‹ Correspondence intime de Marceline Desbordes-ValmoreChapitre 9 sur 11 · A SON MARI · texte numérisé non relu

A SON MARI

(Paris), le 10 juillet 1839.

Que je t'aime de te voir coudre ta toque, mon cher ami ! Quelle singulière biographie on ferait de nous, à nous voir dans tous nos courages pauvres ! Tu sais aussi de quoi j'ai l'air, le matin, en réparant dans mon lit les désastres survenus aux parures d'Hippolyte ? Juge donc si je peux songer au cher vovaçe de Douav, dans l'obligation de renouveler tout le vêtement de notre bon garçon. Je t'assure, entre nous, qu'après un mûr examen de mes ressources, M'"" Paule ne sera ici que le prétexte et que je ne peux sérieusement

— i63 — penser à ce plaisir superflu si près du bonheur indispensable à tous deux de nous revoir, garde-donc ton humble trésor. D'ailleurs Gayant est couché ce soir même. La fête dure trois jours, et commence le 7 juillet, nous sommes mercredi le 10. Il a bien fallu écrire mes regrets véritables, en cachant un peu la cause de ce désappointement. Je te dirai de plus que Line, étant à grands cris demandée avec moi, n'y mettait qu'une obéissance très bonne, mais froide, car je lui ai pas caché les arrièrepensées d'avenir de M'"° S***, qui ne sont nullement dans ses inclinations à elle. Cela jetait sur ce voyage, tout de cœur de mon côté, quelque chose qui n'allait pas à mes effusions. Hélas ! que d'épines partout pour les caractères les plus droits. Crois-moi quand je te dis que pour le moment Line n'a rien dans le cœur. Son premier rêve très pur, mais très mordant n'ayant pas été partagé, elle s'est volontairement et silencieusement rejetée dans la petite ambition de la science. Dieu a voulu, pour le bonheur de sa vie entière peut-être, que son âme ou son imagination se soit prise au plus honnête jeune homme du monde, qui n'a vu, ni voulu profiter de ce petit triomphe. Elle en a souffert, mais que de maux épargnés ! Où l'aurait menée un séducteur adroit ? Je t'assure que j'embrasse de bien bon cœur, au contraire, l'innocent garçon

qu'elle ne traite plus maintenant que comme un camarade sans conséquence. Elle est très gaie, boit, mange et dort fort bien, seulement sa passion d'étude ne fait que croître. Hier, je t'ai quitté pour aller avec Inès et Line chez M. Elshoecht qui fait leur délicieux m.édaillon, en attendant mon buste. Delà, j'ai tait visite à Singier, et rentrée à cinq heures, j'ai trouvé à la maison, dormant profondément, Caroline, couchée sur deux chaises, à l'orientale. — Comme je n'ai pu achever ma lettre, parce qu'elle a couché avec moi, je te l'envoie aujourd'hui, incomplète de détails sur mon uniforme ennui. Cette bonne Caroline me jette dans un embarras à ne pas le décrire; elle vient, ne comptant que sur moi, pour emprunter cent écus. Je te jure que tous les traits de folie qui passent à nos amis sont désespérants, je me ferai mettre à Sainte- Pélagie pour en finir. Elle part ce soir et me charge de ses pouvoirs pour tâcher de trouver cette somme... où ? Elle ne veut en rien dire à Berteau, ni à sa fille, pas même son voyage, de sorte que je suis tout uniment dans un étau, et la reconnaissance me fait un devoir du silence. Je l'ai mise seulement tout-à-fait au courant de ma position, le résultat a été seulement : « tu l'emprunteras. » — « A qui ?» — « N'importe à qui ? ^-> — Il y a des circonstances où il faut se brouiller pour sortir d'un précipice.

