettres ont bien été la base en partie des communications que je vous ai faites, mais vous ne les avez jamais vues, et le nom de ces Messieurs ne vous a jamais été mentionné, si ce n'est celui de M, Lafontaine dans ma lettre du 17 Septembre.
Je vous accorde donc volontiers l'autorisation que vous me demandez de contredire tout rapport qui tendrait à faire croire que quelques-unes des lettres de M. Lafontaine vous auraient été envoyées ou communiquées ; et que vous y auriez répondu. Ma lettre du 17 Septembre est la seule communication de ce genre qui m'ait été faite, elle parle pour elle même.
Vous êtes également autorisé i\ rendre publique telle partie de notre correspondance que vous jugerez convenable, et que M. Lafontaine -ne voudrait ou ne pouirait pas publier,
. J© suis mon cher Monsieur
Votre tout dévoué serviteur, R. E. CARON.
[non PUBLIEE.]
iUHon. R. E, Caron à VHon. L. H. Lafontaine.)
Mardi-matin, 7 Avril, 1846.
Mon cher monsieur,
Je n'accuse la réception de votre note d'hier que pour empêcher que mon ilence ne vous fasse croire que j'acquiesce à la doctrine qu'elle contient. Je ;uis bien au contraire d'avis que vous donnez à ma lettre de lundi une interpréation dont elle n'est pas susceptible, et que vous prenez acte d'un aveu ima-iiau:e qui ne se trouve pas dans cette lettre. ^
Ce n'est pas la première fois que nous différons d'opinion, je souhaite bien •.mcerement que ce soit la dernière. r > j
Dans cet espoir je me souscris,
Tout à vous,