‹ Correspondence inédite avec la cour de VienneChapitre 21 sur 49 · SIRE · texte numérisé non relu

SIRE

Votre Majesté vient de m'accorder une faveur à laquelle aucun titre ne m'appelait, et qui me pénètre de la plus profonde et de la plus respectueuse reconnaissance.

Mon vœu ardent serait de rendre digne des intentions et des lumières de Votre Majesté cette correspondance dont l'écrivain sent toute la gravité, et à laquelle il dévouera tous ses faibles efforts, en sollicitant avec respect l'indulgence de Votre Majesté.

Connaissant son amour pour la vérité, je ne craindrai point d'être sincère. Ce sera répondre à la confiance dont Elle a la bonté de m'honorer que de lui tracer les faits sans déguisement et que de lui offrir l'hommage d'une fidélité constante dans la narration.

En demandant grâce à Votre Majesté pour mes erreurs involontaires, je La supplie respectueusement de penser qu'aucune opinion de système et de parti n'influe sur mes jugements.

Votre Majesté est en ce moment la colonne de l'ordre social. Tous les regards se tournent vers son trône comme vers l'appui le plus solide de la religion, de l'autorité publique, du bonheur public ébranlés.

Votre Majesté a déployé un courage, des lumières et des sacrifices qui immortaliseront son règne. Ses vertus sont la dernière espérance de l'Europe.

J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect,

De Votre Majesté,

Sire

Le très-humble, très-obéissant et très-respectueux serviteur,

Mallet DU Pan.

Berne, le 10 janvier 17%.

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