Le procès est jugé d'hier, on n'en sait pas le résultat (k). S'il est funeste, il pourra y avoir quelque bruit. Je me suis abstenue de lire tous ce? débats, par un excès de raison. Je me sens défaillir quand je pense qu'il peut y avoir des victimes. Si cela était , je fuirais Paris. Oh ! vois-tu , cela est affreux sur le cœur.

M™"Nourrit est accouchée heureusement...

Ce sont les prières de son pauvre mari qui viennent d'opérer ce prodige. Elle est pourtant bien malade à présent.

2CCII A SON MARI

(Paris), le 14 juillet 1839

Ne sois pas inquiet sur nous. Ce triste procès n'a pas troublé la tranquillité de nos quartiers silencieux. Toutes les émotions sont venues du dehors, et le calme le plus profond règne aujourd'hui par tout Paris. Je crains seulement que l'on n'ait altéré les récits des événements et que tu n'en aies conçu de la crainte pour nous. Hippolyte ne m'a pas quittée, parce que je le lui ai demandé en grâce, et Charles est venu dîner avec nous, hier samedi, jusqu'à onze heures. Le bruit de la grâce, répandu par tout, remet de l'ordre dans les

têtes exaspérées. La famille du jeune condamné a, dit-on, été reçue avec bonté par le roi.

Ce matin, nous avons rendu notre visite à l'atelier d'Elshoecht, et le dimanche était comme toujours, paré, ennuyeux à tomber ! et d'une chaleur étouffante. Je suis, mon ami, trop parfaitement semblable à toi, dans ma position morale, pour ne pas plaindre de toute la force de mon âme le découragement que tu me confies. Je ne peux aller nulle part sans m'y sentir de trop, et c'est le sentiment le plus triste du monde.

Tout cela tient à nos incertitudes. Il faut pourtant se roidir pour ne pas tomber, puisque nous n'avons pas en ce moment d'autre devoir. Dieu nous récompensera de l'avoir rempli ; il ne nous met pas sur la terre pour être toujours heureux ou pour les grandes luttes. Ces moments de calme plat demandent un autre genre de courage. Mon cher mari, voyons ! unissons-nous pour nous l'inspirer mutuellement. Je te promets, je te jure que j'y travaille et que j'use de tous les moyens innocents de consolations qui me sont permis. — Ecris des mémoires, tes séjours de ville en ville, je t'assure que ce sera bien et utile pour te distraire. Moi, je commencerais ce travail, si j'en avais le temps.

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A SON MARI

(Paris), le 18 juillet 1839, mardi.

Sait-tu que j'ai vu Notre-Dame ? en plein soleil, comme le dôme de Milan. Ses portails me semblent admirables. L'énorme dedans serait d'une majesté profonde, si l'on n'avait jugé à propos de peindre ce colosse en jaune tendre, comme les gants absurdes de toute la jeune France à longue barbe; et puis, qu'elle est pauvre de tous les sérieux ornements du dôme, cette église ! Toutefois la façade m'a fait beaucoup d'émotion, et la profondeur du monument m'a fait comprendre comment les ailes de Victor Hugo s'étaient élevées si haut et si loin ! M. Pomet déclarait l'autre soir ce livre pitoyable , mesquin , absurde, stupide. Je n'ai rien dit du tout. Charles nous a tous conduits à Notre-Dame, en plein soleil, et nous avons fait manger aux enfants des cerises et des gâteaux de Nanterre. J'étais fort triste d'être là sans toi !

Je suis en ce moment dévorée d'un besoin de probité qu'il faut que je te soumette. Cousin a témoigné un vif regret de n'avoir pas un seul tableau de mon oncle, et il a eu la délicatesse de ne jamais me rap-

peler qu'il a prêté cinq cents francs à son pauvre ami. Le Pauvre Pierre pourrait un peu le dédommager, sinon de la somme, au moins de sa privation d'un petit tableau longtemps promis. Devine-moi et répondsmoi. Je ne ferai jamais rien en ce genre, sans y être autorisée par toi. Je donnerai une larme au Pauvre Pierre, mais elle serait pure : elle acquitterait mon oncle.

A SON MARI

Paris, le 21 juillet, dimanche (1839).

D'abord et avant tout, mon bon Prosper, j'ai vu Saturne et la Lune, hier soir à neuf heures, par un très beau temps. C'est une circonstance marquante dans ma vie et dans laquelle le chagrin de ton absence m'a le plus affectée. Non, je ne me consolerai pas d'avoir assisté sans toi à cette découverte magnifique. Hippolyte en tremblait sur ses genoux; moi, dans l'âme, comme en t'en parlant. Je reviendrai sur cette double merveille. Ton fils t'en parlera dans le regret aussi de n'avoir pu partager avec toi ce ravissement qui s'emporte dans la vie.

Nous avons revu ^<-]/^'" de Belle-Ile » pour M'"° Paule. Ce jour là, M"» Mars avait bu de l'ambroisie sans doute : elle avait vingt ans

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et toutes ses lumières pour couronne. Je t'assure que je ne l'ai jamais vue telle, et nous sommes allés tous , avec Charles même, dans sa loge où l'adorait M. de Mornay. Le parfait contraste, M. Vedel, était là. Croirais-tu qu'il m'a demandé avec empressement comment tu te portais. Je l'ai regardé avec beaucoup d'étonnement. Mais pourquoi sommes-nous toujours étonnés ? Ce monde incomplet et cruel ne nous a donc pas encore fait assez de mal pour le comprendre? N'être éclairés que par secousse, c'est ne pas l'être utilement. On se blesse à tout ensuite en croyant être au courant de tout. Tu m'as appris à regarder de près... hélas! ce n'est pas si beau! Tu avais pourtant bien des illusions aussi, toi, si bon et si vrai!

A SON MARI

(P.^ris>, le mardi 0 aoûl 1839

Tu vas être bien surpris: j'ai accompagné deux fois M"'° Paule à l'Opéra-Comique. C'est une afïaire de pure politesse pour Grignon, qui m'a envoyé un billet, et pour sa femme qui m'en a apporté un au-

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tre. Comme l'on m'a demandé si j'avais vu jouer le « Planteur », je n'ai pu me soustraire à l'occasion de le subir, et hier le « Domino noir y>. J'étais, ces deux fois, si lasse de cœur et isolée au milieu de ce théâtre que je n'aime pas, qu'il m'est impossible de juger si tout cela est bon ou mauvais. J'ai seulement entendu avec douleur que la voix de M'"" Damoreau s'amoindrit, et que le seul acteur z'7'ai de ce théâtre est M. Roger, élève de Martin, trop petit par malheur. Ah ! mon cher Prosper, me voilà donc aux derniers degrés du spleen , puisque le spectacle me repousse. Autrefois je n'avais que l'horreur de la course, mais une fois arrivée, je regardais et j'écoutais comme tout le monde; présentement je t'éprouve et je te plains, en songeant que tous les soirs tu combats ton aversion, pour soutenir ta famille absente. Le mot absence devait donc aussi se mettre au premier rang de nos infortunes ? je t'avoue, mon bon ange, qu'il est pour moi d'une amertume croissante. Pourtant je vais te voir dans un mois, mais ce sera pour reveiiir durant la saison sans soleil ! et je m'aperçois en pleurant que c'est moi qui te décourage. Je fen demande pardon! Embrasse-moi, je suis faible.

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A SON MARI

(Paris), le 8 août (1839) miili

Pauline sort d'ici accablée de douleur.

M™^ Nourrit est depuis trois jours dans sa dernière lutte. Tout cela est d'une tristese lugubre à ne jamais s'effacer du souvenir.

M"" Mars sort d'ici, plus belle, plus fraîche et plus brillante que je ne l'ai jamais vue. Elle m'a confié de bien singuliers traits de Dumas ; il se perd avec son gros complice. Mars y est pour 1,500 francs qu'elle . se résout à perdre. Il est pâle et tout changé ; quant à sa vampire , elle devient monumentale.

Le 9 août.

C'est à Pantin que nous avons été dîner, et nous l'avons bien senti ! C'est Lyon tout entier répandu sur la route. Suis-je bête !

Nous sommes partis et revenus avec M.

de Lamennais, qui nous a ramenés jusqu'à la porte. C'est M. Dessaix depuis les pieds jusqu'à la tête, plus petit et plus âgé, mais c'est à jurer qu'on l'entend. Je te laisse à juger si l'on a parlé progrès, religion, liberté, avenir humanitaire ! Pour moi, j'ai bouleversé M. de La Mennais avec mon récit de Saturne, qu'il brûle de voir à pré-

sent, il a toute la grâce d'un enfant. Celui-là encore, tu l'aimerais beaucoup, si pauvre, si curé de campagne, avec ses gros bas bleus et ses pantalons trop courts. Il a peur lui-même du cahot où nous allons entrer. Tu sais que la Russie conspire pour les Napoléon. Pour moi je n'ai aucun goût que pour te revoir, à l'abri des passions des hommes. Il y en a de bien méchants, je commence enfin à le croire.

A CAROLINE BRANCHU

(Sans date)

Je t'écris écrasée de fatigue d'âme. M™° Nourrit repose à côté de l'époux qu'elle a tant aimé. Hier, j'ai passé une heure sur cette tombe qui venait de les réunir. M'"° Duchambge est à moitié morte de ce dernier coup. Je t'épargne les derniers détails de cette lutte terrible, tu en serais malade comme moi.

J'ai remis à Jacques Arago ta notice sur ta maison. Mais il part pour l'Angleterre et ne sait où donner de la tête. De plus, on ne peut guère obtenir la moindre annonce sans payer un franc la ligne, ce que je voudrais bien t'épargner. Je vais voir

au «Journal du commerce n> par un Lyonnais qui en approche. J'irai demain lundi.

Tout ce que tu me dis des tortures de ton âme, je le comprends et j'en pleure. Il y a des abîmes où l'on se débat longtemps, mais tes croyances élevées viendront encore à ton secours.

Rappelle cette énergie sublime qui te soumettait tout un peuple et te donnait un empereur pour ami. Ne laisse pas prendre sur toi un empire sans borne, et sois clémente pour les torts de l'humanité. Tu trouveras ainsi du calme dans tes orages, où nos pauvres nacelles ne manqueront jamais à ton signal.

A SON MARI

(Paris), samedi 17 août 1839.

J\I. de Sainte-Beuve est arrivé avanthier et il est accouru de suite nous embrasser de ta part. Il se porte à ne pas le reconnaître, tant le soleil de l'Italie lui a fait de bien. Il a été plein d'affection et de vraie joie de nous revoir.

Une chose commencée qui me retiendra forcément à présent, mon bon ange, c'est l'affaire du jeune forçat. J'ai couru partout seule, ne voulant appeler personne à mon

secours, dans l'effroi des lenteurs, et j'ai été admise dans les sombres bureaux de manière à me donner de l'espoir malgré l'immense sévérité de M. Des Closeaux, maître des requêtes ; mais il était l'ami intime de Nourrit et de sa femme. C'est au nom de ces deux anges que j'ai demandé et obtenu audience. On est si fort quand on va demander grâce ! on traverserait l'eau et le feu. Mais en me promettant d'écrire dès demain à Brest pour demander le rapport, il ne m'a permis de retourner que d'aujourd'hui en quinze, ce qui me porte à la fin du mois d'août. Si je remets cette affaire en d'autres mains, je crains que personne n'y mette le même zèle, et tout en pleurant de ce retard, je m'y décide, ô mon cher ami! j'aurai mieux mérité de te revoir ! Pourtant j'ai beaucoup souffert depuis ton départ.

SCCVIII

A SON MARI

Paris, le 19 août 1839

Comme je te l'avais dit, les noms des deux anges Nourrit m'ont ouvert une porte bien sombre, mais un obstacle retarde la bonne volonté du maître des requêtes, c'est qu'il faut écrire à Brest et demander le dos-

sier du jeune homme, qui ne s'est pas trouvé à la chancellerie, M. Des Closeaux a calculé quinze jours pour cette réponse et ne m'a donné mon laissez-passer que pour le V' septembre. Je suis rentrée confondue, bien que relevée d'espoir pour le pauvre repentant. D'un autre côté, ayant réglé la servante et tous mes comptes du mois, je ne suis plus en mesure pour partir et laisser à Hippolyte ce qu'il lui faut durant mon absence, ainsi que le voyage d'Inès, l'atelier de Line , les vêtements de ton fils , etc. M. Dumont devait tout arranger par une avance de trois cents francs, et je l'attends de jour en jour, mais Dumas veut taire un voyage avec compagnie ruineuse , et M. Dumont y pourvoira. Arago, plein de zèle et d'espoir , m'avait presque assuré une réimpression des <\ Poésies » Bouland et de r « Atelier d'un peintre » , mais les jours marchent, et je ne vois rien venir. Je les remplis par le travail, mon cher enfant; tu sais que je suis le tailleur de ton fils, la couturière et parfois la modiste des trois femmes du logis. On peut travailler plus utilement, mais guère plus. Tu peux croire, au reste, que c'est au travail seul que je dois le courage de supporter notre séparation : elle me navre d'un abandon qui ne peut se peindre. J'ai passé par de tristes jours et de tristes nuits depuis ton départ. Cette vie en attendant est décourageante ou haie-

tante. Excepté le soleil, rien ne m'a porté de consolations depuis ton départ, mais je le pressentais bien. Nous pouvons moins que jamais vivre loin l'un de l'autre. Je ne m'accoutume à personne, même à ceux qui méritent de l'estime. Le travail est mon mon meilleur ami après toi. Je ne compare à rien l'appui moral de nos enfants.

Je ne sais quel fonds je peux faire sur les promesses d'Arago, mais un autre libraire désire nouer avec nous pour la réimpression des volumes épuisés. La providence nous sourit à travers bien des nuages. Sois aussi confiant que moi, mon bon ange, et quand je ressaisirai en toi mon seul espoir et ma seule ambition, que ce soit des deux côtés avec la ferme volonté de ne plus nous séparer. Je t'embrasse et je t'aime !

A SON MARI

Paris le 26 août 1839.

Voici ma vie. Avant-hier je me suis laissée conduire chez M'"" Récamier, qui m'attendait, par M. de Sainte-Beuve, toujours le même, c'est-à-dire: enfant, aigle et papillon. J'ai vu M. de Chateaubriand. J'ai travaillé ardemment à faire augmenter la pension d'Hilaire et lui faire vendre

son tableau. J'ai vu là M. Lenormand qui est venu pour m'y voir parce qu'il m'aime. C'est lui qui a contribué au ministère à me faire accorder l'indemnité. AI.de Sainte- Beuve est revenu dîner avec nous trois, gai comme un pinson.

J'attends Charpentier qui doit m'apporter de l'argent. Il veut, pour les étrennes, faire un volume illustré, je crois, avec un choix dans les poésies imprimées. Je viens de recevoir un message apporté par un membre de l'Association littéraire de Lille. M. Le Glay en est le président et m'invite, au nom de ses concitoyens, à la séance solennelle de fin septembre. Il m'ouvre sa maison avec tant de franchise et de bonté, que je me rappelle encore plus avoir trouvé en lui M. Dessaix physique et moral. — Qui sait encore s'il ne pourrait pas nous attacher à ce rivage -là. J'ai répondu sans m'engager,. de manière à le persuader.

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